EXCLISUIF – Entretien avec le patron de Millenium Finance Corporation : Kéba Keinde brise le silence

Kéba Keinde
Kéba Keinde

Sa réussite dans son domaine d’activité est remarquable et notoirement reconnue, aussi bien sur la place financière de Dubaï que dans le monde. Pourtant, le banquier d’affaires, Kéba Keinde, est tenu éloigné de son pays natal à la suite d’une inculpation judiciaire du fait de l’affaire de pots de vin pour l’acquisition de la licence de téléphonie par la compagnie de téléphonie Sudatel. Clamant son innocence, il exprime ici son souhait de servir son pays en l’aidant à trouver des financements structurants.

Que faites-vous à Dubaï ?
Je suis installé à Dubaï depuis 2005 et je dirige une banque d’affaires et une banque d’investissements, qui ont pour principale vocation de mobiliser des financements, des investissements privés et publics vers l’Afrique, notamment en provenance du Moyen-Orient et de l’Asie.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous installer dans ce pays ?
Avant de m’installer à Dubaï, j’étais managing directeur en charge de l’activité des banques d’affaires pour la banque française Bnp Paribas. J’étais en charge de  toute l’Afrique, du Moyen-Orient et de la Turquie. J’ai vite vu qu’il y avait des opportunités avec de nombreux investisseurs du Moyen-Orient et de l’Asie qui s’intéressaient à l’Afrique. De là, j’ai voulu établir une banque d’affaires et une banque d’investissements qui auraient pour vocation principale de mobiliser les financements et des investisseurs pour les amener vers l’Afrique. Dubaï était un hub naturel pour cette région-là, qui donne accès aux investissements financiers de la région du Golfe et aux investisseurs stratégiques de la région asiatique. Dubaï permettait aussi de couvrir toute l’Afrique de façon relativement avantageuse, et d’offrir aux employés de mon institution des structures d’accueil de base pour qu’on puisse attirer les banquiers les plus performants dans le monde pour travailler sur ce projet.

Pourquoi ne pas vous installer en Afrique ?
Effectivement, lorsque j’ai créé la Millenium Finance Corporation, j’ai fait  un peu le tour de tous les  pays d’Afrique qui avaient le potentiel de pouvoir nous accueillir. A l’issue de notre analyse, on s’est rendu compte, malheureusement, que c’était plus simple de s’établir au niveau de Dubaï parce qu’il y avait très peu de pays qui permettaient d’avoir ces infrastructures d’accueil pour les  banquiers internationaux. Il y avait très peu de pays qui avaient un marché de capitaux nouveaux et prometteurs qui pouvait se développer, très peu de  pays pouvaient offrir un accès aux investisseurs financiers stratégiques du Moyen Orient et de l’Asie à partir de l’Afrique. Finalement, même entre pays d’Afrique, il nous est apparu que si nous étions installés dans un pays d’Afrique spécifiquement, peut-être que nous serions moins bien reçus par les autres pays.

N’est-ce pas une folie de quitter une position confortable à Bnp Paribas pour s’aventurer à créer une banque d’affaires à Dubaï ?
C’est vrai qu’au départ, beaucoup de gens au sein de Bnp Paribas, y compris mon patron direct, pensaient que c’était une folie. Mon patron notamment, ne pouvait s’imaginer qu’étant d’une part le plus jeune Managing directeur de la banque d’affaires, et aussi le seul Africain à l’époque à une position pareille, que j’allais claquer tout ça. Mais en fait, je n’étais pas satisfait ! En fait fondamentalement, les banques d’affaires internationales regardent les pays émergents avec pour principal intérêt, leur propre intérêt. Je veux dire qu’une grande banque comme Bnp Paribas, va regarder le Moyen Orient ou l’Afrique comme étant une zone pour leurs clients mais pas comme une zone qui elle-même peut avoir des investisseurs, ou des transactions propres. C’est dire par exemple que faire venir des investisseurs asiatiques en Afrique, des investisseurs moyen-orientaux en Afrique, n’est pas une priorité pour une banque internationale européenne ou américaine. Ma priorité à moi était de me concentrer sur l’Afrique, de faire en sorte que les investisseurs moyen-orientaux et asiatiques aient accès à l’Afrique. Par ailleurs, ce n’était pas un coup de folie parce qu’on s’est rendu compte, après étude, que le centre global de l’économie mondiale partait de l’Ouest vers l’Est. Et que les pays asiatiques, principalement l’Inde et la Chine, devenaient de plus en plus importants non seulement en Afrique, mais au niveau global. Les pays du Moyen-Orient profitaient d’une manne financière substantielle qu’ils pouvaient réinvestir pour supporter l’Afrique. Ces mêmes régions commençaient à générer des champions, des sociétés qui faisaient maintenant la concurrence aux sociétés européennes et américaines. Mon choix ne procédait absolument pas d’une aventure. L’histoire a prouvé que nous avions raison et que nous avions bien lu les changements profonds de l’économie globale. Aujourd’hui, on considère le nouveau monde comme étant les pays émergents puisqu’ils représentent plus de 50% de l’économie globale et que dans 20 ans, ils représenteront plus de 60%.

