| Contribution: Que Vive le Monument de la Renaissance Africaine ! |
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Ces deux termes portent chacun de son côté la signification de l’autre, en fait, le sens de l'un contient le sens de l'autre : toutes les « statues » sont des « monuments » mais tous les « monuments » ne sont pas des « statues ». Une « statue » est donc un « monument » vertical, en général, figurative et représentant, la plupart des cas, un personnage important ; elle est élevée à sa gloire pour être adorée ou idolâtrée. Quant au «monument », c'est un mot qui peut s'appliquer à n'importe quel ouvrage taillé ou construit dans n'importe quel matériau et n’a aucune connotation religieuse particulière. Mais le gigantesque monument, en construction sur les rivages de l’Océan Atlantique, montre qu'en ces temps de mondialisation et de globalisation galopante, les quatre points cardinaux peuvent se chevaucher ou même se mélanger. Ce monument en construction, dédié à la Renaissance africaine, regarde à la fois vers l'ouest, l'est, le Nord et le Sud et produit un symbolisme sans frontière et sans état d’âme. Sénégalais pour l'idée, dédié aux africains, il est construit par une entreprise nord-coréenne, Mansudae Overseas Project Group, déjà auteur d'un écrasant monument dans « l'arpent des héros » en Namibie. Quant à l'inspiration, elle se situe entre le volontarisme de la Chine maoïste et certaines envolées de l'architecture soviétique, du temps où l'URSS mettait autant de soin à exalter ses propres héros qu'à honorer les pays dits « amis », dont certains étaient la plupart africains. « Le père, la mère et le fils », accrochés par son concepteur à cinquante mètres sur une colline des mamelles, qui surplombe les cimetières de Ouakam et la mosquée de la Divinité, sont raillés aux Etats-Unis d’Amérique, dont ils dépassent la Statue de la Liberté de quelques bons centimètres. A présent, c'est à de nouveaux amis que l'Afrique a affaire. "Vous aurez marqué l'Afrique par un travail colossal", a déclaré Abdoulaye Wade en s'adressant aux entrepreneurs nord-coréens, éperdus de bonheur en dégustant l'hommage, si rare pour qui vient du pays de Kim Jong-il. Colossal, le monument célébrant l'avènement de la période de renaissance de l'Afrique l'est bel et bien. A la fin des travaux, il représentera une famille de héros sculpturaux en bronze, d'une hauteur de 50 mètres, s'arrachant des entrailles de la terre pour se "diriger vers la lumière", juchés sur un immense socle qui hébergera aussi un hôtel cinq étoiles et des infrastructures liées au tourisme de masse. Le monument de la Renaissance africaine sera sans nul doute une nouvelle attraction pour le Sénégal. Comme la « statue de la liberté » indique à tout visiteur l’arrivée à New-York dans le nouveau monde, comme la tour Eiffel fait l’image de Paris, comme l’église de Yamoussoukro fait la fierté des ivoiriens ; le monument de la renaissance africaine indiquera à tout nouvel arrivant son arrivée en Afrique au pays de la téranga. Le symbole de poids voulu par le président Wade pour signifier l'entrée de l'Afrique dans une ère prometteuse est placé sous le signe de l'hybridation. Mélange des styles, financement complexe, message à compartiments témoignant de l'euphorie de la poussée en avant du continent lors de la dernière décennie. Pendant cette période, l'Afrique a enregistré plus de 6 % de croissance en moyenne, grâce à la flambée des prix des matières premières, des minerais au pétrole, mais aussi grâce à des réformes menées à bien et à l'intensification des échanges avec une partie de la planète, notamment asiatique, de plus en plus intéressée par cet ultime marché en friche. Depuis, la crise financière a frappé et les lendemains de la renaissance sont incertains, la croissance passant aux environs de 1% dans la plupart des pays africains. Mais face au monument de Dakar, il semble tôt pour s'affoler. Ce monument comme tant d’autres est le bienvenu en Afrique. Loin d’appartenir seulement au Sénégal qui en est l’instigateur, il appartient à toute l’Afrique qui doit s’ouvrir au monde en partant de ses principes fondamentaux et de ses valeurs longtemps mises aux oubliettes par les anciens colons. Pendant cette période faste, l'Afrique s'est ouverte au monde, sans distinction de points cardinaux, même si certains nouveaux amis orientaux se sont révélé avoir d'étranges manières de coopération. Des contrats léonins ont été signés, puis dénoncés. Des entreprises chinoises accueillies initialement