HRW dénonce les meurtres commis par des policiers brésiliens

bresil-police-militaireL’habitude de faire disparaître les meurtres commis par les policiers brésiliens nuit aux efforts pour contrer la violence dans les bidonvilles de Rio de Janeiro à l’approche des Jeux olympiques, a prévenu jeudi Human Rights Watch.

ASSOCIATED PRESS

Plusieurs des personnes tuées par la police au cours des dernières années n’étaient pas armées, étaient en état d’arrestation ou essayaient de s’enfuir, révèle le rapport de 109 pages.

Les responsables prétendent que les policiers avaient été attaqués, dans la plupart des cas, mais des procureurs ont dit au groupe new-yorkais de défense des droits de la personne qu’il n’y a eu aucune confrontation dans la majorité des incidents.

La ville accueillera les Jeux à compter du 5 août et la sécurité se trouve au coeur des préoccupations. Des groupes de défense des droits condamnent de plus en plus le recours à une force excessive dans les bidonvilles et les banlieues.

La directrice de HRW au Brésil, Maria Laura Canineu, a prévenu que l’exécution des suspects ne réglera rien, puisque de telles exécutions illégales minent la sécurité de tous en incitant les communautés à se méfier de la police.

Les meurtres commis par la police sont en hausse dans l’État de Rio de Janeiro depuis trois ans et 644 personnes y ont perdu la vie lors d’altercations avec la police en 2015, comparativement à 416 en 2013.

Le taux de 3,9 meurtres par la police par 100 000 habitants en 2015 est cinq fois supérieur à celui de l’Afrique du Sud et près de dix fois celui des États-Unis.

L’organisation new-yorkaise a rencontré 34 policiers en service ou retraités qui ont détaillé une « culture du combat » qui les récompense pour le meurtre, et non l’arrestation, des suspects. Ils ont raconté avoir camouflé des meurtres en plaçant des armes sur les corps des victimes, en retirant les cadavres des lieux du crime pour les livrer à l’hôpital, ou en faisant disparaître des preuves.

HRW dit s’être penché sur 64 dossiers et avoir constaté que les preuves légistes ne correspondaient pas, dans la moitié des cas, à la version officielle. Les autopsies réalisées dans 20 cas ont démontré que la victime avait été abattue à bout portant, ce qui est peu probable lors d’une fusillade.

Le rapport révèle aussi que les policiers de Rio ont tué cinq personnes pour chacune blessée entre 2013 et 2015, ce qui est « l’inverse de ce à quoi on s’attendrait », selon le groupe.

HRW déplore que les policiers ne soient que rarement poursuivis. Les policiers chargés d’enquêter sur les crimes de leurs collègues font rarement preuve de zèle et les procureurs n’ont déposé des accusations que dans 15 des 3441 meurtres commis par la police entre 2010 et 2015.

Le groupe recommande d’augmenter le nombre de procureurs qui se penchent sur les crimes des policiers et d’améliorer les enquêtes internes au sein de la police.

Les responsables de Rio de Janeiro n’ont pas répondu à une demande de commentaires.

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