On peut s’imaginer que vos débuts à Dubaï étaient très difficiles ?
Ah oui ! Les débuts à Dubaï effectivement étaient très difficiles. Lorsque nous sommes arrivés à Dubaï, je me souviens que nous n’avions pas de bureau, j’étais avec deux anciens collègues de Bnp Paribas. Nous travaillions dans le hall de l’hôtel Dusit Thani qui est un hôtel à Dubaï où dans le café il y avait le wifi. (Rires) On prenait le café le matin et toute la journée on travaillait sur le wifi. Nous n’avions aucune infrastructure, on faisait nos appels en conférence avec des clients et les grandes banques internationales depuis une voiture. Figurez-vous que nous mettions le haut-parleur de la voiture en marche en donnant l’impression à nos interlocuteurs de les appeler à partir de notre salle de conférence ! Et petit à petit, à force de travailler, nous avons réussi à avoir quelques revenus et des bureaux, qui n’étaient pas vraiment luxueux mais qui nous ont permis d’avoir un endroit avec une adresse d’où on pouvait travailler. Et en travaillant dur, en obtenant des succès et en prouvant à nos clients que nous pouvons travailler aussi bien que toute banque internationale, nous avons connu une croissance assez fulgurante.

Vous ne me direz pas que vous aviez débarqué à Dubaï sans un dollar en poche ?
Non ! Mais vous savez, lorsque vous arrivez dans un marché où vos concurrents sont des banques d’affaires internationales qui existent depuis, quelque fois plus de 50 ans, voire 100 ans, qui ont des moyens financiers énormes, c’est difficile de se faire une place. Nous avons eu à travailler énormément pour d’abord obtenir des clients, ensuite montrer à ces clients qu’on pouvait délivrer une qualité de travail aussi bonne que celle des banques internationales et soutenir la concurrence et gagner le respect de nos concurrents

Qui étaient vos partenaires au début de l’affaire ?
J’ai créé Millenium Finance Cor­poration (Mfc) avec un certain nombre de gens que je connaissais dans la banque d’affaires, certains de mes collègues de Bnp Paribas avec lesquels j’avais travaillé sur des transactions dans les pays émergents et qui comprenaient bien que ces derniers offraient des perspectives extraordinaires. Et je les avais convaincus de venir avec moi, tout comme d’autres collègues que je connaissais depuis l’époque de Lehmann Brothers, lorsque j’étais à New York sur Wall street. Donc, cette équipe a créé Millenium Finance Corporation et nous avons attiré dans notre capital, d’abord le gouvernement de Dubaï à travers une banque (Dib), et ensuite le gouvernement du Koweït à travers une institution d’investissements.

Aujourd’hui quel est votre portefeuille d’affaires ?
Nous ne sommes pas une banque commerciale. On ne mesure pas le portefeuille d’affaires d’une banque d’investissements en termes de bilan. Mais nous avons quand même réalisé énormément de transactions pour un volume supérieur à 50 milliards de dollars. Nous avons aussi mis en place des fonds d’investissements directs pour réinvestir dans les pays émergents. Non seulement dans la partie pétrole, électricité mais aussi dans la partie télécommunications. Et nous sommes en train de lever d’autres fonds maintenant, pour investir dans des secteurs assez différents des télécoms et de l’énergie.

Quel a été votre parcours professionnel ?
Je suis d’abord allé aux Etats-Unis pour un Mba, parce qu’avant tout j’étais un ingénieur. J’ai fait les classes préparatoires au lycée Louis Le Grand et puis je suis rentré à l’Ecole nationale de télécommunications de Paris. Ensuite, j’ai travaillé comme ingénieur à Ibm en France, à la direction de l’ingénierie de l’intégration informatique. Je me souviens que mon projet phare était de refaire tout le système d’information de l’institut Pasteur.

