Imam Dianko acquitté alors qu’il risquait la prison à vie

Imam Boubacar Dianko a été finalement acquitté par le Président de la chambre criminelle de Dakar. Il lui était reproché des faits d’association de malfaiteurs, attentat à la sureté de l’Etat, acte de terrorisme.

En apprenant son acquittement par la chambre criminelle du fond de sa cellule où il se trouve depuis six ans, l’Imam Boubacar Dianko doit pousser un grand ouf de soulagement. Car le maître des poursuites avait requis, lors de son jugement, la réclusion à perpétuité à son encontre.

Il avait comparu devant la barre de cette juridiction pour répondre des faits d’association de malfaiteurs, attentat à la sureté de l’Etat, acte de terrorisme. S’agissant des faits, dans le cadre du suivi de la menace terroriste, le numéro de téléphone 77 359 XX XX a été communiqué à la division du contre-espionnage de la division de surveillance des territoires par les services secrets maliens pour ses contacts permanents avec l’émir du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) à Gao, Mouhamad Ould El Hariri, et un agent recruteur dudit mouvement.

Des investigations ont été effectuées et ont permis d’identifier l’utilisateur de la ligne téléphonique incriminée en la personne de Boubacar Dianko. Il ressort des éléments de l’enquête que ce dernier avait quitté le Sénégal dans la nuit du 3 au 4 janvier 2013 pour se rendre à l’étranger, après avoir reçu une somme de 200 mille francs envoyée depuis le Mali.

L’enquête subséquente avait permis son interpellation le 8 janvier 2013, dans une localité située à Kédougou, par les agents du service régional de renseignements généraux de Tambacounda, en compagnie de son neveu et élève Serigne Ahmadou Bamba Dianko.

Il faut dire qu’au moment de son arrestation, le mis en cause était porteur d’un port Usb et un Cd dans lequel il y avait une vidéo d’un combattant armé d’un fusil de guerre qui faisait un entraînement avec des jeunes combattants mineurs.

Son neveu révélera aux enquêteurs avoir traversé les villes de Bamako, Bobo Dioulasso avant de rejoindre Gao dans la nuit du 10 au 11 janvier 2013. …ses avocats vont déclencher le processus d’indemnisation Confronté aux révélations de son neveu, Boubacar Dianko finit par reconnaître son séjour à Gao aux côtés de l’émir qui serait son ancien maître coranique.

Il soutient que ce dernier lui proposait de rejoindre les rangs de leur mouvement pour faire le djihad. Ce qu’il avait refusé, selon ses dires. Il précise que la vidéo retrouvée sur son téléphone portable avait été filmée par Mouhamad Ould El Hariri au village de Darou Salam.

Cependant, il a nié connaître l’agent recruteur du Mujao, en l’occurrence Sidi Mouhamad Ould, avec qui il avait pourtant échangé les 8 et 13 octobre 2012. Jugé par la chambre criminelle, il a finalement été acquitté. S’exprimant après le verdict, son avocat Me Malick Fall, estime que c’est une excellente décision que la juridiction a rendue dans cette affaire.

« On s’y attendait quand même parce que la légèreté des charges, comme j’ai eu à le dire il y’a quelques semaines par rapport à la gravité de la sanction qui était demandé par le parquet, ne nous paraissait pas être juste. Par conséquent, la décision ne nous surprend pas et nous sommes vraiment très satisfaits de ça », a dit la robe noire.

Toutefois, renseigne-t-il, ils vont saisir la commission d’indemnisation logée auprès de la Cour suprême. « Car notre client a fait six ans de détention préventive avant d’être acquitté. C’est la deuxième étape de cette affaire.

Il est inadmissible au Sénégal aujourd’hui qu’on puisse retenir une personne dans les liens de la prévention pendant six ans, demander à l’audience lors de son jugement la condamnation à perpétuité et que cette personne-là soit acquittée sur des bases claires. Parce qu’en fait, l’accusation ne reposait sur absolument rien. Et je pense qu’en y regardant de plus près, on se rend compte qu’il a été victime de légèreté.

Pour cela, je pense qu’il doit être indemnisé et il faut que justice lui soit rendue pour les années de privation de liberté dont il a été victime », a-t-il dit.

Cheikh Moussa SARR

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