Histoire: Se Rappeler de Fodé Kaba Doumbia Marabout-guerrier (1818 – 1901)

Qui était  FODE  KABA   DOUMBOUYA   ?

« Fils de Fodé Bacary et de  Hawa  Gassama et de son vrai  nom Ibrahima  Doumbouya, Fodé Kaba est né en 1812 à Goumbayel communément  appelé Goumbel dans le département de Bakel.

 Sa réputation a débuté à l’âge de 6 ans, ce qui fait  que d’autres parlent de 1812 comme date de sa naissance. Grand «waliyou », marabout Diakhanké, qui a accompagné son père depuis sa région natale du Boundou  méridional  en passant  par  la Gambie et créé la localité de Kéréwané (près de Bassan) où il construisit  sa Tata. C’est  ainsi  qu’il a fait tout le territoire Gambien puis il entra  dans  la Casamance  en 1875 à la recherche de sa  femme (prédit par son père) à Koungnara dans le balantacounda.

Il entra dans le fouladou par le MYF (Médina Yoro Foula) en passant par le Pakao en  traversant Sédhiou jusqu’à Koungnara.

De retour avec sa femme, Boye Massaly, il repère une place près de Sédhiou (actuel Moricounda) pour sa progéniture. Il passe par  le Kabada, repère la localité de Dator (qui sera plus tard sa 1ère Tata en 1876). C’est de Dator qu’un certain Souleymane Badji (Diola musulmane) habitant à Darsylamé près de Bapycoune fait appel à lui afin qu’il l’aide dans son village où il était interdit de faire ses cinq prières. C’est à la  suite de cela que le marabout à fait sa première guerre contre  les païens Baïnouk en faveur de son ami, Souleymane Badji.

Donc, contre tous les dires, Fodé-Kaba n’a jamais été un ennemi des Diolas mais plutôt des mécréants. Pour précision,  il n’a attaqué qu’une seule Tata Diola, celle de Ahoune Sané.

 Il est intéressant de noter aussi que Fodé Kaba fut l’un des plus grands africaniste, car il est héros national dans trois pays de la sous-région : Sénégal-Gambie-Guinée Bissau.

Il a créé Moricounda en 1877 et la même année il y installa sa famille.

Il créa sa deuxième Tata au Sénégal  en 1882 à Médine Fodé-Kaba dans le département de Bounkiling.

Grand protecteur de l’Islam et des  Musulmans, il défend sa terre et ses frères  jusqu’à ses dernières heures.

Ainsi, il a tenu tête aux Français et aux Anglais jusqu’en 1901 soutenu par Moussa Molo Baldé.

Il mourut le 21 Mars 1901 à Médine Fodé Kaba.

Le capitaine Séguin disait en 1901 : « la victoire Franco-anglaise sur le guerrier et insaisissable roi Fodé-Kaba eut le plus grand retentissement et ainsi les derniers résistants déposèrent leurs armes pour se soumettre ; il faut dire que Fodé-Kaba a fait beaucoup de résistance à  l’armée française et sa défaite  décourage toute la partie des pays qu’il occupait.»

C’est en Avril 1901 que Bourama Doumbouya, 2ème fils et successeur de Fodé-Kaba fut ramené à Moricounda près de Sédhiou.

Fodé Kaba Doumbia (1818 – 1901) Marabout-guerrier

Fodé Kaba Doumbia

Fils d’un marabout diakhanké, Fodé Bakary Doumbia plus connu sous le nom de Fodé Kaba naquit vers 1818 à Goumbel, un village situé dans la partie méridionale du Boundou. Prénommé Ibrahima, le futur Fodé prit le surnom de Kaba porté par les ancêtres de sa famille.

Le jeune Fodé suivit son père qui alla s’installer non pas dans le Gabou comme le prétendent certains griots mais dans ses dépendances. En fait, ils traversèrent le Ouli, le Niani, franchirent le fleuve Gambie pour s’établir dans le petit village de Kérévane en Casamance, sur l’actuelle frontière de la Gambie.