Kéba Keinde s’est fait découvrir avec un tube qui a fait fureur à Dakar
(Rire aux éclats) Effectivement ! Je garde de très beaux souvenirs de cet épisode de ma vie. C’était quand j’étais plus jeune. En fait, nous étions un groupe de musique composé d’ingénieurs, lorsque nous étions à Telecoms Paris. Nous étions un petit groupe et nous jouions au foyer. C’était pour garder un souvenir de ce que nous faisions que nous avions décidé d’enregistrer cela lors de notre dernière année passée à Telecoms Paris. L’année suivante, j’étais chez un ami au Sénégal. Je lui ai demandé d’écouter ce que nous faisions en tant qu’amateurs. Par chance, il y avait là-bas quelqu’un qui s’appelle Simon Mélège (Ndlr : A l’époque, animateur musical à la Radio Télévision du Sénégal). Cela lui a plu. Il nous a proposé de passer la cassette dans une de ses émissions dédiées à la promotion de jeunes talents. Le public avait aimé. De retour en France, j’en avais parlé à mes amis et nous avions décidé de  faire un album mieux élaboré pour en vendre un millier d’exemplaires, pour payer des vacances de groupe au Sénégal et jouer dans les lycées et universités sénégalais. Mais un concours de circonstances nous a fait rencontrer des gens qui nous ont permis de produire un clip. Des circonstances vraiment accidentelles. Nous avons rencontré Jacqueline Fatima Bocoum qui a fait un reportage sur notre histoire. Et donc notre clip a accroché. On avait créé un réseau parallèle de distribution pour éviter la piraterie. Nous étions quatre ingénieurs de différentes nationalités. C’était une belle histoire. Mon ami Gallo Thiello (Ndlr : Célèbre danseur au Sénégal) nous a beaucoup aidés. Je le connais depuis 30 ans. Il avait fait une grosse performance dans le clip. Ce qui a rendu cette chanson très populaire auprès des enfants. Notre album a fait un succès qui a dépassé toutes les espérances. Nous espérions vendre 1000 cassettes et en trois mois, nous en avions vendu plus de 40 000.

Quels étaient les thèmes des chansons ?
C’était des problèmes de société comme la polygamie et des questions comme la corruption.

Vous vous souvenez de quelques paroles ?
(Il revient sur quelques mesures de la chanson)

C’étaient des paroles prémonitoires, vu le contexte sénégalais, caractérisé par la politique de la traque des biens mal acquis…
(Rires) Absolument ! C’était en 1992. A l’époque, on avait une position assez forte dans la limite de ce qui était permis de dire. De façon factuelle, la position du Sénégal en termes de corruption, vu le classement de Transparency international, s’est dégradée de 2000 à 2012. Tous les indices ont plongé et le Sénégal s’est retrouvé parmi les pays les moins bien notés dans le domaine de la transparence et de la bonne gouvernance.

N’avez-vous pas le sentiment que la gouvernance de Wade a contribué à rendre plus négative  la position du Sénégal ?
Mais absolument ! C’est pour cela que je voulais me porter candidat contre lui en 2012. C’était un problème. Beaucoup de choses se passaient dans un manque de transparence. Cela donnait une mauvaise image du Sénégal. Les Sénégalais ont contesté ces abus à leur manière et ont souhaité un changement. C’est ainsi que le Président Macky Sall a remporté une victoire, je veux dire un plébiscite lors de l’élection présidentielle.

Quelle perception a-t-on du Sénégal ici à Dubaï où vous êtes installé depuis quelques années ?
Même au-delà de Dubaï, depuis l’arrivée de Macky Sall, les gens ont le sentiment que la bonne gouvernance est une des priorités du Sénégal. Je suis en train de travailler sur un financement de 750 millions de dollars pour le Sénégal. La raison pour laquelle un tel financement est possible dans des délais si courts est que notre pays inspire confiance aux plus grandes banques.

Il se dit que la traque aux biens mal acquis fait peur aux investisseurs ?
Je ne partage pas du tout cet avis. Un investisseur veut arriver dans un pays où il y a de la transparence, une démocratie stable, où il est protégé. Le Sénégal répond à tous ces critères. Donc, dire que la traque aux biens mal acquis a un impact négatif sur les investisseurs est absolument faux. Je vous ai dit que je suis en train de mobiliser un financement important pour le Sénégal. Cela est possible parce que notre pays inspire aujourd’hui confiance.

Justement, parlons-en… Comment expliquez-vous cette affaire de pots de vin dans l’affaire Sudatel ?
Ça, c’est un mystère. Pour être clair, je n’ai absolument rien à voir avec Sudatel. Dans cette opération de la vente d’une licence de téléphonie en 2007, j’ai agi dans le cadre de ma banque Mfc, comme conseiller de la société Zain Télécom avec laquelle j’avais travaillé dans d’autres affaires. J’étais donc le conseiller d’un concurrent de Sudatel. (Ndlr : Il nous remet le contrat qui liait Mfc à Zain Telecom). Monsieur Nazar Ibraheim a lui, conseillé Sudatel au travers d’une société qui s’appelle Pcg. Notre client Zain a perdu. Donc, nous n’avons rien à voir avec Sudatel de ce côté-là. Deuxièmement, lorsque Sudatel a remporté la licence de téléphonie mobile, elle a refusé de payer M. Nazar Ibraheim. Et, ce dernier a porté plainte contre Sudatel au niveau des tribunaux de Dubaï et a gagné le procès.  Les tribunaux de Dubaï ont ordonné à Sudatel de lui payer deux millions de dollars, qui étaient en fait sa rémunération pour le travail qu’il avait fait en tant que conseiller de Sudatel. Tout ce que je vous dis-là est documenté et est disponible ici au niveau des tribunaux de Dubaï. Donc, nous n’avons absolument rien à voir dans cette affaire. Nous n’avons ni conseillé le gouvernement du Sénégal encore moins Sudatel. Nous ne sommes absolument pas impliqué ni de près, ni de loin ou d’une quelconque façon imaginable avec des soi-disant commissions occultes payées dans cette opération. Il est vrai que Nazar Ibraheim est un ami et avait même été conseiller du directoire de Mfc ; mais dans cette opération il a conseillé Sudatel au travers d’une off-shore qui s’appelle Pcg qui n’a absolument rien, je dis bien rien, à voir avec Millenium finance Corporation ! En fait, si la presse a été informée de cette histoire, c’est parce que Nazar Ibraheim qui n’arrivait pas à rentrer dans ses fonds, du fait du refus de Sudatel de lui payer, a décidé de «porter presse». Il a saisi la presse sénégalaise et la presse soudanaise pour dénoncer l’attitude de Sudatel. Ainsi avait-il contacté M. Latif  Coulibaly, comme quoi il n’avait pas été payé et qu’il craignait que ce qui lui était dû soit utilisé ailleurs, d’après le discours que lui tenaient les responsables de Sudatel.