avec des transports d'espoir ont mis la clé sous la porte au Congo sans prévenir, au premier fléchissement des cours du cuivre. Ailleurs, la population en est venue aux mains avec des contremaîtres ou des patrons d'Extrême-Orient. Mais, au final, tout le monde s'est habitué à voir ses routes, ses barrages, ses ponts et tout ce que peut contenir une maison, des sanitaires à la vaisselle, être "made in China". L'Afrique, au fond, ne demandait que deux choses à ses nouveaux partenaires. C'était à la fois de la faire rêver, en se souvenant qu'ils avaient été pauvres eux aussi, peu de temps auparavant. Et surtout de la dispenser des conseils et leçons, même mérités, que les amis d'hier, anciennes puissances coloniales ou simples pays partenaires, semblaient dispenser sans compter. « Nous ne voulons pas exporter nos propres valeurs et notre modèle de développement », insistait prudemment le premier ministre chinois Wen Jiabao lors d'une visite en Afrique du Sud en 2006. De toute évidence, l'intensification des échanges avec d’autres pays de l’Est ou pays développés n'a pas encore apporté la solution à tous les maux dont souffre notre continent. Au moment où la croissance africaine battait son plein, éclataient des émeutes de la faim, portées par la flambée des prix. Au Sénégal, où on commençait à édifier le monument de la Renaissance Africaine, le pouvoir a dû se résoudre à subventionner des denrées de base pour éviter de faire face à la colère des affamés et comme au Cameroun, des émeutes déclenchées par l'envolée des prix se sont terminées dans un bain de sang. Dans cette période incertaine, une femme est en train de devenir l'héroïne d'un continent. Dambisa Moyo est zambienne, belle, riche, formée à Harvard et à Oxford. Elle a fait l'essentiel de sa carrière dans une grande banque d'affaires. Elle s'emploie désormais à convaincre que l'aide au développement telle qu'on l'a pratiquée jusqu'ici est l'un des fléaux de l'Afrique, accusant les mille milliards versés au continent depuis les indépendances d'avoir finalement entretenu la passivité, la pauvreté, la gabegie et une foule d'autres effets pervers. Le débat est presque aussi ancien que l'aide elle-même. Mais Dambisa Moyo le renouvelle à sa façon, en proposant, de façon radicalement simple, d'en finir avec toute forme d'aide dans cinq ans. Cet engouement, cette volonté d’une femme talentueuse comme les nouvelles amitiés, survivra-t-il à la crise ? C’est à partir de toutes ces considérations qu’on peut se demander s’il était opportun de construire ce monument ? Au Sénégal, le monument de la Renaissance Africaine, a valu aux Imams du pays ses critiques : ils déclarent des choses qu’ils ne maîtrisent pas et ne prennent pas le soin de se renseigner. Après avoir décidé de centrer leur sermon sur l’antinomie de sa « statue » avec les enseignements de l’Islam, ceux-ci s’en prennent désormais aux khalifes généraux de confréries, dont ils dénoncent le silence coupable, à propos du monument de Wade. Ce dernier met également les guides confrériques dans une mauvaise posture, parce qu’il a installé la suspicion dans leur cercle : il a laissé entendre que ce sont quelques-uns parmi eux qui lui ont assuré que l’Islam est contre les statues qu’on idolâtre, mais n’est pas opposé à celles qu’on contemple pour leur beauté, qui en plus créent des devises et des emplois pour le pays. C’est dire que du fait du président, le ver est dans le fruit. Mais, les imams et khalifes généraux du Sénégal gagneraient à faire bloc contre le président Wade non pas à cause de ce monument mais qu’il reconnaît avoir été franc-maçon ; surtout qu’il a admis que « franc-maçon un jour, franc-maçon pour toujours ». Quoi qu’il en soit, il continue à fréquenter les Grands maîtres de cette secte, comme lors de sa dernière visite à Milan, deux jours après la pose de la première pierre de la mosquée mouride de Dakar. Les Francs-maçons avaient fait mal à l’Église, qu’ils ont infiltrée. La loge a assassiné des papes. Elle est également hostile à l’Islam, parce qu’entendant dominer le monde entier par le glaive, la pierre et l’argent. Il y a une certitude chez tous les Sénégalais, c’est que l’objectif du chef de l’état avec cette « statue » n’est pas qu’elle soit vénérée, mais il a réussi à détourner le vrai débat vers des sentiers malsains faussant irrémédiablement les termes de la discussion. Donc pour ma part nous ne pouvons aucunement parler d’idolâtrie ou de vénération divine à l’égard du monument. Par contre es-ce que toute