Environnement des affaires : Le Fmi veut des réformes vigoureuses

Même si le taux du Pib est prévu à 4,9% l’année prochaine, le pays doit s’engager résolument dans la voie des réformes, pour ancrer les programmes du Pse dans la voie de la réussite. C’est ce que recommande la mission du Fmi qui vient de boucler une revue de deux semaines.

Pour l’année prochaine, le taux de croissance du Pib devrait atteindre 4,9%, grâce à la mise en œuvre des programmes liés au Plan Sénégal émergent (Pse). Avant de rentrer à Washington, la mission du Fonds monétaire venue boucler pendant deux semaines, une revue de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe), le programme sans décaissement qui lie le Sénégal au Fonds, a donné son appréciation de la situation et de l’environnement économiques du pays. M. Hervé Joly, le chef de la mission en charge du Sénégal, estime que ce résultat peut se produire grâce à «un fort rebond de la production agricole et des secteurs minier et industriel, ainsi qu’à une hausse de l’effort d’investissement public».

Puisque le Pse est l’instrument essentiel de la politique nationale, la mission du Fmi a mis l’accent sur la nécessité absolue de poursuivre les réformes, dont le Fonds souhaite qu’elles soient «vigoureuses pour améliorer l’environnement des affaires». Elles doivent se faire de manière concomitante avec une profonde réforme de l’Etat, «nécessaire pour financer l’effort d’investissement public». 

Sur ce point, on peut penser que la prise en charge du Pse par les plus hautes autorités de l’Etat, qui sont totalement conscientes du besoin de réformer le système de gouvernance du pays, devrait rendre plus facile la mise en œuvre des réformes, aussi bien sur les plans économiques que dans d’autres domaines.

Ce sera le seul moyen pour le pays de réussir son pari, dans un environnement économique international pas très encourageant. Il y a en plus le fait que le pouvoir de Macky Sall a fait de la question sociale, une priorité de sa gouvernance alors que l’argent ne rentre pas tellement dans les caisses. Les recettes fiscales et douanières ont l’année dernière, connu une relative baisse, alors que le Pse a justement besoin d’argent pour sa mise en œuvre.

Et contrairement à la croyance populaire, le Pse est financé pour une bonne part, par le budget national et non par une manne extérieure, et l’Etat a besoin de trouver de l’argent au pays. Le communiqué publié par le Fonds, à l’issue de la mission de la revue, indique que l’Etat a identifié, avec le Fmi, «un certain nombre de mesures permettant de réduire les moins-values fiscales et de réaliser des économies sur des dépenses moins productives». 

Surtout, le Fonds demande plus d’efficacité dans les dépenses publiques. Ce qui constitue d’une certaine manière, tenter de prêcher des convertis, car même le chef de l’Etat et son gouvernement se sont rendu compte que si le Sénégal ne décolle pas, ce n’est pas toujours par manque d’argent, mais parce que les dépenses ne vont pas toujours où elles doivent aller, ni surtout avec le contrôle le plus strict de ladite dépense. 

Toutefois, il semble, à lire le document du Fmi, que les pouvoirs publics ne veulent plus donner du temps au temps, car le communiqué assure que «les mesures structurelles en suspens devraient être mises en œuvre au cours des prochaines semaines».

On peut se demander si ces mesures de réforme vont enfin concerner la subvention du secteur énergétique, qui a été la pomme de discorde entre les deux partenaires, ces dernières années. On peut toutefois en douter, si l’on voit que le communiqué se désole de la détérioration de la situation financière de la Senelec, «qui a accumulé d’importants arriérés fiscaux et des pertes de recettes de Tva, liés à la suppression du précompte par les agences publiques». Suppression prévue par le nouveau Code général des impôts.

Écrit par Mohamed GUEYE

mgueye@lequotidien.sn

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