Vous voulez vraiment dire que Kéba Keinde n’a pas travaillé avec Sudatel dans cette transaction ?
Kéba Keinde n’a  absolument pas travaillé avec Sudatel dans cette transaction. Kéba Keinde n’a pas conseillé Sudatel, Kéba Keinde n’a rien à voir avec des commissions occultes qui auraient été payées dans cette transaction. Pour tout vous dire, en 2010, quand mon frère m’a appelé, paniqué, en me disant qu’il y avait un journal qui m’avait mis en première page, indiquant que j’étais au centre de cette affaire… (Ndlr : Il ne termine pas la phrase et se montre ému. Après une gorgée d’eau il reprend)  C’était M. Latif Coulibaly qui avait publié un article dans lequel il disait que j’étais le directeur d’une société qui s’appelait «Red Sea holding», qui avait reçu 20 millions de dollars de commissions,  qui disait que j’avais rencontré Karim Wade et Thierno Ousmane Sy à New York pour parler de cette transaction, qui disait que Pcg avait reçu des commissions de dix millions dollars et que j’étais le patron de Pcg. Suite à la publication de cet article, j’avais appelé moi-même M. Latif Coulibaly pour lui dire : «Tu aurais pu m’appeler avant de publier un tel article me concernant. Mais aussi pour lui dire que je n’avais absolument rien à voir avec «Red Sea holding.» Je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à ce que je le lise dans son journal. Je n’ai jamais rencontré Karim Wade ni Thierno Ousmane Sy à New York ou ailleurs pour parler de cette transaction. A l’issue de notre discussion, M. Coulibaly avait dit qu’il allait faire un démenti dans son journal. Donc, cette société  «Red Sea holding», pour vous dire, je ne la connaissais pas et je n’en savais rien. Pour en avoir le cœur net, j’ai, moi-même, recruté un cabinet d’avocats international, l’un des plus grands au monde qui s’appelle Herbert Smith. J’ai, moi-même, recruté une société d’investigation internationale qui s’appelle «Risk Advisory» pour essayer de trouver, cette société «Red Sea holding», et savoir qui est derrière. Ces cabinets ont, effectivement, établi que «Red Sea holding» était une société qui avait été créée à Jebel Aly Free Zone (Jafza), une zone franche ici à Dubaï. Ils ont aussi découvert que «Red Sea Holding» avait eu un compte à la Abu Dhabi Islamic bank, que sur ce compte avaient transité, je crois, vingt millions de dollars payés par Sudatel. Mes enquêteurs n’avaient pas pu donner les noms  des  personnes qui étaient derrière cette société, pour une raison bien simple : c’est parce qu’il apparaît que cette société est enregistrée sous un régime spécial, le régime de la franchise, qui ne permet pas de connaître le propriétaire de cette société. Donc, j’ai dépensé des centaines de milliers de dollars à payer des investigateurs et des juristes internationaux pour qu’ils essaient de trouver qui est derrière cette société «Red Sea holding». Je n’ai  absolument rien à voir avec «Red Sea holding». Et la première fois que j’en ai entendu parler, c’était en lisant l’article de M. Latif Coulibaly.

Vos découvertes peuvent être une piste pour les autorités sénégalaises qui sont en train de traquer des biens mal acquis.
Absolument ! Nous avons remis aux autorités sénégalaises un dossier complet, avec des pièces jointes. Toutes ces informations ont été remises aux autorités sénégalaises par le  biais de mes avocats. Et, je dois dire que nous sommes à la disposition des autorités sénégalaises. Les juristes aussi ont dit qu’ils sont prêts pour rapporter des compléments  d’informations au besoin. Pour ma part, j’ai totalement confiance en la justice sénégalaise. Le Sénégal est une grande démocratie, un pays de Droit. Et, nous allons donner toutes les informations dont nous disposons aux autorités sénégalaises.