forme de statue, de monument est proscrite dans l’islam, qu’elle soit à but décoratif, architectural, commémoratif ou lucratif ? Interrogation à laquelle je ne saurais répondre. Les islamologues pourront en débattre à leur guise. Je dois seulement rappeler que le Sénégal reste et demeure un état laïc et démocratique et non un état islamique même si il y a plus de 95% de musulmans. Pour des raisons purement objectives, ma contribution sera axée sur l’aspect économique de la « statue » qui en fait son objectif majeur. La statue de la « liberté » et la tour Eiffel sont de véritables industries pour les économies des USA et de la France même si au départ elles n’avaient aucune vocation économique ou commerciale. Elles drainent des millions de touristes et qui dit touristes parlent de forts pouvoirs d’achats et de consommation. Je voudrais que les coûts de la « statue » de la Renaissance Africaine ne soient pas considérés comme des dépenses mais plutôt comme des investissements. Une partie des problèmes de ce pays sont bien connus et il n’est pas besoin de refaire une nouvelle liste. Si nous tentons d’évaluer les coûts pour résoudre ces besoins nous nous rendrons compte que nous avons besoin des centaines et des centaines de milliards de nos pauvres francs CFA. Les fameux 8 ou 14 milliards, c’est selon, ne résoudront rien. Une goutte d’eau dans l’océan de besoins au Sénégal. Une règle assez simple dans les affaires nous dicte que la décision d’investir 100 au Sénégal pour un retour sur investissement de 200 n’est pas judicieuse si nous pouvons investir le même montant au Mali ou ailleurs pour un retour sur investissement de 500 ou plus. L’indicateur économique est : le Retour sur Investissement. Les 14 milliards ne peuvent pas et ne doivent pas être considérés comme une simple dépense de prestige. Non, c’est un investissement qui nous permettra de résoudre certains problèmes de chômage, de santé, d’éducation et autres besoins du pays avec le retour sur investissement que cela va générer. Je n’entrerais pas dans les détails car bien entendu, l’analyse est plus profonde car elle doit prendre en compte d’autres paramètres du genre : le nombre d’années pour amortir les coûts et la bonne gestion des éléments commerciaux, notamment le développement du tourisme au Sénégal qui souffre aujourd’hui de toutes les dérives. Ce que je voulais souligner c’est que dire que nous dépensons 14 milliards alors qu’il y a les inondations est une vision trop simpliste pour des personnes qui veulent prendre les rênes de ce pays. Poussons notre analyse plus loin et parlons un langage de vérité aux populations. Il est grand temps d’un grand débat économique au Sénégal ou chaque problème sera étudié dans son contexte pour définir clairement les objectifs qualitatifs et quantitatifs avec une mécanique sans ambigüité. Il est impératif pour ce genre d’opérations, de définir un budget pour ensuite évaluer la rentabilité de l’opération c'est-à-dire savoir élaborer des projets et les concrétiser. Ces objectifs devront être fixés à chacun des intervenants avec des dates butoirs pour qu’à la fin, le peuple sénégalais tranche du succès ou non d’une opération à portée économique et industrielle. Il me plaît à ce moment de rappeler l’appel de cheikh Anta Diop en réponse à une question posée lors d’un débat au Burkina Faso. Il disait ceci : « je crois que le mal que l'occupant nous a fait, n'est pas encore guéri. Voilà le fond du problème. L'aliénation culturelle finit par être partie intégrante de notre substance, de notre âme et quand on croit s'en être débarrassé, on ne l'a pas encore fait complètement. Toutes les questions que vous m'avez posées reviennent à une seule. Quand est ce que les blancs vous reconnaîtront-ils ? Parce que la vérité sonne blanche. Mais c'est dangereux ce que vous dites. Si réellement l'égalité intellectuelle est tangible, l'Afrique devrait sur des thèmes controversés tels que l'origine africaine de la première civilisation humaine, être capable d'accéder à sa vérité par sa propre investigation intellectuelle et se maintenir à cette vérité, jusqu'à ce que l'humanité sache que l'Afrique ne sera plus frustrée, que les idéologues perdront leur temps, parce qu'ils auront rencontré des intelligences égales qui peuvent leur tenir tête sur le plan de la recherche de la vérité. Mais vous êtes persuadés que pour qu'une vérité soit valable et objective, il faut qu'elle sonne blanche. Mais ça, c'est un repli de nôtre âme qu'il faut faire disparaître. Moi, si je