"Enlèvements et tortures" en Egypte

egypteAmnesty International a dénoncé mercredi dans un rapport des faits “d’enlèvements et de tortures sans précédents” en Egypte, et appelle la communauté internationale à faire pression sur les autorités égyptiennes pour faire cesser ces violations.

Le rapport d’Amnesty publié mercredi fait état de “multiplication des disparitions forcées sans précédents depuis le début de 2015” en Egypte et le recours à la torture pour “éliminer la contestation pacifique”.

“Les disparitions forcées sont devenues un des instruments clés de la politique d’Etat en Egypte. Toute personne qui ose exprimer des critiques est en danger”, déplore Amnesty, qui accuse la police d’avoir recours à ces méthodes “afin d’intimider les opposants et d’éliminer la contestation pacifique”.

Le rapport expose 17 cas individuels, cinq étant des mineurs. Les victimes ont été “maintenues en détention au secret pour une période allant de plusieurs jours à plusieurs mois”.

Le Conseil national des droits de l’Homme, un organe étatique, avait annoncé début juillet avoir recensé 266 cas de disparitions forcées liées au ministère de l’Intérieur entre avril 2015 et mars 2016.

“Tous les États, en particulier les Etats membres de l’Union européenne et les Etats-Unis, doivent utiliser leur influence et faire pression sur l’Egypte pour qu’elle mette fin à ces violations”, réclame Philip Luther, directeur d’Amnesty international pour le Moyen-Orient et l’Afrique du nord.

Les autorités égyptiennes nient les faits

Le président Egyptien, Abdel Fattah al-Sissi est fréquemment accusé par les organisations internationales des droits de l’Homme d’avoir instauré un pouvoir ultra-répressif en Egypte depuis qu’il a renversé en 2013 son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a contesté toutefois les violations reprochées et a dénoncé mercredi le manque d’impartialité du rapport d’Amnesty. Les autorités égyptiennes nient régulièrement avoir recours à la torture, reconnaissant seulement des “incidents isolés” dont les responsables sont traduits en justice.

La lutte contre le terrorisme

Dans son rapport mercredi, Amnesty a dénoncé “la collusion” entre les forces de sécurité et les autorités judiciaires, “qui sont disposées à mentir pour couvrir leurs agissements ou qui s’abstiennent d’enquêter sur les allégations de torture”.

Le prétexte abusif de la lutte contre le terrorisme est souvent utilisé dans le monde arabe contre les opposants pacifiques des régimes autoritaires. “La lutte contre le terrorisme” sert de “prétexte pour enlever, interroger et torturer les gens qui contestent la politique des autorités“, souligne M. Luther.

BBC

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