France – Primaire de la droite en France Politique migratoire, islam, droit du sol : ce que proposent Juppé et Fillon

fillon-juppe_01Les résultats du premier tour de la primaire de la droite en France ont définitivement marqué la fin de la vie politique de l’ancien président Nicolas Sarkozy. Désormais, ce sont François Fillon et Alain Juppé qui se font face pour l’investiture à droite. Tour d’horizon de la politique migratoire qu’ils envisagent pour la France.

Quotas et statistiques ethniques 

En matière de politique migratoire, François Fillon n’a rien à envier à Nicolas Sarkozy. Il souhaite tout bonnement l’expulsion des clandestins et des demandeurs d’asile déboutés ainsi que la réduction de l’immigration légale à son strict minimum. Ce point figure d’ailleurs parmi les quinze mesures phares de son programme. Le candidat envisage la création de quotas et la légalisation des statistiques ethniques.

S’il accède au pouvoir et veut mener à terme sa politique, il lui faudra d’ailleurs modifier la Constitution française, pour y inscrire le « principe selon lequel l’immigration dépend de la capacité d’accueil et d’intégration de la France ».

Chaque année le parlement français pourra ainsi établir un quota pour fixer le nombre de personnes qui peuvent être accueillies sur le territoire et définir « les régions du monde vers lesquelles nous voulons nous tourner », détaille-t-il dans son programme.

Dans ce sens, il dit s’inspirer de la politique migratoire canadienne et veut pouvoir choisir les immigrés selon leurs compétences professionnelles. Une perspective qui est aussi évoquée par son rival Alain Juppé, puisque celui-ci veut la mise en place d’un « système par points qui permette d’accueillir en France les profils d’étrangers » dont l’économie française aurait besoin. Pour cela, il envisage aussi de « faire voter chaque année au Parlement un plafond d’immigration et une répartition par type d’immigration (étudiants, travail, regroupement familial) ».

Remise en question de l’automaticité du droit du sol

François Fillon, ex-premier ministre de Nicolas Sarkozy, propose aussi la suppression des titres de séjour de longue durée afin de « subordonner l’immigration familiale à une perspective d’intégration ». Sur ce point, Juppé veut un regroupement familial conditionné à « l’exercice d’un emploi ».

Au niveau des prestations sociales, les deux hommes politiques sont presque d’accord, notamment sur  l’Aide médicale d’État (AME) que Fillon veut supprimer et remplacer par une « dispense de frais de santé limitée aux urgences et aux maladies graves ou contagieuses ». Idem pour Alain Juppé qui veut que l’AME soit limitée « aux cas d’urgence ».

Si François Fillon est élu, les principales prestations sociales (non-contributives) ne seront accessibles qu’aux personnes justifiant de deux ans de résidences régulières en France et il faudra s’attendre à ce que ce dernier revoit l’automaticité du droit du sol. En effet, les enfants nés en France de parents étrangers ne seront plus considérés automatiquement comme des citoyens français mais devront faire une demande de nationalité à leur majorité.

Alain Juppé, qui juge excessif le programme de son rival, propose que le droit du sol soit effectif pour un enfant dont au moins l’un des parents « était en situation régulière au moment de la naissance ».

Sur l’Islam… 

Alain Juppé, lui aussi ex-ministre de Sarkozy, est aujourd’hui tancé du surnom d’« Ali Juppé », pour sa complaisance supposée envers l’Islam politique. Sur Europe 1, il dénonçait hier les « attaques franchement dégueulasses » sur les réseaux sociaux ainsi que les calomnies. Au niveau de son programme, il préconise de former les imams et expulser ceux qui « prônent la violence ». Il souhaite aussi que les prêches soient effectués en Français et que le financement des lieux de culte soit transparent.

Pour François Fillon, les lieux de cultes musulmans ne doivent pas être financés par des fonds étrangers mais par les musulmans eux-mêmes. Il appelle aussi à la création d’une « instance de concertation entre l’État et l’Islam en France » et affirmait en septembre que le « CFCM ne remplit pas la mission qui lui était dévolue ».

Enfin, contrairement à la proposition qui avait été faite par Nicolas Sarkozy, les deux candidats ne sont pas pour une interdiction du voile à l’université. « Je refuse une France où l’on ne pourrait plus porter une croix dans la rue, un t-shirt à l’effigie du Pape, une kippa, un turban ou un voile ! » avait déclaré François Fillon au Figaro.

|Par Zahra Rahmouni

: Afrique Monde

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