Ibrahima Guèye, secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : «Permettre aux chercheurs de disposer de ressources additionnelles pour mener à bien leur mission»

Un programme initié par la Cedeao vise à renforcer les capacités en matière de formulation de projets des chercheurs des universités, des laboratoires, des centres de recherche des Etats membres. Les échecs répétés dans les demandes de financement obligent les experts à opérer un nécessaire ajustement afin de fournir les outils adéquats pour décrocher la bénédiction de la Cedeao et recevoir les financements.

Ibrahima Guèye, secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, est revenu dans les grandes largeurs sur l’opportunité de cette formation.

Qu’est-ce qui justifie l’op­por­tunité de cette for­ma­tion ainsi que son importance ?

Cette formation, organisée con­jointement par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche et la Cedeao sur les projets de rédaction des projets de recherche, constitue une initiative très salutaire. Ceci du fait que c’est un atelier qui devra permettre à terme à nos différents chercheurs de pouvoir renforcer leurs capacités en matière de gestion, de conception, d’exécution, de suivi et d’évaluation des projets de recherche.

Il est aujourd’hui constant que les ressources budgétaires nécessaires pour permettre à nos laboratoires de recherche ou à nos chercheurs d’avoir les conditions optimales pour leur permettre de mener à bien leurs travaux de recherche, sont aujourd’hui insuffisantes pour couvrir l’ensemble de leurs besoins. C’est pourquoi au niveau communautaire, des structures comme la Cedeao ont mis en place des fonds compétitifs.

Maintenant il appartiendra à chaque pays d’élaborer des projets de recherche, des projets qui s’exécutent dans d’autres domaines en respectant toutes les normes d’élaboration, de conception des projets.

Ça, c’était un manque au niveau de nos chercheurs que cet atelier pourrait permettre de combler et à terme, nos chercheurs vont disposer de capacités nécessaires pour monter eux-mêmes des projets de recherche qui devront être présentés comme des requêtes de financement destinées à l’intention de ces fonds compétitifs. Ceci devra leur permettre de disposer de ressources additionnelles pour mener à bien leur mission. 

Quel est le rôle du ministère de l’Enseignement supérieur ?

Le ministère de l’Enseignement supérieur est déjà sorti d’une concertation nationale sur l’avenir de l’Enseignement supérieur qui a été validée par un conseil présidentiel où le Président a sorti d’importantes directives destinées à promouvoir la recherche, la science, la technologie et l’innovation parce qu’il s’est rendu compte que nous dans des pays à faibles ressources, les besoins, comme les attentes des populations, sont de plus en plus nombreux. Seules la science, la technologie, l’innovation devront permettre à nos pays de faire des bons assez significatifs devant leur permettre de mieux prendre en charge les besoins et les attentes de leurs concitoyens.

C’est pourquoi l’orientation stratégique au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur est de promouvoir les Stem (Sciences, technologies et les mathématiques). Il faudrait maintenant, durant tout le cycle de l’enseignement, que l’on puisse, par des instruments incitatifs, permettre à nos jeunes d’acquérir les réflexes de l’innovation et de la créativité, seule voie pouvant permettre à nos pays de pouvoir gagner suffisamment de temps et de moyens pour l’émergence.

Quels sont ces instruments ?

Déjà au niveau du ministère, on a le Fonds d’appui aux initiatives de recherches (First). Le ministre a aussi mis en place un autre programme d’appui aux femmes chercheurs qui vise à les soutenir dans le cadre de leurs projets de recherche. Comme autre instrument dont nous disposons, nous avons aussi les centres de recherche et d’essai qui sont implantés un peu partout sur le territoire national et qui sont des relais entre les projets de recherche et leur application.

On s’est rendu compte qu’il y avait énormément de projets de recherche qui aboutissaient à des résultats, mais ces résultats n’étaient pas suffisamment valorisés. Il s’agit comme défi pour le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, de mieux valoriser les résultats qui seront issus des projets de recherche. Là je crois que nous sommes dans cette dynamique et les prochains projets et programme permettront de mieux renforcer ces dynamiques. 

  • Écrit par  Arona BASSE

abasse@lequotidien.sn

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