Il est apparu dans la presse que vous avez envoyé un e-mail dans lequel vous réclamez pour le compte de Pcg, le paiement d’une certaine somme.
Je l’ai vu dans la presse. Cet e-mail, je ne l’ai pas envoyé. Il a été envoyé par Nazar Ibraheim qui avait un pouvoir au nom Pcg, pour essayer de récupérer l’argent qui lui était dû. Il a envoyé un e-mail au nom de Andrew Davis qui est un des directeurs de cette société off-shore. C’est Nazar qui m’a mis en copie de cet e-mail. Il l’a témoigné dans un document écrit envoyé à la justice sénégalaise. D’ailleurs, lorsqu’il m’avait envoyé une copie de cet e-mail, je lui avais immédiatement répondu en lui disant : «Pourquoi est-ce que mon nom apparaît là-dedans?».  Il l’a enlevé par la suite pour envoyer un autre e-mail.

Quels sont vos liens avec Nazar Ibraheim ?
Nazar Ibraheim était un conseiller du directoire de Mfc. Il est d’origine soudanaise. Il a déjà travaillé avec Sudatel dans d’autres pays. Et, c’est pour ça que lorsque Sudatel lui avait demandé de la conseiller, il nous avait approchés, et nous avions décliné pour les raisons que je vous ai expliquées. Je n’ai absolument rien à voir avec Sudatel.

Vous avez tantôt dit que c’était suite à un article de Latif Coulibaly que votre nom est apparu pour la première fois dans cette histoire. Est-ce que vous êtes entré en contact avec Latif Coulibaly ?
Je vous répète qu’au lendemain de la parution de cet article, j’ai appelé Abdou Latif Coulibaly depuis mon bureau et mes deux frères sont partis le voir. Je lui ai expliqué tout ce que je vous ai dit : je n’avais rien à voir dans cette affaire-là. On a terminé notre conversation sur le fait qu’il allait y avoir un démenti publié par lui-même dans la presse. Jusqu’à ce jour, je n’ai pas vu de démenti. Je l’ai appelé de mon bureau et vous savez que tous les appels passés à partir du bureau d’une banque d’affaires sont enregistrés. Les enregistrements de notre conversation sont disponibles. Je peux les mettre à votre disposition. Depuis, je n’ai rencontré M. Coulibaly qu’une seule fois ; c’était par accident chez un ami et nous n’avons pas parlé de ce sujet-là.

C’était une rencontre glaciale alors ?
Oh, ce n’était pas une rencontre des plus chaleureuses, je dois dire (rires). Mais je pense sincèrement, comme je l’ai dit à M. Latif Coulibaly lorsqu’on s’est parlé au téléphone, que j’avais beaucoup de respect pour lui et pour le travail qu’il faisait à l’époque, et je lui ai expliqué que tout ce qu’il disait dans son article était sans fondement. C’est regrettable parce que cet article m’a coûté énormément. Depuis, je passe ma vie à essayer d’expliquer une transaction dont je ne connais ni les tenants ni les aboutissants. J’essaie de travailler dur pour faire honneur à ma famille et au Sénégal. Je trouve ça extrêmement dommage que ce travail-là soit partiellement détruit par une affaire dans laquelle je n’ai absolument rien à voir. Je pense qu’il a été manipulé. Je le pense sincèrement.

Par qui ?
Je ne sais pas ! Je ne vois vraiment pas pourquoi il aurait écrit des choses comme cela s’il n’avait pas été manipulé et qu’on ne lui ait donné de fausses informations. En tout cas moi, le Latif Coulibaly que je connaissais, c’est quelqu’un qui menait un certain combat, un journaliste d’investigation pour lequel j’avais beaucoup de respect à l’époque. C’était un peu la référence. Mais quand j’ai vu ça, franchement, je suis tombé des nues.

Vous pensez qu’il y aurait des gens qui vous en voudraient ?
Non. Je pense simplement qu’il a été manipulé. Je ne vois pas comment il peut sortir un article comme ça, sans être désinformé.

Est-ce que ce ne serait pas le moment de crever l’abcès et d’aller vous-même en parler directement avec la justice sénégalaise ?
Je suis prêt à crever l’abcès. Je ne demande qu’à crever l’abcès par n’importe quel moyen que ce soit. Mais vous comprenez qu’à l’état actuel des choses, il faut d’abord s’assurer que les autorités ont toutes les informations que nous leur avons fournies, et si par ailleurs, elles avaient besoin de témoignages complémentaires, nous sommes à leur entière disposition pour répondre à leurs questions.

Un de vos avocats aurait suggéré au juge de donner une commission rogatoire internationale pour vous entendre dans cette affaire.
Je pense que ce serait une bonne solution.