Ce village avait été créé et était dirigé par un roi malinké païen, Silati Kéléfa, qui habitait Soumacounda. A partir de 1877, Fodé Kaba ravagea les villages baïnounk d’Inor, Tobor et beaucoup d’autres villages situés sur la rive orientale du Soungrougrou. Ravitaillé en armes et munitions par les traitants de Sédhiou et de Bathurst, il razzia le Fogny.

Après de longues négociations, le marabout finit par accepter la signature d’un traité avec le gouverneur du Sénégal M. Félix Henri De Lamothe. Il cédait le Fogny à la France en échange d’une rente annuelle de 5000 francs et le maintien de son autorité sur un important domaine s’étendant sur le Kiang français.

En Gambie, les autorités britanniques supportaient très difficilement la puissance de Fodé Kaba. L’Annual Report de 1888 révèle que son existence est une malédiction pour le voisinage ; il vit, y lit-on, de chasse aux esclaves et de vols. Le 2 janvier 1892, une expédition fut décidée par les autorités de Bathurst contre son tata de Marige d’où il parvint à s’enfuir la nuit à cheval pour se réfugier en Casamance. En 1893 son avancée en Fogny a été stoppé par le guerrier Diola Ahoune Sané qui lui aussi qui régnait dans son fiefs.La souveraineté britannique fut alors imposée aux chefs du Kiang gambien.

En 1899, à la suite d’une querelle entre les habitants des villages de Jataba et de Sankandi pour la propriété d’une rizière, l’arbitrage sollicité du Travelling Commissioner fut repoussé par les gens de Sankandi fidèles et soumis à Fodé Kaba. Accompagné d’un officier, le capitaine Silva, et d’une petite escorte, le Travelling Commissioner Sitwell se présenta le 16 juillet 1900 à Sankandi pour régler cette affaire à l’amiable. Persuadé qu’on venait l’arrêter, le chef du village, Dari Bani Dabo, fit tirer sur les Anglais qui furent tués.

Il partit avec ses principaux lieutenants se réfugier en Casamance, à Médina auprès de Fodé Kaba qui accueillit fort mal cette nouvelle. Tout en leur accordant l’hospitalité, il reprocha aux proscrits leur imprudence et surtout l’occasion qui était à présent donnée aux Européens pour intervenir contre lui. Les membres de la famille Doumbouya affirment qu’un envoyé de Bathurst vint à Médina réclamer les fugitifs. Fodé Kaba refusa au nom des lois sacrées du droit d’asile. Les autorités de Bathurst demandèrent alors aux Français de bien vouloir agir auprès de Fodé Kaba.

Le commandant de cercle de Sédhiou rendit visite au marabout qui le reçut avec froideur. Fodé Kaba abandonna la réserve prudente et habile qu’il avait toujours adoptée à l’égard de ses interlocuteurs français en refusant de livrer ses protégés. Les Anglais demandèrent à Saint-Louis l’autorisation de capturer le marabout en territoire casamançais mais le gouverneur s’y opposa. Une expédition franco-anglaise fut alors organisée contre le vieux chef en mars 1901. Les Britanniques placèrent des troupes sur la frontière pour empêcher toute fuite vers le Nord.

Moussa Molo, ravi de pouvoir enfin se venger de son ennemi traditionnel, arriva sur les bords du Soungrougrou à l’Est, à la tête de 400 cavaliers. Les Français dirigés par le Colonel Rouvel se présentèrent devant Médina le 23 mars 1901 à midi. L’assaut du tata fut ordonné et les murs furent éventrés par les tirs des trois pièces de canon amenées sur place.

Après la bataille – car les guerriers de Fodé Kaba opposèrent une vive résistance aux assaillants – le Colonel Rouvel chercha en vain le corps du marabout parmi les décombres. Interrogé, son fils Ibrahim répondit que son père avait été victime des boulets. Sa mort fut cependant controversée à cause de la disparition de son corps qui ne fut jamais retrouvé.

Des sources affirment même que Fodé Kaba Doumbouya serait mort le 19 mars, quelques jours avant l’assaut de son tata de Médina.

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