Enquête sur les services secrets sénégalais

Plusieurs corps de police sont affectés aux différents services de renseignements au Sénégal. L’essentiel des faits et gestes des citoyens, jugés dignes d’intérêt, est épié par ses hommes souvent en tenue civile.

La police donc est la source première des autorités en matière de RG avec la Direction de surveillance du territoire (DST) qui coiffe l’essentiel des services.
Sa direction générale se trouve sur la Corniche, non loin du siège du groupe Futurs médias. À sa tête un commissaire de police et plusieurs autres de ses collègues de même rang.

La DST compte la division du contre-espionnage (Dce) qui travaille en matière de sécurité et d’in- formations sur les pays voisins avec le soutien de la police de l’air et des frontières (Paf). La DST est représentée dans les régions par les Services régionaux de renseignements généraux (Srgg) qui sont les ancêtres des Brigade Mobile de Surêté (Bms) ou police passeport. 

Au sein de la DST, il y a le bureau de synthèse et d’analyse qui centralise l’ensemble des fiches de renseignements venant des régions, les contenus des articles de presse par le biais du dépôt légal. En effet, les journaux doi- vent normalement avant toute publication, dépo- ser le journal à la DST. Il y a aussi le bureau des armes et munitions qui statue sur les détentions de port d’armes.

Quotidiennement à la DST et dans ses antennes régionales des bulletins de renseignements (BR) sont rédigés. Les BR concernent souvent des personnalités publiques, du milieu des affaires, des artistes, des journalistes, des agents de l’Etat. 

Tout y passe. “Dans les BR, le contenu va souvent de votre vie quotidienne à parfois votre vie pri- vée. L’agent qui vous suit fouille souvent dans votre vie et parfois jusque dans les poubelles. Aucun détail n’est négligé. Ça permet à l’autorité de connaître tout d’une personne avant de prendre une décision visant à la nommer ou suivre ses ac- tivités si cela intrigue le pouvoir”, raconte un agent de renseignements.
Avant de nommer une personne à une fonction publique, la DST est sol- licitée pour effectuer une enquête de moralité.

“En quelques jours, nous pouvons tout savoir d’une personne en interrogeant nos différents ser- vices”. Les différentes fiches de renseignements sont transmis à la direction générale de la police. Qui transmet au ministre de l’Intérieur. Qui trans- met au secrétariat général de la présidence de la République.

La DST est très sollicitée en matière de renseigne- ments concernant les hommes politiques. Ses antennes régionales, les ex-BMS, sont particulièrement redoutées par les politiciens locaux. “Un simple bulletin d’un agent de BMS peut mettre fin à la carrière d’un homme politique d’un parti au pouvoir”. En effet, rare est de voir une au- torité au sommet de l’Etat décidé sans en référer à la DST et autres services. 
La Rondon a disparu
La mythique Rondon n’existe plus. Ce service de renseigne- ment qui tenait son nom de l’im- meuble qu’il occupait en centre ville de Dakar, a été fondu dans la nouvelle Agence nationale de la sûreté de l’Etat (Anse). Cette dernière regroupe désormais le Bureau d’organisation et de mé- thode (Bom) de la présidence de la République ainsi que d’autres services.
Cette agence fait un tra- vail similaire à celui des services compétents de police. Elle dé- pend directement du secrétariat général de la Présidence de la République et centralise une bonne partie des renseignements destinés au président, au secrétaire général de la prési- dence et à ses autres démembre- ments. 

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