Il se dit à Dakar que vous aviez bénéficié de protection de la part de l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye, parce que vous êtes l’homonyme de son père …
(Rire) Ce sont des choses … L’histoire qui me lierait à l’ancien Premier ministre est simple. Je porte le nom du père de Abdoul Mbaye. La dernière fois que j’ai rencontré Abdoul Mbaye, c’était en 1985. Il y 28 ans. Je sortais de chez moi au moment où il y entrait. Je venais de rater le concours de Polytechnique Paris et il m’avait chambré en me disant qu’il s’est rendu compte qu’il n’était pas si facile de participer aux concours d’entrée aux  grandes écoles françaises. Depuis, nous ne nous sommes pas revus. Pendant toutes ces histoires-là, je ne l’ai pas sollicité. Il ne m’a pas appelé pour me demander ce qui se passait. Aucun membre de ma famille n’a appelé un membre de sa famille et vice-versa. Je n’ai absolument aucune relation avec l’ancien Premier ministre, à part le fait que je porte le nom de son père qui était un ami du mien.

Comment se fait-il que vous portiez le nom de son père qui était un ami du vôtre, et qu’il soit nommé Premier ministre et vous ne daignez pas prendre votre téléphone pour un coup de fil de félicitations ?
Non ! Lorsqu’il a été nommé Premier ministre, j’ai essayé de l’appeler mais il n’a pas répondu. Je lui aussi envoyé un sms auquel je n’ai jamais eu de réponse à ce jour.

Comment expliquez-vous cela ?
Seul Dieu sait ! (Rires) Peut-être n’a-t-il  pas reçu le sms.

Vous ne trouvez pas cela bizarre ?
Je préfère ne pas  faire de commentaire là-dessus. Peut-être n’a-t-il pas vu mes appels de l’époque. J’aurais félicité n’importe quel citoyen qui aurait eu une telle confiance de la part du chef de l’Etat.

Est-ce que ce comportement dénote une idée selon laquelle vos familles n’ont plus d’atomes crochus ?
Parler des affaires de famille dans la presse est quelque chose de difficile pour moi. Tout ce que je peux dire est que nos pères étaient bons amis. La preuve est que je porte le nom de son papa. Et ça s’arrête là. Je ne lui ai pas parlé depuis 1985. Nous n’avons aucune relation.

Kéba Keinde a des problèmes judiciaires au Sénégal ; pourtant un de ses anciens collaborateurs, Amadou Hott qui était directeur pour l’Afrique de Mfc, est nommé directeur général du Fonds souverain d’investissements stratégiques du Sénégal (Fonsis). N’est-ce pas curieux ?
(Rires) C’est très bien pour le Sénégal et Amadou Hott, qui est un ami et un ancien collaborateur. Je dois dire aussi que cela prouve que je n’ai rien à voir avec ces affaires, et je pense que c’est ce qui a été d’ailleurs bien expliqué par un communiqué de la présidence de la République du Sénégal. Le communiqué avait bien précisé que Amadou Hott travaillait à Millénium Finance Corporation qui conseillait en fait Zain et pas Sudatel. Je pense que c’est une bonne chose que Amadou Hott soit au niveau du Fonsis et qu’il conseille le gouvernement.

Qu’est-ce que vous pensez pouvoir apporter au Fonsis ?
On peut apporter pas seulement au Fonsif mais au Sénégal de façon globale. Nous pouvons apporter au Sénégal de l’argent et beaucoup d’argent, parce le Sénégal est une des plus grandes démocraties pour ne pas dire la plus grande en Afrique. Le nom Sénégal est très respecté sur les marchés internationaux, parce que le Sénégal est un Etat de droit. Donc ce que nous pouvons apporter, c’est des financements pour que le Sénégal se développe, et investir l’argent mobilisé dans des projets de développement. Aussi, pouvons-nous apporter les plus grands partenaires stratégiques au monde dans différents domaines que ce soit dans l’industrie, les télécommunications, les finances, les mines, l’immobilier, etc. Nous pouvons faire des projets d’investissement, parce que non seulement c’est bon de mobiliser des financements, mais il faut absolument faire venir des investisseurs pour qu’ils fassent des projets structurants. Par exemple, un projet sur lequel nous pourrions aider le Sénégal, comme le projet de Nouvelle ville pour lequel il faut, en plus du financement, des partenaires stratégiques qui ont l’habitude de développer des projets de cet ordre-là. Il y a des clients qui sont intéressés par ce genre de projet. Nous souhaiterions apporter tout notre carnet d’adresses pour faire venir tous les investisseurs stratégiques que nous connaissons dans tous les secteurs, pour aider le Sénégal à mobiliser des financements pour qu’il atteigne l’émergence : c’est ça mon objectif.

A vous entendre parler, on dirait que le Sénégal ne profite pas de tous ses atouts ?
Je suis un peu mal placé pour en parler. Pour ma part, je n’ai pas encore l’opportunité de me mettre au service du Sénégal et de mettre mon institution au service du Sénégal. J’essaie, comme je vous l’ai dit, dans le contexte actuel, de travailler à mobiliser 750 millions de dollars. Je pense et j’espère que ce sera le premier des nombreux projets par lesquels nous pourrions assister le Sénégal dans la réalisation de projets structurants, des projets créateurs d’emplois et des projets profitables qui aident le Sénégal à se développer et à devenir un pays émergent.

