EMPLOI – Entreprenariat : Les jeunes porteurs de projets à l’écoute de leurs aînés

Comme beaucoup de pays pauvres, le Sénégal doit faire face à une croissance démographique importante, un système éducatif en déliquescence et des universités qui peinent à contenir leur trop plein d’étudiants. Difficile dans ces conditions d’espérer obtenir un emploi sécurisé pour les jeunes diplômés.

Une seule voie s’ouvre à eux, l’entreprenariat. Mais entre le désir d’entreprendre et la concrétisation de l’idée, il y a tout un parcours d’obstacles à vaincre. Banquiers  ou hommes d’affaires, quelques entrepreneurs bien établis ont accepté de partager leur expérience avec des jeunes venus en masse écouter ce master class d’un genre particulier.

L’expérience qui a eu pour cadre la maison de la culture Douta Seck, entre dans le cadre de la Journée des jeunes entrepreneurs organisée hier par le Groupe des Amis de la Francophonie.  

Dans un pays comme le Sénégal, se lancer dans l’entreprenariat semble la meilleure issue pour une jeunesse en proie au chômage et aux problèmes d’insertion professionnelle.

Mais réussir à monter son entreprise est loin d’être facile. Pour avoir contourné tous les obstacles, les mentors choisis par le Groupe des amis de la Franco­phonie sont bien placés pour partager leurs expériences avec des jeunes riches de leurs idées au cours d’une journée des jeunes entrepreneurs qui a eu lieu hier à la Maison de la Culture Douta Seck.

Idrissa Menta est un des entrepreneurs qui sont venus assister à la rencontre pour partager son expérience. A travers une école de formation qu’il a montée, il vit pleinement un rêve qu’il a longtemps nourri, celui d’être son propre patron. Pour lui, «motivation et détermination» sont les outils les plus importants pour un jeune entrepreneur même si le chemin peut s’avérer très long. «J’ai dormi au bureau pendant 4 ans» se rappelle Idrissa.

Pour cet homme, l’entreprenariat «nait en vous d’abord et devient réelle, ensuite les obstacles créent votre maturité. La création d’une entreprise, c’est des milliards d’événements qui se passent autour de vous» dit-il. Selon lui, savoir faire, expérience et compétence sont des préalables dans toute aventure entrepreneuriale. Toute jeune, Bouchra Talla a elle, crée une entreprise de recyclage des déchets électroniques avec une associée. Après avoir vaincu les réticences de sa propre famille, elle exhorte les jeunes entrepreneurs à être «tenace et à croire en leur projet». 

Emmanuel Enao, co- fondateur de Skilledafricans.com un réseau social professionnel, fait partie du groupe de mentor choisi pour animer la table ronde et les discussions individuelles qui suivront. Il puise dans sa propre expérience pour prôner le mentorship. «Il faut arriver à créer des réseaux, des programmes pour écouter les jeunes, exploiter leurs potentiels et les aider à mieux formuler ce qu’ils veulent faire et ce qu’il est possible de faire» dit-il. «S’ils ont une idée d’entreprise, il faut que les jeunes aient au moins un coach pour leur montrer le chemin de la création et de la gestion de l’entreprise» ajoute Sadibou Diouf, Président directeur général d’Optivision qui abonde dans le même sens. 

L’argent, nerf de la guerre
L’argent est le nerf de la guerre a t-on coutume de dire. En matière d’entreprenariat, cette maxime prend tout son sens. Autant il est difficile d’intéresser une banque à un projet à son début, autant d’autres investisseurs potentiels peuvent se montrer frileux. Comment se financer dans ces conditions ?

Les réponses des mentors sont variées. Oussaynou Nakoulima, Directeur général adjoint de la Bicis explique ainsi que «la banque n’est pas le meilleur endroit pour chercher des financements quand on veut créer une entreprise. Beaucoup ont commencé par de l’autofinancement ou ont été financés par leurs clients» informe le banquier. Pour le Président du Groupe Institut supérieur de management (Ism), «les banquiers ne financent pas à priori au départ. Il faut plutôt chercher autour de nous et démarrer petit».

Mais la réponse à la question est loin d’être simple. «Il faut faire en sorte que les jeunes qui ont de bonnes idées puissent exprimer leurs idées, frotter leurs idées et côtoyer des personnes qui viennent d’autres environnements et qui, elles pourront trouver des pistes de financement. Donc, ce n’est pas uniquement de rentrer en contact avec la personne qui va donner  l’argent, c’est rentrer en contact avec la personne qui va dire ou se trouvent les opportunités» estime Emmanuel Enao.

  • Écrit par  Mame Woury THIOUBOU

mamewoury@lequotidien.sn

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