| Au nom du père, du fils ; sauve qui peut ! |
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Devant cette complicité de raison, cette union de façade, le Sénégal n’a pas oublié et n’oubliera jamais tout ce que Wade et son soi-disant fils se sont dits de mal et de mauvais ou se sont accusés depuis 2004. Inauguration de SENBUS ou logique de retrouvailles qui ne mettront jamais en sourdine leurs déclarations de guerre qui sonnent encore dans les oreilles des sénégalais et dans le monde. L’essentiel est de sauver ce qui peut l’être, Wade tient à sa vengeance et à sa revanche sur le destin, comme le Ps il veut diriger le Sénégal un demi-siècle. Est-il opportun de rappeler tout ce que ces gens, l’un comme l’autre se sont dits durant leur combat sans merci entre un fils et un père qui se doivent tout et qui se connaissent bien. Devant le lynchage médiatique de la presse du Palais Idy, devenu l’ennemi numéro un, s’emmure dans un long silence. La première sortie médiatique de Wade contre lui ne le perturbe guère et le laisse pantois. Le chef de l’Etat l’accuse, dans les colonnes de Jeune Afrique, d’avoir causé l’endettement de l’Etat en engageant 40 milliards de dépenses sur les 25 initialement prévus pour les Chantiers de Thiès, une ville dont Idy est le maire. Dans un autre meeting tenu dans cette même ville il demande aux thièssois où sont passés ces 40 milliards, raconte pendant une heure tout ce dont il a fait pour Idy depuis ses 14 ans jusqu’à son ascension politique sous la férule du père bienfaiteur. Mais, la seconde sortie de Wade au Cices, alors qu’il recevait une délégation de militants socialistes de Thiès, fait sortir l’ancien Premier ministre de sa réserve. Il sort ses dents acérées, prêt à montrer à son père d’alors ce dont il est capable pour détruire. «Jusqu’à l’extinction du soleil, aucun centime de détourné ne pourra m’être reproché», répond-il à Wade qui l’accuse d’avoir dépensé plus de milliards qu’il ne lui a autorisés dans les Chantiers de Thiès. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin et mieux encore, Idy convoque la presse le lendemain pour faire la lumière sur les fameux chantiers. La cassure s’élargit. Idy est convoqué à la Direction des Investigations Criminelles d’où, après plusieurs prolongations de garde à vue, il est expédié à la prison au mois de juillet de la même année pour divers chefs d’accusations, dont «l’atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale». Ses plus proches collaborateurs et présumés complices défilent devant les limiers de la Division des Investigations Criminelles et, plusieurs de ses connaissances vont séjourner en prison. C’est le temps de la persécution, des supplices pour un fils insoumis qui a voulu prendre sa part du gâteau et détrônait le père. Et, Idy refuse de se laisser conduire à l’échafaud et à la guillotine, convaincu qu’il doit pouvoir se servir comme tout le monde en tant que premier ministre. Il engage la bataille de la survie et verse dans le déballage. Il menace de sortir des DVD et des K7, il met sa menace à exécution, il s’exécute, en sort une sous les manteaux. Les secrets d’Etat en souffrent, car ils sont exhibés sur la place publique. Seck qualifie son «père spirituel» d’«ancien spermatozoïde et de futur cadavre». Une phrase alors perçue comme une insulte dans une société, où l’ancien mérite respect. Quelques jours plus tard, le rapport de l’IGE sur les Chantiers de Thiès est déclassifié pour mieux mettre à nu les contorsions financières faites par Idrissa Seck pour la réalisation de ses chantiers. Le volet politique s’invite à ce plan de mise à mort, car Idy et ses principaux lieutenants sont exclus du Pds pour «activités fractionnistes», le conseil municipal de Thiès est dissous sans respect des lois et des règlements en vigueur. On installe une structure temporaire à la mairie de la ville. On menace, on tergiverse. Va-t-on vers une révolution de palais ? Le mortel combat politique connaît une accalmie, on tempère, on se jauge celui qui cède le premier est perdu à jamais c’est le corps à corps. Wade cède le premier il n’a pas oublié sa phrase : «nos ennuis financiers sont terminés» publiée par Idy et jamais démentie par l’intéressé. Pour celui qui devait être en 2000 le troisième président de la république sénégalaise élu démocratiquement, c’est une honte. L’argent du Sénégal est à nous, on organise des négociations nocturnes à la prison. L’argent est le nerf de la guerre, on se passe des valises, des enveloppes, Idy tient bon, refuse de sortir de prison et pose ses conditions. Le père et le fils se connaissent bien. Lesquelles négociations aboutissent au «Protocole de Rebeuss» qui met à nu les dessous financiers de la brouille entre Wade et Idy.
Ce dernier recouvre la liberté après six mois de détention. Les termes de ce protocole seront connus des mois plus tard, après la Présidentielle de 2007. Devant la presse et tout le corps diplomatique, Wade brandit un document dans lequel Idrissa Seck s’engagerait à rembourser «les 40 milliards qu’il a planqués dans des comptes offshore». Non sans révéler : «Entre Idrissa Seck et moi, c’est un jeu d’échec à distance.» Autres déclarations alors faites par Me Wade pour annoncer la fin de la paternité, l’on retient : «Je ferai tout mon possible pour qu’il ne me succède pas.» Cela, après avoir assimilé Idy à un «serpent venimeux». Une question de survie politique dicte la nécessité d’union, de retrouvailles entre le fils rebelle et le père spirituel qui est prêt à tout pour rester au pouvoir. Pour cela il ne lésine pas sur les moyens et à tous les reniements. Karim est incapable, il faut le préparer d’avantage, il n’est pas encore mûr. Il faut le mariner encore. Au même moment le peuple sénégalais souffre on ne voit pas l’issue. Nos enfants naissent avec une dette colossale, les partis politiques amnésiques se battent, se déchirent, Wade cherche à réunir le peu qui lui reste. Idy, avec tous les 2000 délits de l’alternance en 2000, cloue le bec et rêve de pomper à nouveau les deniers du pays. Il faut oser, et ne plus être complice de cette politique qui gangrène ce pays depuis 2002. Devons nous accepter que des alliances se fondent et se disloquent sur notre dos ? Où sont les milliards planqués à l’étranger que Idy devaient rembourser ? Beaucoup de maux gangrènent aujourd’hui notre société, ceux-là mêmes qui avaient fait notre espoir en 2000, sont aujourd’hui les premiers à fouler du pied notre dignité, à piller nos maigres ressources, on ne nous guide pas sur le droit chemin, tout simplement on nous abuse, nous viole et nous détruit sous l’autel du libéralisme wadiste. Alors on lève la tête ou on la baisse ?
Amadou DIALLO « la voie/voix des jeunes » AUDIO: Quand Idy déconseillait Wade de ne pas faire un mandat de trop en 2007, vu son âge avancé. Aujourd'hui Il lui promet une victoire éclatante en 2012. Il écartait toute réconciliation politique avec Wade, il s'est réconcilié politiquement avec celui qu'il appelle, affectueusement, Maître
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