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babacar_tour__journaliste_investigateur___correspondant_permenant__paris_du_groupe_futur_mdias_au_sngal.jpgEmission: La Voix/voie des jeunes remercie Bacary Touré (Babacar Touré ou encore Kimi Kikiko) Journaliste-écrivain, investigateur et Correspondant permenant à Paris du groupe Futur Médias du Sénégal, tres sincerement d'avoir accepté de répondre à notre invitation...C’est toujours un honneur de l'avoir comme INVITE, parmi nous décideurs politiques, représentants de la société civile, intellectuels et académiques éminents, et étudiants, engagés dans l’étude de la construction du Senegal... Merci encore une fois aux auditeurs pour leur participation active...

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Voix/Voie des Jeunes: Une analyse de N'diawar Diop
ndiawardiop.jpg N'diawar Diop et son Staff recevaient Mandiaye Gaye, chroniqueur et farouche combattant  pour l’émancipation et la citoyenneté effective des Sénégalais.

Le patriotisme c’est aussi le travail Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

assemblee_nationale_les_deputes.gifSunuker.com: “Le patriote reconnaît ce que son pays lui a donné et continue de lui donner. Il lui rend l’honneur et le service qui lui sont dus, défendant et renforçant les valeurs qu’il représente, tout en partageant les nobles aspirations de tous les pays”. Nous vivons aujourd’hui une crise mondiale due à priori par le seul fait que la valeur travail est suppléée par l’argent facile. C’est cette raison fondamentale qui fait qu’aujourd’hui la finance internationale se tourne vers la finance islamique qui fait largement référence au financement par le travail, refusant toute forme de spéculation financière. L’homme africain en général, sénégalais en particulier considère le travail non pas comme un instrument de libération mais comme une contrainte. Quand on accepte que la patrie assure à l’individu les conditions indispensables à son développement intellectuel, moral, social et économique, il est obligatoire de lui rendre grâce. C’est pourquoi ce dernier doit d’abord reconnaître ce qu’il a reçu d’elle et continue de recevoir, pour être en mesure d’agir en toute justice vis-à-vis d’elle.

Au début, le patriotisme fait référence aux relations personnelles de chaque individu avec sa patrie. Ce n’est qu’ensuite que prennent tout leur sens la défense et la promotion des valeurs qu’elle représente face aux influences extérieures hostiles. Il est intéressant de savoir que comme Saint Thomas on peut inclure ce devoir de la personne envers sa patrie dans la vertu de piété, vertu qui régit également ses rapports avec ses parents et, par extension, avec sa famille au sens large. Il dit : “Après Dieu, les parents sont également principes de notre être et de notre gouvernement, puisqu’ils nous ont donné la vie et la patrie, dans laquelle nous avons été élevés. C’est pourquoi, après Dieu, c’est à nos parents et à la patrie que nous devons le plus”.

Le patriotisme implique, d’une part, de reconnaître les bienfaits de sa patrie. D’autre part, de lui rendre l’honneur et le service qui lui sont dû, en défendant et en promouvant les valeurs qu’elle représente. Par rapport à ce dernier aspect du patriotisme, on trouve l’un des vices qui peut le dénaturer. Il s’agit du cosmopolitisme, qui suppose l’indifférence pour ce qui touche à la patrie. En conséquence, l’individu finit par se désintéresser du bien commun et, simplement, chercher une satisfaction personnelle aux dépens des autres.

Le patriotisme fait référence au respect des autres pays et à l’amour à son propre pays. A ce sujet, on peut dire : “que les peuples cultivent avec magnanimité et loyauté l’amour de la patrie, mais sans étroitesse d’esprit,  de façon à rechercher le bien de toute l’humanité”. L’individu ne doit pas réduire ses devoirs en portant une attention exclusive à sa propre patrie. Ce serait faire preuve d’un nationalisme exagéré conduisant au mépris des autres, en parole et en action. La vie nationale doit être apolitique. “La vie nationale s’est transformée en principe de décomposition de la communauté des peuples lorsqu’on a commencé à l’utiliser comme un moyen pour des fins politiques, c’est-à-dire, lorsque le pouvoir central organisé en Etat a fait de la vie nationale la base de son expansion et de sa soif de domination. Pour cette raison, nous considérons la politique nationaliste comme un germe de rivalités et un foyer de discordes”.

