Gambie: 3 ans de prison ferme contre le principal opposant de Jammeh, un acquitté

Le-président-gambien-President-Yahya-Jammeh-587x345_cLa Haute Cour de Banjul a condamné, mercredi, à trois ans de prison ferme, le chef du principal parti d’opposition (Udp), Ousainou Darboe, et 17 autres manifestants jugés pour plusieurs chefs d’inculpation, dont celui de «rassemblement illégal».

Après plusieurs semaines de bataille judiciaire, le verdict est, enfin, tombé : le leader du principal parti gambien d’opposition (Udp), Ousainou Darboe et 17 de ses co-accusés ont été condamnés, hier, à trois ans de prison ferme. Ils étaient poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, y compris celui d’attroupement illégal. Ousainou Darboe, chef du Parti démocratique uni (Udp) et les autres accusés ont comparu devant la Haute cour de Banjul où un homme a été acquitté. Auparavant, ils avaient plaidé non coupables.

Arrêtés après des manifestations en avril dernier appelant à des réformes politiques et pour protester contre la mort en détention de Solo Sandeng, secrétaire à l’organisation de l’Udp, lors de sa garde à vue, Ousainou Darboe et 17 de ses co-accusés avaient vu leur procès être plusieurs fois ajourné. Le juge les a déclarés «coupables de toutes les charges», sauf celle de «l’incitation à la violence».

Le verdict a été accueilli avec des larmes par les membres de la famille des détenus et des partisans de l’opposition présents en dehors de la salle d’audience. Et le leader de l’Udp a été reconduit à Mile Two, principale prison de Banjul. Tout au long des audiences, le leader de l’Udp ainsi que ses co-accusés ont, régulièrement, exigé la comparution de Solo Sandeng ainsi que d’autres personnes portées disparues quelque temps après les manifestations, qui s’étaient déroulées à Serrekunda, une ville située à environ 10 km au sud-ouest de la capitale, Banjul.

La condamnation du leader de l’Udp intervient cinq mois avant l’élection présidentielle de la Gambie, le 1er décembre prochain, lors laquelle le chef de l’Etat Yahya Jammeh part donc largement favori. Porté au pouvoir en 1994 par un coup d’Etat militaire, M. Jammeh a été élu pour la première fois en 1996 puis réélu trois fois (en 2001, en 2006 et en 2011 avec 72 % des voix).

De son côté, l’Udp a publié un communiqué, indiquant qu’il reste toujours attaché à «l’appel à l’unité de l’opposition et à un véritable programme de réformes électorales visant à créer un environnement pour la tenue d’élections crédibles, libres et équitables».

© OEIL D’AFRIQUE

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