Fuite des capitaux: L’Afrique a perdu 850 milliards de dollars ces 50 dernières années

BLANCHIMENT D’ARGENT
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La table ronde organisée hier par l’Institut africain de développement économique et de planification (Idep) a porté sur le thème « Vaincre la ‘’malédiction’’ des ressources humaines en Afrique ». Une manifestation durant laquelle un expert a soutenu que la fuite des capitaux a coûté au continent 850 milliards de dollars, ces 50 dernières années.

L’Afrique est le continent où la pauvreté est plus accentuée alors qu’elle regorge de ressources naturelles. C’est pour cette raison que l’Institut africain de développement économique et de planification (Idep) a organisé une table ronde sur le thème « Vaincre la ‘’malédiction’’ des ressources humaines en Afrique ».

Introduisant le sujet, le directeur de l’Idep, le professeur Adebayo Olukoshi, dira que le boom de ressources doit être utilisé pour transformer l’économie ; d’autant plus que cela ne durera pas éternellement. A son avis, la ressource doit être un tremplin pour le développement, les Etats doivent créer des interconnexions en finançant avec ces ressources les infrastructures et la transformation notamment. Ainsi, rappelle-t-il, depuis cinq ans maintenant, l’Idep organise des cours sur la négociation des contrats, la taxation, la politique minière, etc. « Depuis lors, beaucoup de pays africains ont commencé à réviser leurs codes miniers », précise-t-il.

Le directeur exécutif de Trust Africa, Akwasi Aido, a mis l’accent sur le flux financier illicite qui sort du continent vers d’autres destinations. Il le chiffre à 850 milliards de dollars ces cinquante dernières années. « Il y a un énorme système de mafia dans les pays africains (…) et une maintenance d’une culture de non redevabilité », souligne-t-il. La conséquence, ce sont les conflits. Il indexe la corruption, l’exploitation illégale des ressources et la fuite des taxes. De son point de vue, il faut des lois anti-corruption, avoir des citoyens de plaidoyer, faire attention aux systèmes, avoir une coalition globale, un soutien de la diaspora et de la communauté internationale, etc.

Remarquant « beaucoup de monopoles au niveau des Etats », le directeur d’Oxfam America – West Africa, Souleymane Zeba, a mis l’accent sur l’importance d’avoir plus d’acteurs dans l’espace public et la nécessité de travailler sur le plaidoyer. Il a aussi insisté sur l’utilité d’avoir un code régional d’investissement, une société civile vigoureuse, capable de dire non.

« La transparence doit être soutenue par la redevabilité », estime pour sa part le directeur exécutif d’Osiwa, Abdul Tejan-Cole. Il propose une société civile forte et transparente et l’inclusion des communautés dans la prise de décision. Il propose surtout que les Etats africains négocient ensemble pour tirer le plus de profits des ressources. A la suite des présentations, les interventions de l’assistance ont porté notamment sur le leadership, la formation, l’honnêteté, les moyens limités des Etats, la place de la société civile, etc.

Pour le ministre en charge de la Bonne gouvernance, Abdou Latif Coulibaly, l’Afrique n’a jamais eu un problème économique, elle a plutôt un problème de gouvernance et de leadership. S’interrogeant sur quelle gouvernance le continent a appliqué à la gestion de ses ressources, il estime que les régimes africains sont caractérisés par l’incompétence, l’amateurisme et la corruption.

Le ministre pense que les ressources de l’Afrique ont été pillées sans exception. Il faut plus d’engagement politique et plus de patriotisme économique, à son avis. D’après M. Coulibaly, il urge de réfléchir sur le type d’institutions à mettre en place.

Aly DIOUF

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