Ainsi donc, le patriotisme compris comme vertu suppose le développement de la capacité intellectuelle d’agir avec justice en fonction de quelques valeurs morales reconnues et assimilées. Mais cette bonne habitude s’appuie sur une base affective susceptible de croître toute la vie. Le sentiment patriotique se forme à partir d’une disposition d’attirance pour le lieu de naissance dans les premières années de la vie, qui s’étend progressivement aux structures plus amples et plus complexes. A cet égard, le devoir des parents et des éducateurs consiste à faire en sorte que l’enfant apprenne quelles sont les valeurs spécifiques de son entourage immédiat. Qui ne garde aucun souvenir de quelques moments intenses de son enfance ? L’objectif consiste à obtenir des enfants qu’ils se sentent très liés à leur entourage immédiat et, sans perdre ce lien, qu’ils s’ouvrent aux valeurs communes à des secteurs géographiques plus vaste et à aimer le travail bien fait. Ceci montre l’importance de l’éducation des parents et des adultes dans toute patrie.

Peut-être trouvons-nous ici l’un des obstacles majeurs au développement du patriotisme aujourd’hui. Existe-t-il réellement des valeurs communes au niveau du pays, qui dirigent le destin de ses habitants, qui doivent être défendues et réclament la loyauté de ces derniers ?

Nous avons parlé de la nécessité d’un sentiment patriotique pour le développement de la vertu. Cependant, réduit à ce sentiment, le patriotisme serait sans efficacité et sans valeur. Il s’agit de partager des valeurs avec des concitoyens mus par la recherche d’une situation meilleure ou par la défense de biens acquis. Il est facile d’observer, en de nombreux pays, un patriotisme très développé en période de guerre, quand les individus s’efforcent de défendre leurs droits et leurs idéaux. Mais comment, en temps de paix, réussir à partager des valeurs communes dans une nation pluraliste ?

Le terme de “bien commun” englobe toutes les valeurs que l’on peut vivre au niveau national. Et ce “bien commun” demande à tous les membres de la société de travailler de façon responsable et efficace, de s’efforcer de faire régner la justice, la paix et le respect de leur pays, avec ses institutions, ses coutumes, son histoire et ses conquêtes. Au Sénégal, les confréries jouent et ont joué un rôle très imminent dans l’évolution culturelle du pays ; toutes ces confréries dans leur ensemble ont mis la valeur travail au sommet de l’évolution humaine et en ont fait une vertu cardinale pour un homme sain et croyant. Se détourner de cela entraînera sans nul doute une destruction du tissu social et une remise en cause de ces mêmes confréries religieuses.

Nous avons vu précédemment comment l’enfant peut apprendre de son pays à travers son histoire, sa langue, sa culture et son amour du travail ; et pour se sentir intégré dans un patrimoine commun cela suppose d’abord de le connaître, puis de savoir l’expliquer pour pouvoir le transmettre aux autres. D’autre part, on peut apprendre aux enfants à respecter l’ordre et la propreté de l’endroit où ils vivent, en évitant de jeter des papiers par terre ou d’écrire sur les murs, de travailler pour s’en sortir et réussir sa vie. Cela s’appelle communément faire acte de civisme et d’amour de soi, mais, si l’enfant admet qu’il a le devoir de s’intéresser au bien commun de tous, ce type de comportement peut être considéré comme faisant partie du patriotisme. Certains, grâce à la formation adéquate, arrivent à travailler au service de la défense de l’environnement, notamment dans la lutte contre la pollution. D’autres profitent de leur temps libre pour organiser des activités visant à protéger le bien public. Cela peut être également considéré comme du patriotisme si la personne se sent responsable de ce qui appartient à tous les membres de son pays. Et l’on peut ainsi se sentir fier des succès remportés par son pays ou, peut-être, prendre conscience de certaines de ses lacunes et tâcher de les combler. Une personne qui se plaint de son pays n’est pas un patriote. Un patriote peut se plaindre de certains problèmes mais il essayera en même temps d’y remédier.