Pouvez-vous nous parler de cet investissement de 750 millions de dollars ?
En fait, il ne s’agit pas d’un investissement mais d’un financement. Effectivement, nous avons fait des propositions à l’Etat sénégalais pour mobiliser des financements assez importants auprès des plus grandes banques du monde et nous espérons que le Sénégal pourra  bénéficier des supports de ces banques-là. Ce sont des discussions qui sont un peu confidentielles donc je ne peux pas citer de nom de banque à ce stade.

Mais on peut avoir une idée des modalités de décaissement de cette enveloppe de 750 millions de dollars ?
C’est une enveloppe de 750 millions de dollars totalement déboursable avant la fin du mois de novembre 2013 et dont 300 vont être déboursés avant fin octobre.

Vous pensez que ce montage est en bonne voie ?
De mon point de vue, il est tout à fait exécutable. Nous avons l’accord des banques. Le gouvernement devra décider s’il souhaite bénéficier du financement de ces banques. C’est tout à fait et à 100% exécutable.

Avez-vous le sentiment que les autorités sénégalaises sont intéressées ?
Absolument.  Nous avons échangé avec les autorités sénégalaises qui sont très réactives et très professionnelles. Nous avons eu donc des discussions avec le ministre des Finances qui je dois dire, a vraiment fait preuve de beaucoup de réactivité en prenant le dossier à bras-le-corps et je suis sûr que s’il le souhaite, nous arriverons à mobiliser ce financement.

On peut espérer que la signature de ces accords de financement aura lieu à Dakar, où vous ne pouvez pas venir du fait d’un mandat d’arrêt lancé contre vous….
(Rires) Effectivement. Vous savez que cette histoire est complètement incompréhensible et elle a un impact personnel, ma famille en souffre énormément, autant que moi-même. Mais aussi au niveau professionnel. Je travaille avec des gouvernements comme celui du Sénégal, et si vous faites l’objet de poursuites, comment est-ce que vous pouvez travailler facilement ? C’est un gros problème et j’espère que ce sera résolu très rapidement parce que je souhaite vraiment aider le Sénégal à mobiliser des financements internationaux et à attirer des investisseurs internationaux. Par la grâce de Dieu, j’ai pu établir un carnet d’adresses et je ne rêve que d’une chose c’est, de là où je suis, dans ma fonction actuelle, aider le Sénégal en priorité par rapport à d’autres pays africains. Je passe mon temps à financer des pays africains, j’aimerais le faire dans mon propre pays.

Le Sénégal vous manque-t-il ?
Enormément ! Enormément !

Un de vos proches disait que vous souffrez de ne plus aller à Touba
Lolou moma gueune mééti (C’est ce qui me fait le plus mal). Je suis mouride depuis ma naissance. Mon père était le premier talibé de Serigne Bassirou Sarr Diamuu Serigne Touba. En fait, ils sont allés à Coki appendre le Coran ensemble. Mon père porte le nom du père de Serigne Bassirou Sarr. Donc Serigne Bassirou Sarr est un père spirituel et un père pour moi. C’est dans cette atmosphère-là que j’ai grandi. Je suis mouride à 300%. Le fait de ne pas pouvoir aller à Touba faire mon ziar, le fait de ne pas pouvoir aller à Touba où mon père et ma mère sont enterrés, me fait énormément de peine. Par la grâce de Dieu, j’espère que ce sera résolu.

Est-ce que vous avez un lien quelconque avec le Président Macky Sall, est-ce que vous êtes en contact avec lui ?
Non, je ne suis pas en contact avec lui. J’ai rencontré le Président Macky Sall pour la première fois lorsqu’il était ministre de l’Energie. Et quand j’étais chez Bnp Paribas, nous conseillions le gouvernement dans un dossier de la Senelec. Nous avions beaucoup travaillé ensemble et j’ai beaucoup de respect et de considération pour lui. Malheureusement, le plan d’actions que nous avions établi ensemble n’avait pas abouti pour diverses raisons. Et j’ai eu aussi  l’opportunité de rencontrer le Président Sall après qu’il a été élu, pour échanger avec lui et lui renouveler ma disponibilité sur les problématiques de développement du Sénégal, notamment de mobilisation de fonds et d’investissements  pour le Sénégal.

Quelle était sa réaction par rapport à cela
Sa réaction a été vraiment excellente. Nous avions vraiment échangé et sa réaction a été excellente. Il a vraiment saisi les enjeux et je suis convaincu qu’il mettra en œuvre les moyens nécessaires pour que le Sénégal atteigne l’émergence.

