Famine dans le Fouta : le gouvernement parle de Jean, ses techniciens de Paul

Famine dans le Fouta : le gouvernement parle de Jean, ses techniciens de Paul

La question de la famine dans la zone nord divise l’Etat et ses techniciens qui ne parlent pas le même langage quand il s’agit de dire, si oui ou non, il y a insécurité alimentaire.

Mercredi dernier, Sokhna Guissé, responsable au Conseil national à la sécurité alimentaire, un démembrement de la Primature, avait révélé qu’il y a bel et bien une crise alimentaire dans six départements du pays dont Matam et Kanel (Nord du pays). Seulement, les techniciens du ministère de l’Agriculture ne sont pas convaincus par ce constat alarmant.

Ces derniers annoncent plutôt une production agricole record dans les zones de Matam, Louga et Kaffrine. Selon le conseiller technique du ministre de l’Agriculture, Ousmane Dieng, il n’y a pas de risque d’insécurité alimentaire. A l’en croire, celle-ci est largement discutable. 

«Il n’y a pas d’insécurité alimentaire en tant que telle. C’est vrai que du point de vue de la répartition des pluies pour cet hivernage, il y a des zones où la pluie n’est pas tombée comme il se devait à temps. Il y a des zones comme Matam où un déficit a été recensé», précise le représentant de l’Etat.

D’ailleurs, il relève qu’il y a toujours des stratégies qui sont mises en œuvre par les paysans pour pouvoir venir à bout de ce qu’on appelle insécurité alimentaire. 

«Quand vous prenez, par exemple, le cas de Matam, cette région vit essentiellement de l’agriculture irriguée. Elle ne vit pas de l’agriculture pluviale. Il n’y a que 10 % de la région qui vit de l’agriculture pluviale. Elle pratique de l’agriculture irriguée et de contre-saison. Une bonne partie de la production agricole provient de l’agriculture irriguée», a-t-il martelé.

Par ailleurs, le technicien signale que le Sénégal dispose de toutes les potentialités pour développer son agriculture et subvenir aux besoins alimentaires des populations. D’abord, cite-t-il, le Sénégal dispose de trois fleuves qui sont capables d’irriguer des hectares. Mais, seulement, précise-t-il, si les aménagements sont bien faits.

La pluviométrie de la zone nord varie entre 350 et 750 mm et la végétation clairsemée. En plus, la région est soumise à la sècheresse et aux feux de brousse. Alors qu’elle bénéfice de peu d’interventions agricoles d’envergure et est déficitaire en infrastructures agricoles et d’élevage. Mais, le technicien se veut rassurant. 

«Il y a d’autres stratégies comme l’élevage, d’autres activités développées par les paysans qui font que l’insécurité est quelque chose dont on ne peut pas parler dans la zone de Matam», insiste-t-il.

En 2016, le Sénégal a réalisé une production de 950 779 tonnes de riz, 395 225 tonnes d’oignon et 997 503 tonnes d’arachide. Face à la situation climatique de la zone, l’Etat a lancé le Projet d’appui à la sécurité alimentaire dans les régions de Louga, Matam et Kaffrine.

L’objectif était de renforcer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté à travers un accroissement durable des productions végétales et animales de plus de 22 000 et 5 000 tonnes, des revenus des petits producteurs, et en particulier des femmes.

Le coordonnateur dudit projet, Dr Mahamadou Diaw, annonce pour sa part, une production record cette année. 

«Sur le terrain, il n’y a pas d’insécurité alimentaire. La pastèque, le niébé, le mil, etc. ont été déjà récoltés. Ce que je vois sur le terrain, à travers mes tournées, mes contacts avec les populations, c’est qu’il n’y a réellement pas d’insécurité. Je suis certain que cette année, on risque d’avoir une production record», rassure-t-il.

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