Flambée du prix et rareté des œufs à Dakar : pourquoi les poules ne pondent plus assez

Sa valeur nutritionnelle est prouvée et certifiée par des spécialistes de la nutrition. Consommé en entier, le  jaune d’œuf nous fournit 90% du calcium et du fer qu’il possède tandis que le blanc nous fournit la moitié de ses protéines. C’est donc dire que l’œuf est, de toute évidence, un excellent aliment pour la santé. Toutefois, cet aliment riche  en vitamines et en sel minéraux a presque disparu des rayons des supermarchés. Dans certaines boutiques de quartiers où l’on a la chance d’en trouver, il coûte les yeux de la tête. Problème !

Les poules seraient-elles en grève?

Sont-elles devenues stériles ou c’est plutôt les coqs qui sont devenus impuissants?

Les œufs sont devenus une denrée rare sur les marchés dakarois et  environs depuis quelques semaines, voire des mois. Au point où le prix du produit a considérablement flambé conformément à la loi bien connu du marché : la loi de l’offre et de la demande.

Conséquence : sur la quasi-totalité des supermarchés que nous avons visité, c’est la rupture de stock. Aucun œuf, aucune tablette d’œufs n’est disponible. Mais pourquoi  ce produit manque-t-il autant. Les poules ne pondraient-elles plus ? Est-ce un problème lié à l’alimentation des poules pondeuses ?

Est-ce un problème saisonnier, normal qui serait lié au froid de l’hiver. Questions légitimes. Nous avons mené l’enquête.

Sur les grands marchés de la ville de Dakar, les tablettes d’œufs se font rares. Comme l’eau, l’œuf est une matière précieuse. Les seuls marchands qui l’ont, l’exposent comme un trophée, tellement le produit est prisé par la clientèle. Mais qui dit pénurie, dit aussi hausse des prix. A Keur Massar, aux Parcelles Assainies, A grand Yoff, entre autres, les œufs sont vendus 100 Fcfa l’unité, au lieu de 75 Fcfa habituellement, dans les boutiques.

La tablette, elle, est vendue aujourd’hui 2800 Fcfa alors qu’elle ne coûtait que 1500 Fcfa il y’a quelques mois.  A Sacré-Cœur, selon un habitant dudit quartier, dans les rares boutiques ou le produit est disponible, le plateau est vendu à 3000F et l’unité pouvant coûter entre 125 et 150F cfa.

Qu’est-ce qui peut être à l’origine de cette pénurie ? Nous nous sommes adressés aux professionnels  de l’aviculture.

La rébellion des poules

Pour eux, un simple changement d’habitudes alimentaires peut avoir d’énormes conséquences sur les poules. Mais pour tous les aviculteurs que nous avons interrogés, l’alimentation ne constitue pas le problème. Pour eux, le hic se trouve autre-part. Joint au téléphone, Gora Faye , membre de l’Iterprofession des aviculteurs du Sénégal (Ipas), considère que la rareté des œufs est due au changement du climat.

«La pénurie d’œufs est la combinaison de plusieurs facteurs. Vous savez comme l’homme tombe malade, les poules aussi tombent malades. En ce moment où l’hiver sévit avec aussi quelques vents, plusieurs poules ont péri à cause de ce facteur-là. C’est pourquoi il y’a eu cette pénurie d’œufs», déclare-t-il.

Même son de cloche pour cet autre aviculteur, spécialisé dans la production et la vente d’œufs, qui a requis l’anonymat. Pour lui, même si le froid est l’une des causes, c’est la poussière qui constitue surtout le principal perturbateur Il met particulièrement  en cause l’instabilité ou plutôt le caractère trop changeant du climat au cours d’une même journée parfois. «Le climat change beaucoup ces temps-ci. Il peut faire froid la nuit, puis un peu chaud le jour. Les poules peuvent dès fois avoir des difficultés pour s’adapter à ces changements récurrents.

En plus, il y’a beaucoup de vent et de la poussière et ces derniers tuent pas mal de poules pondeuses. A cause de ça, nous avons même perdu plusieurs de nos poules et avons quelques difficultés à répondre aux demandes», avoue ce producteur.

Il va plus loin, en pointant du doigt certains de ses collègues, qui selon lui, confient le travail à des proches inexpérimentés. Et ces mains inexpertes ne sont pas de nature à assurer la production attendue et à faire tenir aux poules pondeuse leur promesse.  «Plusieurs aviculteurs confient la gestion de leurs entreprises  à des proches inexpérimentés, qui n’ont aucune formation et aucune maîtrise du système. A un moment donné, toutes ces choses conduiront inéluctablement au manque d’œufs même si  ceux qui font bien le travail continueront d’en avoir». 

Les boutiques flambent les prix

Cependant, Amadou Makhtar Mbodj, le président de l’’Interprofession des aviculteurs du Sénégal (Ipas), nous renseigne que toutes les dispositions sont prises par les industriels juguler cette crise et doper la production. « Quand nous avons remarqué qu’il y avait une baisse de la production, les industriels ont rapidement acheté des ‘poulettes’, qui sont des poules qui commencent à pondre après seulement 1 mois, pour renverser la situation. Ces durant ces  mois qu’on a eu cette pénurie. Mais maintenant on a recommencé à produire massivement »,assure le patron de l’IPAS.

Selon lui,  la situation commence à changer puisque le prix de l’œuf aussi baisse. «Si vous allez sur les marchés, vous vous rendrez compte que le prix de la tablette a beaucoup baissé. Il est désormais vendu à 2500 Fcfa, mais il ne faut pas se fier aux boutiquiers car ils ne baissent pas leur prix eux », fait savoir le président de l’Interprofession des avicole du Sénégal.

Vendredi  effet, M. Sambou, un client nous dit qu’il cherchait le produit depuis deux semaines nous a confié  l’avoir finalement trouvé  aux Almadies, un quartier huppé de la capitale à 1990Fcfa, le plateau, dans un  supermarché réputé pour ses prix compétitifs. Ce qui confirme dans, une certaine mesure, les propos de Amadou Makhtar Mbodj.

Notre interlocuteur se dit stupéfait d’avoir vu un stock important dans ce supermarché alors que le produit se faire rare dans d’autres quartiers. Mais un employé du supermarché, en question, lui aurait expliqué que dans ce quartier, comme il y a beaucoup de restaurants et autres, c’est certainement pourquoi, le supermarché serait approvisionné en conséquence.

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