n'étais pas intimement persuadé de la capacité de chaque race à mener sa destinée intellectuelle et culturelle, mais je serai déçu, que ferions nous dans le monde. S'il y avait réellement cette hiérarchisation intellectuelle, il faudrait nous attendre à notre disparition d'une manière ou d'une autre. Parce que le conflit, il est partout jusque dans nos relations internationales les plus feutrées. Nous menons et on mène contre nous le combat le plus violent, plus violent même que celui qui a conduit à la disparition de certaines espèces. Il faut justement que votre sagacité intellectuelle aille jusque là... Il n'y a qu'un seul salut, c'est la connaissance directe et aucune paresse ne pourra nous dispenser de cet effort... A formation égale, la vérité triomphe. Formez-vous, armez-vous de sciences jusqu'aux dents... et arrachez votre patrimoine culturel. Ou alors, traînez-moi dans la boue, si quand vous arrivez à cette connaissance directe vous découvrez que mes arguments sont inconsistants, c'est cela, mais il n'y a pas d'autre voie ». Le Monument de la Renaissance Africaine a le mérite de se poser en défenseur de la dignité africaine, sa renaissance, pour cela, il doit exister. Dommage qu’il n’est pas sous forme d’arc comme l’Arc de Triomphe ce qui normalement éviterait toute forme de polémique politico-religieuse et marquerait le passage de l’Afrique vers une nouvelle indépendance. Cette femme, cheveux aux vents, à moitié vêtue, seins bombés, ce bras pendant et ce doigt tendu, reflètent-ils vraiment le désir de l’Afrique de sortir des ténèbres? Résisteront-ils aux vents de l’Océan Atlantique ? Sont-ils conformes aux idéaux et aux combats des africains ? Ce monument devait être considéré comme une appartenance à toute l’Afrique, et chaque pays africain devait y apporter sa part de contribution. Dommage que Maître Wade a voulu y tirer ses 35% de subsides au bénéfice de sa propre famille ce que Mitterrand n’a pas fait avec le Musée du Louvre, ni l’Arche de la Défense en France. Il est temps d’affirmer à la suite d’autres que, l'Afrique doit arrêter de chercher sa propre reconnaissance dans le regard d'autrui. Elle doit se respecter, se pacifier, penser ses plaies, se réconcilier avec son passé et évoluer par elle-même avant que les plus objectifs de ses voisins la reconnaisse. Sinon elle ne récoltera que mépris ou le meilleur des cas, pitié et condescendance. Le temps passe, et avec lui les gens et des choses se renouvellent et émergent. Les changements sont à venir. Les générations montantes feront des grands sacrifices, parce qu'elles ne voudront pas vivre comme leurs parents. Les choses se feront certainement autrement qu'elles ne le sont aujourd'hui. L'Afrique doit d'abord gagner son combat interne afin que sa « vérité triomphe ». En ce qui concerne toujours le monument, je veux inviter les Sénégalais à réfléchir. S’ils veulent faire valoir l’idée selon laquelle nous sommes musulmans à 95 %, on ne doit pas avoir de statues ou de monuments au Sénégal, ils vont condamner tous les actes consistant à réaliser une œuvre d’art dans ce pays. Ce monument est une œuvre d’art, symbole de la lutte au seuil du panafricanisme. Il n’est pas un symbole destiné au culte. Son créateur veut que Dakar devienne un lieu de mémoire de la résistance et de la renaissance négro africaines. Il s’agit, en d’autres termes, de faire de cette ville une attraction mondiale où le mouvement noir pourrait se ressourcer et mieux se fédérer afin d’engager le combat final du 21ème siècle qui doit faire de l’Afrique la future puissance économique du monde. Donc, c’est clair que ce monument n’est rien d’autre qu’une œuvre d’art et non un lieu de culte. Les gens doivent éviter de créer l’amalgame. Ce monument, une fois de plus, veut polariser la conscience historique du peuple noir dans sa lutte pour la renaissance et pour une indépendance véritable. L’homme et la femme portent leur espoir sur l’enfant qui va porter notre projet de la renaissance africaine selon son concepteur. Il faut reconnaître que c’est le combat que mène la nouvelle génération africaine. A cause d’un déficit de communication depuis l’an 2000, la vision du président Wade est mal vue, c’est-à-dire difficilement perçue par les Sénégalais. Il faut reconnaître qu’il y a un problème de communication autour des grands projets de Wade. L’alternance a réussi à mettre en œuvre de bonnes initiatives pour développer ce pays. D’une manière objective, l’alternance a fait des choses qu’on peut qualifier de grandioses en 