Il faudrait en outre enseigner aux enfants les coutumes et institutions de toute la nation, car en consacrant trop de temps à l’étude de la région où ils vivent, ils pourraient perdre de vue ce qu’est leur pays dans sa totalité, et ce serait cultiver le patriotisme avec exclusivisme, en omettant de leur faire prendre conscience des besoins de tous leurs concitoyens sans exception. Il ne faut pas oublier que les enfants, comme les adultes, ont besoin d’accomplir régulièrement des actes qui leur permettent de se sentir membres d’une même patrie. N’est-ce pas un échec de voir des jeunes en pleine force physique et morale s’adonnaient au tourisme sexuel dans les plages de Sally ou de Ngor. Des adultes donnent-ils le bon exemple aux plus jeunes en ne respectant leur travail ? Combien de bureaux vides dans les administrations sénégalaises, où le responsable est parti faire ses propres affaires : « lidianti » laissant une veste ou un boubou pendant sur une chaise pour marquer sa présence. Ces gens ne respectent pas leur patrie et ne sont pas en mesure de contribuer personnellement à son bien.

Nous avons dit que le bien commun suppose que chacun travaille avec sens des responsabilités et œuvre pour une société plus juste où règne une paix propice à son développement. Dans la pratique, cela n’est pas si facile, car il semble que les gens soient divisés en factions, chacune cherchant son avantage aux dépens des autres. Une politique de revendication des droits tend à éparpiller plutôt qu’à unifier les efforts de la communauté. Il faudrait donc montrer aux enfants l’importance de contribuer personnellement au bien du pays. Nous avons, dans les chapitres précédents, vanté les mérites de la justice et du travail bien fait, sans parler de leurs rapports avec la vertu du patriotisme. Le travail des éducateurs, à cet égard, implique qu’ils devraient eux-mêmes remplir leurs devoirs à l’égard des autres, puis expliquer aux enfants la nécessité d’accomplir de tels efforts. Un pays ne peut atteindre un bon niveau économique que si chacun travaille en personne responsable, en pensant non seulement à ses droits légitimes, mais également à ses devoirs et au bien commun. Etre un bon musulman ou un bon chrétien c’est aimer son pays et on ne peut pas aimer son pays et refuser de travailler convenablement pour lui.

Notre pays, le Sénégal, doit être l'entreprise suprême dans le cadre de laquelle chacun de ses fils doit devenir l'instrument d'une vision créatrice, voué absolument et inconditionnellement à son progrès en participant à l'édification d'un environnement socio-éducatif vertueux, sûr et convenable avec une nouvelle mentalité, l’amour du travail. Nous tous, Sénégalais qui sommes témoins des temps modernes, sommes constamment confrontés à l'intempérance d'un climat politique négativement exacerbé par des médias amateurs. Nonobstant la manière dont nous avons choisi de nous définir, idéologiquement ou religieusement, nous devons admettre que, depuis notre accession à la souveraineté, nous avons toujours été la proie d'une bande de politiciens corrompus et égoïstes qui ont toujours considéré le pays comme une mine destinée à étancher leur soif de richesses ou un lieu de concrétisation de leurs rêves de gloire à travers l'exploitation de sa population, surtout rurale, à des fins électorales. Est-ce raisonnable pour le peuple sénégalais, trempé arbitrairement dans la misère totale à cause de politiciens véreux d’avoir à vivre plus de deux années une campagne électorale. Durant cette période la seule occupation est d’organiser des meetings, lieu de dépenses onéreuses et d’achats de voix, mettant le pays aux arrêts et sans travail productif.

Il est clair que nous sommes totalement dépendants, toute notre existence durant, de notre environnement social et que c'est cette relation même qui nous rend si vulnérables et pas uniquement sur le plan politique. La qualité ou la médiocrité de nos actions, aussi bien individuellement que collectivement, dépendent de notre rapport avec un environnement soit convenable soit insécurisant. Ceci est également clair : un patrimoine commun, constitué de terres léguées par nos braves ascendants, d'une constitution héritée de sages parents ou grands-parents et d'un passé glorieux, n'a pas encore pu garantir la prospérité à tous les Sénégalais.