C’est quoi Sénégal 2.0 ?
Sénégal 2.0 au départ n’avait même pas pour vocation de participer à des élections présidentielles. Sénégal 2.0 était un mouvement citoyen. Mon idée pour le lancement de ce mouvement est de fournir une plate-forme pour que les Sénégalais qui ont une certaine expertise, une certaine envie d’aider le Sénégal, puissent se retrouver pour développer au niveau de certains thèmes centraux tels que l’électricité, la pêche, l’élevage, etc. et aussi, sur les questions sociales, puissent développer une vision, la partager avec les Sénégalais et la mettre en œuvre. Par exemple, si dans le domaine de l’agriculture, des experts sortent une stratégie au sein de Sénégal 2.0, qu’ils débattent et qu’ils trouvent bonne, qu’on les aide à la mettre en œuvre pour développer le Sénégal. L’objectif est de créer une plate-forme ouverte qui permette à toutes les forces vives de la Nation qui souhaiteraient mettre cette expérience au service de la Nation, de se retrouver pour développer le Sénégal. C’est ça l’esprit de Sénégal 2.0. D’ailleurs, ma candidature n’était pas celle de Sénégal 2.0, mais une candidature individuelle parce que Sénégal 2.0 n’est pas un parti, mais un mouvement citoyen.

Qu’est-ce qui a justifié à votre avis, le rejet par le Conseil constitutionnel de votre candidature à l’élection présidentielle de 2012 ?
Nous n’avons eu aucune réponse aux questions que nous avons posées à cet effet. Je pense que ce rejet est complètement infondé et purement politique. Les gens qui ont rejeté cette candidature ne nous ont jamais donné de raisons valides par rapport à ce rejet.

Il paraît que vous n’aviez pas le nombre de signatures nécessaires
C’est complètement faux. La même chose a été dite par rapport à Youssou Ndour. Est-ce que vous pensez que Youssou Ndour ne peut pas mobiliser 10 000 signatures au Sénégal ? Nous avons soumis bien plus que 10 mille signatures, et lorsque nous avons demandé à l’autorité de nous montrer une signature invalide, on n’a jamais eu de réponse.  Clairement, les autorités de l’époque ne souhaitaient pas que nous participions à ces élections.

Pourquoi ?
Je ne sais pas pourquoi. Ces gens le savent, ils ont sans doute des raisons  qui peuvent expliquer cela. Peut-être qu’ils avaient peur de l’inconnu, parce nous étions un mouvement citoyen et pas un parti politique. Ils comprenaient mal quels étaient nos ambitions et nos moyens. On aurait pu être les trouble-fêtes de cette élection. Il était à mon avis, préférable pour eux de nous éliminer de la course.

Reviendrez-vous à la prochaine Présidentielle ?
(Rires) Pour l’instant ce qui m’intéresse, c’est d’aider le Sénégal et le Président Macky Sall à développer notre pays en mobilisant des financements et des investissements de là où je suis, c’est-à-dire en tant que président de Millénium Finance corporation. Pour l’instant, c’est vraiment ça ma priorité.

Pourrait-on s’attendre à un nouveau Cd de Kéba Keinde musicien ?
(Rires) J’espère que ce problème-là (Ndlr : poursuites judiciaires) sera résolu et à ce moment, s’il faut sortir un Cd pour dire Thiow lii diékhna (Ndlr : L’affaire est terminée), on le fera ! Encore une fois, je n’ai absolument rien à voir dans cette affaire de commission occulte. Nous avons conseillé une société qui a perdu, nous n’avons pas conseillé Sudatel. Les documents officiels sont là pour le prouver d’ailleurs. Nous avons nous-mêmes essayé de trouver ces gens qui étaient associés à cette histoire de commission occulte, en mobilisant des avocats internationaux et des cabinets d’investigation internationaux pour trouver qui était cette société «Red Sea Holding». Tous ce que nous savons sur la société Palm capital group, nous l’avons donné aux autorités. Nous sommes à leur disposition pour que toute la lumière soit faite. Je veux que toute la lumière soit faite, parce que je veux que mon nom soit définitivement blanchi sur cette affaire-là. A toute ma famille, à tous mes amis et toutes les personnes qui me connaissent, je voudrais les remercier pour le soutien qu’ils m’apportent et les rassurer que je n’ai absolument rien à voir avec ça. Par la grâce de Dieu, lorsque toutes les investigations seront faites, ils verront que je n’ai rien à voir dans cette affaire.

Dans cette affaire, on ne peut quand même pas nier l’existence de commissions occultes, notamment avec la transaction qui met en scène la société «Red Sea holding»…
Vous en savez certainement plus que moi sur «Red Sea Holding». Effectivement, s’il y a des commissions occultes sur ces transactions-là, cela veut dire que ce n’est pas quelque chose de clair. Mais je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé parce que je ne conseillais pas le gouvernement. Je ne sais pas ce qui s’est passé entre les deux parties. Je ne sais vraiment pas où on en est dans ce dossier-là. Nous n’avons jamais participé à ces discussions.

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