5 ans que d’aucuns ne sont pas parvenus à réaliser pendant 50 ans parce qu’ils n’avaient pas eu les mêmes opportunités financières et économiques du président Wade. Mais son échec se situe au niveau de la vulgarisation, de la communication, de la réalisation et de la gestion des projets. C’est là où l’alternance a montré sa faiblesse et son incapacité à résoudre les problèmes du Sénégal. Naturellement c’est à ce niveau aussi que les gens mènent une bataille sans merci pour montrer les incompétences et noyer toutes les réalisations. Cet ouvrage est « digne de l’Afrique », estime Monsieur Wade, ajoutant qu’il montre une « Afrique sortant des entrailles de la terre, quittant l’obscurantisme pour aller vers la lumière ». Les monuments contribuent à façonner l’identité des villes du monde. Ainsi, il est grand temps que Dakar soit identifiée par le Monument de la renaissance africaine. Et, le président Sénégalais ne le cache pas : « A l’instar de la statue de la Liberté aux Etats-Unis, l’Arc de Triomphe et la Tour Eiffel à Paris, je veux donner une certaine image de la Renaissance africaine, après six siècles de ténèbres nous allons vers la lumière ». « Si réellement, Wade veut léguer aux générations futures un site que demain nos enfants et les enfants des touristes pourront assimiler à Dakar, acceptons ce bijou qui, du rivage de la capitale sénégalaise, surplombera l’océan atlantique, avec un symbolisme qui fait référence à la libération de l’Afrique vis-à-vis de plusieurs siècles d’ignorance, d’intolérance et de racisme ». Mais, il en faudrait plus pour ramener dans les rangs, les détracteurs de ce projet à l’allure néostalinienne. Du contexte temporel au coût de réalisation en passant par le symbole même de cet ouvrage, nombre d’architectes et autres hommes politiques sénégalais lui récusent toute utilité. En effet, face à la crise économique qui traverse les pays du monde et particulièrement les plus pauvres, bon nombre de Sénégalais se sentent outragés par le budget de la construction de cet ouvrage. « C’est un gadget de mauvais goût, au moment où tout le monde tire le diable par la queue », s’insurge un Dakarois. Sur le plan politique, au député imam Mbaye Niang, qui s’est depuis le début opposé à cette initiative, vient s’ajouter Talla Sylla chef du parti Jëf-Jël. Pour ce dernier, la construction du monument de la renaissance africaine est immorale. « Rien n’est plus offensant que ce monument dit de la renaissance africaine, sans aucune originalité artistique, insultant la pudeur et les valeurs d’un peuple de croyants, agressant finalement le naturel d’un paysage, jadis, d’une majestueuse beauté », martèle Talla Sylla. Pis encore, selon des sources concordantes et certainement vérifiables, le monument de la Renaissance Africaine est immatriculé à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle « Oapi » au nom d’Abdoulaye Wade sous le numéro 02800 à la date du 12 décembre 2007. Par ailleurs, le Jëf-Jël estime que la dépense de montants faramineux destinée à édifier des « ouvrages impies » est inopportune du fait que les urgences se trouvent ailleurs. « Il est temps que nous arrêtions la boulimie foncière des ponts de l’alternance qui s’approprient en catimini et sans retenue, les terres de braves exploitants du monde rural », conclut-il. Est-il vraiment raisonnable de donner foi à l’appel des imams de Rufisque qui, comme les talibans ont dynamité les fameuses statues de Bamiyan, élément inestimable du patrimoine culturel de l’humanité, veulent la destruction du Monument ouakamois ? Ne sommes-nous pas capables de s’unir autour de l’essentiel sans discordances puériles et ridicules ? A vrai dire, nous pouvons affirmer que les sénégalais jouent tout simplement la partition de Wade qui, du haut de son piédestal du meilleur des sénégalais, en use et abuse. En conclusion, on peut affirmer que, comme tous les monuments, le monument de la Renaissance Africaine n’a pas échappé à toutes les oppositions qui, en fait, fondent son charme et sa particularité dans un pays nanti de tant de pesanteur et d’inquiétude. Sur bien des points le président Wade a bien failli à sa mission d’information et de clarté quant à l’édification et la gestion du monument. Il appartient maintenant à tout africain, à tout sénégalais de le prendre comme un bien supérieur et personnel au-delà des passions pour que vive le « Monument de la Renaissance Africaine.» Amadou DIALLO http://adiallo132009.blog4ever.com/
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