FORMATION DES FORMATEURS CONTRE LES ABUS SEXUELS DANS LES OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX DE L’ONU PLAIDOYER POUR UNE POLITIQUE «TOLERANCE ZERO»

un_soldatsLe projet pilote «Formation du personnel des missions de maintien de la paix sur la prévention et la lutte contre les abus sexuels», initié par l’Ambassade de la Grande Bretagne, avec l’appui technique de l’Ambassade du Japon au Sénégal, est mis en œuvre par l’Ong Femmes Africa Solidarité (FAS) et son Centre Panafricain pour le Genre, la Paix et le Développement (PAC). Une rencontre a été organisée  dans la matinée d’hier à Dakar pour le lancement officiel dudit projet.

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet pilote au Sénégal, le projet «Formations du personnel des missions de maintien de la paix sur la prévention et la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels» a été lancé hier à Dakar. Elle s’adresse précisément aux éléments des Forces armées, de la Gendarmerie et de la Police nationale en instruction ou en phase de pré-déploiement.  Car, au cours de l’année 2016, l’ONU a recensé 44 accusations d’abus sexuels qui auraient été commis par ses casques bleus. 
 
Fort de ce constat, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, en mars 2016, la Résolution 2272, dans l’optique d’amener les Etats membres à prendre «des mesures concrètes pour prévenir et combattre l’impunité pour tout acte d’exploitation et d’atteintes sexuelles commis par des membres d’opérations de paix des Nations Unies».   
En effet, dans les pays en conflit, on note une violence où des abus sexuels dont les victimes sont les femmes ou les enfants
 
. Suffisant pour que l’envoyée spéciale de la Commission de l’Union Africaine pour Femme, Paix et Sécurité et présidente de Femmes Afrique solidarité déclare: «les guerres en Afrique et leur impact sur la société civile engendrent des violences ou des abus sexuels sur les femmes et les enfants. Mon mandat, c’est de faire en sorte que la protection des femmes soit effective sur le terrain. Nous avons un centre de formations à Dakar pour former nos officiers qui sont envoyés et pré-déployés ou en période de pré-déploiement. 
 
Dans les conflits actuels, les belligérants, que ce soient les troupes ou les rebelles, ciblent les femmes. Le corps de la femme est devenu l’arme de guerre utilisée sur le terrain de combat. Nos troupes que nous envoyons sur le terrain sont en train également de commettre les mêmes crimes. Donc, pour, nous il faut avoir la politique de ‘’tolérance zéro’’ et c’est la raison pour laquelle nous sommes en train de former des formateurs qui vont former pas seulement les soldats du Sénégal mais aussi d’autres pays pour faire en sorte d’éradiquer ce fléau et punir les auteurs des violences».
 
Le  projet a pour objectifs la contribution à la formation et à la capacitation des officiers, des cadres militaires et de police dans les opérations de maintien de la paix afin de prévenir les cas de violences sexuelles en zone de conflit en les outillant sur les droits humains, le cadre juridique etc. Il est également attendu des contingents, suite aux formations reçues, de former d’autres futurs casques bleus à travers le Sénégal ou dans la sous région. En fin, le Sénégal sera reconnu dans ses efforts de lutte contre les violences basées sur le genre et contribuera à la politique du Conseil de sécurité des Nations unies, qu’il préside depuis le 1er novembre 2016.
 
Georges Hodgson, l’Ambassadeur de Grande Bretagne déclare: «nous sommes partenaires au sein du Conseil de sécurité, nous sommes partenaires en ce qui concerne le maintien de la paix. Et, c’est un plaisir de partager la volonté d’éliminer complètement le viol et la violence sexuel en temps de guerre. En termes de coût, c’est le début d’une initiative conjointe. C’est un coût relativement modeste, mais il s’agit de la formation, de la bonne pratique, du partage. Et, ce ne sont pas des coûts lourds, mais ce n’est que le début».
 
La contribution du Japon via son ambassadeur, Takashi  Kitahara est plutôt technique. La coopération entre ses deux structures vient de naitre. Et pour «commencer, nous avons décidé de fournir deux ambulances et des équipements médicaux qui pourraient servir à soigner les femmes et enfants victimes de viol ou de violence. On a pensé que cela pourrait entrer dans le schéma et nous avons décidé de le faire», ajoute-t-il. 

Halimatou LY DIOP

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