EUROBONDS – A la recherche de 250 milliards de francs Cfa : Le Sénégal obtient plus de 1 700 milliards à 6,25%

Le lancement de l’Eurobond du Sénégal a été hier un succès qui a dépassé les attentes les plus optimistes de tous les observateurs. Grâce à un travail minutieux et méthodique du ministre de l’Economie et des finances, le pays a obtenu près de 7 fois ce qu’il espérait, et à des taux jamais atteints auparavant.

Le Sénégal a réussi hier un joli coup sur le marché financier de Londres. Parti pour chercher 250 milliards de francs Cfa (équivalant à 500 millions de dollars américains), en obligations sur le marché international, couramment appelées «Eurobonds», le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Ba, a ramassé le jackpot en engrangeant 1 733 milliards de francs, équivalant à 3 466 dollars américains. Mais le plus admirable dans l’affaire, c’est que ce montant a été accordé à un taux des plus bas.

Alors que la première levée d’eurobonds du Sénégal était à 8,75%, l’Argentier du Sénégal a cette fois pu obtenir un taux d’intérêt de 6,25%.

Le montant souscrit ainsi que le taux obtenu indiquent de manière nette une grande confiance des places financières en la signature du Sénégal, ainsi qu’en la stabilité politique du pays, et surtout, en la solidité de ses orientations économiques.

Et la comparaison est vite faite avec le Groupe consultatif de Paris, où le Sénégal avait également pu lever plus qu’il n’en espérait, afin de lancer les projets déclinés dans son Plan Sénégal émergent (Pse). 

Il se raconte même que le ministre de l’Economie et des finances avait eu hier l’embarras du choix. A un moment, les souscriptions ont atteint environ 5 500 milliards de dollars. Face à ce niveau d’enchères, il a été loisible à Amadou Ba d’imposer un taux d’intérêt moins prohibitif pour le pays.

Pour cette opération, 176 souscripteurs ont été retenus, provenant de trois continents, à savoir, l’Europe, l’Asie et les Amériques. Ils viennent renforcer un succès qui s’était déjà annoncé avec le lancement par le gouvernement, de la première souscription d’obligations halal, dite sukuk, lancée en Afrique francophone au sud du Sahara. Le gouvernement a pu par ce moyen, encaisser à ce jour, environ 100 milliards de francs Cfa, sur les 150 milliards attendus.

Comme à chaque fois que le Sénégal vient de récolter des fonds sur le marché international, les autorités se montrent euphoriques. Interrogée sur l’utilisation qui pourrait être faite de l’argent que Amadou Ba vient ainsi de récolter, l’une de ces autorités politiques a expliqué sans rire : «Tous les projets du Pse viennent de trouver leur financement !»

Après leur Groupe consultatif de 2003, Abdoulaye Diop et Idrissa Seck, qui venaient de décrocher environ 800 milliards de Cfa, avaient assuré avoir assez d’argent pour développer le Sénégal.

Écrit par Mohamed GUEYE

mgueye@lequotidien.sn

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