Expulsion de Kémi Séba: une preuve de plus de l’amateurisme des autorités sénégalaises. Babacar Toure

C’est un communiqué qui a annoncé les couleurs: L’activiste Kémi Séba sera expulsé du Sénégal pour avoir manqué de révérence aux …pantins de la France coloniale, pardon aux autorités africaines.

Et c’est le très -trop- dévoué Abdoulaye Daouda Diallo, l’ex ministre de l’intérieur du Sénégal, qui a signé l’arrêté qui doit permettre l’éloignement du territoire sénégalais de Kémi Séba, ce soir, dès qu’une place est libérée dans le premier avion en partance pour Paris.

A en croire le communiqué parvenu à Kewoulo.info, cet arrêté a été signé le 5 septembre 2017. Sur le plan légal, cette décision de Abdoulaye Daouda Diallo n’a aucune valeur juridique. Parce que, depuis hier, à midi, l’ex homme fort de la place Soweto n’est plus le ministre de l’intérieur du Sénégal.

Et, en conséquence, il ne peut plus se prévaloir de ce titre et de ses prérogatives. Comme il est de notoriété publique qu’une décision prise par une autorité qui a démissionné ne peut pas être valable.

Pour rappel, c’est un décret présidentiel qui, hier, a mis fin aux fonctions du Premier ministre du Sénégal. La démission de Mouhamed Boun Abdallah Dione a, pour conséquence, de congédier tout le gouvernement.

Le ministre de l’intérieur y compris. Depuis hier donc, le Sénégal, qui est sans gouvernement, ne peut faire valoir -en droit- aucun acte signé par des membres du défunt gouvernement de Mouhamed Boun Abdallah Dione.

Comme tous ses collègues, Abdoulaye Daouda Diallo ne fait qu’évacuer des affaires courantes de son ministère. Dans une République normale, celles-ci sont, d’ailleurs, gérées par le Secretaire général des ministères, en attendant l’arrivée du futur titulaire.

Et puisqu’aucun décret n’a autorisé Abdoulaye Daouda Diallo à gérer les affaires courantes du ministère de l’Intérieur, tout acte de souveraineté qu’il aura posé est illégal. Illégitime. Aussi le fait d’expulser Kemi Séba alors que le procureur vient de faire appel de la première sentence du tribunal des flagrants et qu’on s’achemine vers un procès en appel, est un mauvais signal envoyé à la justice.

En expulsant Kémi Séba alors que la justice sénégalaise avait besoin de lui pour le procès en appel voulu par la justice est une soustraction -ou entrave- à l’action de la justice. Si Kémi Séba venait à partir du Sénégal, ce soir, sans attendre de se présenter devant la justice, Abdoulaye Daouda Diallo doit en répondre pour entrave à l’action de la justice.

Babacar Touré

Directeur de Publications de kewoulo.com

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