«IL FAUT DECLASSER LA FORET DE MBAO PARCE QUE C’EST LE REPAIRE DES DELINQUANTS»

Depuis la mort du douanier Cheikhou Sakho et le meurtre de Mariama Sagna de Pastef, les Dakarois, plus particulièrement les populations de Keur Massar vivent dans la hantise de la criminalité devenue de plus en plus grandissante dans cette lointaine banlieue de la capitale. Ces deux drames ont poussé le commandant de la brigade de gendarmerie de Keur Massar, Waly Sène, à sortir de son mutisme. D’ailleurs, il propose de déclasser la forêt de Mbao qui, selon lui, est le repaire des délinquants.
La commune de Keur Massar est sous le feu des projecteurs depuis la mort mystérieuse du douanier Cheikh Sakho et le meurtre de Mariama Sagna du Pastef. Ces deux affaires reposent sur la table la problématique de la sécurité dans cette zone où vivent 500.0000 âmes. Selon le commandant de la brigade de gendarmerie de Keur Massar Waly Sène, les causes de cette insécurité sont liées à deux facteurs : la décharge de Mbeubeuss et la forêt classée de Mbao. «La décharge de Mbeubeuss et la forêt classée de Mbao sont les sources de l’insécurité à Keur Massar.
La commune de Keur Massar est obstruée, c’est le mot qu’il faut employer», constate le commandant Waly Sène. Et d’ajouter : «Malgré les crimes odieux perpétrés ces derniers jours et qui ont plongé toute la zone dans la consternation, force est de dire que la question de l’insécurité ne sera pas réglée tant que la forêt de Mbao n’est pas déclassée, car c’est le repaire des délinquants. Ces derniers quittent d’autres zones et se terrent dans la forêt où ils passent la journée à fumer du chanvre indien. Et la nuit, ils commettent des infractions». Même s’il est suffisamment conscient de la portée de sa proposition et de l’importance de préserver l’environnement, le commandant Waly Sène trouve qu’il est temps de déclasser la forêt et d’y construire un garage digne de ce nom, une police et des habitations.
En plus des deux facteurs qu’il a auparavant relevés, Waly Sène indexe également le manque d’effectifs des éléments de sécurité. «Au niveau de la brigade, nous n’avons pas plus de 10 agents», se désole-t-il avant d’ajouter : «S’il y a des opérations d’envergure à faire, nous demandons des renforts». Très serein en dépit de la pression suscitée par les deux drames récemment survenus dans la zone (affaire Cheikhou Sakho et meurtre de Mariama Sakho), le commandant évoque les autres raisons qui favorisent l’insécurité à Keur Massar. «Il y a la promiscuité. Et à Keur Massar, la principale activité économique, c’est le commerce informel et les ventes de portables qui peuvent êtres sources de délinquance», déclare-t-il avant de relever : «l’autre problème c’est l’oisiveté des jeunes qui passent tout leur temps à fumer du chanvre indien. Personne n’est lucide dans cette zone. Et on ne peut pas entrer dans une maison sans trouver un fumeur d’herbe». Composée de 139 quartiers dont 135 officiels, la commune de Keur Massar est devenue une zone qui voit sa démographie s’agrandir de jour en jour. Avec les facilités d’accès qu’offre l’autoroute à péage et que va offrir bientôt le TER, la localité fait désormais partie de l’une des zones les plus courues de la région de Dakar.

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*