| CINEMA - "Mère-bi" Annette Mbaye D’Erneville se raconte à son fils |
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Dakar, 17 nov (APS) – « Mère-bi » (La mère). Le titre du dernier documentaire d’Ousmane William Mbaye (Mention à l’édition 2008 des Journées cinématographiques de Carthage) sur sa mère, Annette Mbaye D’Erneville, va au-delà du caractère affectif auquel peut renvoyer l’appellation.C’est parc qu’Annette Mbaye D’Erneville, affublée de ce titre, a dépassé le cadre intimiste de la famille pour entrer dans la mémoire collective de ses compatriotes, toutes générations confondues, chez qui se faire appeler ‘’mère-bi’’ est synonyme d’admiration, respect.
Le documentaire de création de 55 minutes montre, images d’archives,
témoignages, interviews et photos à l’appui, une femme engagée sur
plusieurs fronts. Artiste (elle a fait du théâtre), première
Sénégalaise journaliste diplômée, actrice du développement…
Militante de la première heure pour la cause de l’émancipation des femmes et profondément attachée à ses traditions sérères, Annette Mbaye D’Erneville, 82 ans, se caractérise aujourd’hui encore par sa lucidité, son énergie – qu’elle consacre notamment au Musée de la Femme Henriette Bathily de Gorée dont elle est la directrice. Filmer sa mère a pris une dizaine d’années à Ousmane William Mbaye qui s’y est pris avec une certaine distance – pas facile à percevoir — faisant ressortir la personnalité d’Annette Mbaye D’Erneville, figure incontournable de l’espace public sénégalais depuis plus d’un demi-siècle. Le film retrace le parcours de ‘’Tata Annette’’, comme elle est affectueusement appelée par ses compatriotes. Née à Sokone en 1926, elle part étudier à Paris en 1947, après être passée par l’Ecole normale des jeunes filles de Rufisque. Dans la capitale française, elle fréquente le milieu intellectuel marqué la création, par Alioune Diop, de Présence Africaine, le premier Congrès des écrivains et artistes noirs. Annette Mbaye d’Erneville se marie avec le géographe Ndakhté Mbaye (le père de Ousmane William), fonde une famille. Elle enregistre ses premières émissions radio, mais son métier de journaliste et son engagement sur le front féministe entraînent son divorce. Elle rentre au Sénégal en 1957 alors que les Indépendances approchaient pour les colonies françaises d’Afrique. Annette Mbaye d’Erneville, cette fervente catholique admiratrice de Serigne Touba, parle, dans le film, des événements de décembre 1962 et ses relations avec les deux protagonistes de cette crise. Mais elle ne parle presque pas d’Abdou Diouf et Abdoulaye Wade. Dans soin ouvrage intitulé ‘’Si près, si loin avec Wade’’ (Editions Hachette), le journaliste Cheikh Diallo, révélait que l’actuel président de la République, alors instituteur, avait déclaré ‘’sa flamme à la très coquette Annette Mbaye D’Erneville, brillante pédagogue et ancienne journaliste’’. Tout juste sait-on qu’après son divorce avec Ndakhté Mbaye, elle a reçu plusieurs demandes en mariage. Elle considère ses multiples engagements ne lui auraient pas donné le temps de s’occuper d’un mari. Même si sur le plan technique, il y a quelques fautes – dans la qualité du son et de certaines images, le montage (Laurence Attali) et la qualité intrinsèque des documents rares permettent de sauver le film pour en faire un document. Document, il l’est assurément tant il est difficile d’arracher des mots à Annette Mbaye D’Erneville qui n’accorde que très rarement des interviews. Ousmane William Mbaye a certainement fait œuvre utile en fixant sur un support technique le parcours de cette femme à la vie simple mais riche. On y apprend sur Il offre en même temps aux générations actuelles et futures l’exemple d’une battante, icône ayant fait l’unanimité autour de son nom, sorte de patrimoine dans lequel se reconnaissent nombre de ses compatriotes.
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Dakar, 17 nov (APS) – « Mère-bi » (La mère). Le titre du dernier documentaire d’Ousmane William Mbaye (Mention à l’édition 2008 des Journées cinématographiques de Carthage) sur sa mère, Annette Mbaye D’Erneville, va au-delà du caractère affectif auquel peut renvoyer l’appellation.