En déployant des S-300 en Syrie, Moscou envoie «un signal fort» aux États-Unis et à l’Otan

Par sa décision de livrer des systèmes S-300 à la Syrie, la Russie montre à ces partenaires occidentaux et à Israël que le temps est venu d’arrêter de violer les accords visant à préserver le fragile équilibre dans la région, a expliqué à Sputnik l’analyste politique syrien Ghassan Kadi.

La décision de fournir des systèmes S-300 à l’armée syrienne a été prise dans un contexte où seule la Russie respecte les accords conclus pour éviter la confrontation avec Israël et l’Otan tandis que ces derniers semblent ne pas vouloir agir de même, a indiqué dans une interview accordée à Sputnik Ghassan Kadi.

«Il y a eu de nombreuses violations de l’accord israélo-russe, toutes commises par Israël, mais cette fois-ci, après la destruction de l’IL-20 qui, selon la Russie, a été provoquée par des manœuvres israéliennes délibérées, la Russie signifie que la ligne rouge est franchie. C’est pourquoi je répète que le déploiement des S-300 est une décision politique aussi bien que militaire, sinon plus», affirme l’analyste.

Selon lui, même si les États-Unis décident, à en croire certaines rumeurs, de déployer plus de chasseurs furtifs F-22 et F-16CJ Vipers conçus pour détruire les défenses anti-aériennes ennemies, cela ne constituera pas un défi majeur pour les défenses anti-aériennes syriennes ou russes.

«Je ne suis pas expert militaire et je ne peux pas répondre à cette question d’une manière technique. Mais même si les armes américaines mentionnées peuvent ” battre” les S-300, selon le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, la mise à niveau des systèmes de défense anti-aérienne en Syrie n’est pas limitée au déploiement des S-300. Elle comprend aussi des systèmes automatisés de gestion de la défense aérienne ainsi que des dispositifs de brouillage des communications qui désactivent la navigation par satellite», a souligné l’analyste politique.

Faisant référence au message que Vladimir Poutine a adressé à l’Assemblée fédérale le 1er mars 2018, il a qualifié les récentes mesures de Moscou de «signal clair et fort envoyé à l’Otan» selon lequel «les capacités militaires de la Russie sont inégalées».

Dans le même temps, M.Kadi ne voit «aucune possibilité d’escalade directe entre l’Otan et la Russie; ni en Syrie, ni ailleurs».

«Avec la crise actuelle et l’étau économique qui se resserre autour de l’Amérique à cause de sa dette, si un tel affrontement doit avoir lieu, le moment n’est pas encore venu», a conclu l’expert.

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a annoncé mardi 2 octobre que la Russie avait achevé de livrer des systèmes S-300 à la Syrie et qu’elle avait remis au pays 49 équipements militaires. Au cours des trois prochains mois, les spécialistes syriens seront formés au maniement de ces systèmes, avait-il ajouté.

Cette livraison des S-300 à la Syrie est intervenue après à la destruction d’un Il-20 russe par la défense anti-aérienne syrienne lors d’un raid de l’aviation israélienne. Moscou a accusé les forces aériennes de l’État hébreu d’avoir provoqué le tir ayant touché l’appareil russe.

En 2013, sur demande d’Israël, Moscou avait déjà suspendu les livraisons de S-300 à la Syrie, or depuis, la situation a évolué et ce, «non de la faute de la Russie», selon Sergueï Choïgou.

fr.sputniknews.com

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