Dans la société moderne, la division du travail et la spécialisation ne nous laissent d'autre choix que d'accepter parfois d'être dirigés par n'importe quel type de leaders, sans tenir compte de leurs compétences, de leur conception du progrès et de leur obédience politique ou religieuse. Il s'agit là d'une des composantes de la démocratie, ont-ils dit. Si ces individus, nos gouvernants, par leurs actions n'ont pas suscité le progrès -le vrai, cela s'entend, celui qui concourt à améliorer le quotidien des populations, nous avons certainement le droit de dénoncer leur subjugation devant le reste de la nation et le monde entier, sans recourir à aucun stratagème. De cette action dépendra très probablement notre salut ; et cette action ne requiert pourtant que du courage.

La vérité est qu'au Sénégal, la politique est devenue excessivement onéreuse, bureaucratique, corrompue et matérialiste. La raison pour laquelle les choses évoluent si lentement dans notre pays, en dépit de sa démocratie toute neuve, c'est que nos politiciens ont négligé les préceptes sacrés indispensables pour atteindre la performance, qui président à une plus grande créativité et existent dans le but spécifique d'accroître le bien-être des individus. L'arène politique de notre pays est obscure et turbulente comme n'importe quel esprit alerte pourrait en attester, alors que ce n'est pas ainsi que les choses auraient dû se dérouler. Le système politique était sensé dans sa totalité devenir un instrument de vision, un déclencheur de maturité et de croissance, de développement et de prospérité et, par dessus tout, un chemin devant mener à notre véritable indépendance.

Pour qu'une vision créatrice puisse se faire jour, notre patriotisme doit être en phase avec nos faits et gestes ainsi que nos propos dont sont quotidiennement témoins nos frères, sœurs et enfants. De façon pratique, nous devons, par une projection autocentrée, nous comporter individuellement positivement, lorsque nous sommes amenés à déterminer les raisons de nos succès ou de nos échecs dans le but d'améliorer ou de corriger nos actions en faveur de notre pays. Il s'agit là de la sagesse éclairée consistant à apprendre à nous connaître nous-mêmes. Le pouvoir de notre esprit à projeter des visions représentant la réalité réside plus particulièrement dans sa capacité à extrapoler, corréler et en principe, formuler une hypothèse et projeter des approximations concernant les actions à entreprendre pour notre propre progrès.

Dans ce cas, l'intégration externe et interne dont nous avons besoin requiert une confrontation incomparablement plus intense entre notre esprit et notre liberté. Cette forme de communion exige plus qu'une implication limitée à un simple dévouement pour le développement de notre pays par le truchement d'une voie que nous appelons "le patriotisme". La loyauté plutôt ! Qu'est-il donc advenu de cette valeur aujourd'hui ?

Le patriotisme est une vertu liée à l’amour du travail productif, tout travail mérite salaire en plus du développement économique apporté à sa patrie. Il symbolise l'amour généreux pour notre nation. Il dénote des attitudes protectrices et positives envers notre patrie et en implique d'autres, tel un sentiment de fierté face à ses réalisations et sa richesse culturelle, un désir de protéger son image et l'identification avec les autres membres de la communauté. Adopter une attitude positive digne de véritables patriotes Sénégalais, doit revenir à consentir au sacrifice de soi, impliquant que nous devons placer les intérêts supérieurs de la nation et l'intérêt commun des communautés qui la composent au-dessus du nôtre. Aujourd'hui, en ces temps difficiles et dangereux, ce sacrifice pourrait aller jusqu'à nous coûter notre propre vie. Dans ce contexte, notre patriotisme expliquerait la disparition apparente de l'instinct de survie, en ce sens que notre patrie représente, d'un point de vue éthique, notre valeur morale en elle-même.

Cependant, notre première corrélation du patriotisme à l'éthique est que nous avons encore plus de devoirs moraux envers les autres membres des communautés nationales, sans aucune forme de cosmopolitisme ou de clientélisme, comportements qui sont d'ailleurs souvent considérés comme contraires au patriotisme. Nous devons aimer le Sénégal, inconditionnellement, afin de préserver son intégrité, sa stabilité et ses valeurs. Si le Sénégal est aujourd'hui instable, cela procède uniquement de l'absence de patriotisme véritable. Les politiciens ont toujours considéré les vrais patriotes comme leurs ennemis jurés, ressentant toute manifestation d'affection pour la nation comme une menace à leur endroit.

Le Sénégal est actuellement le seul État encore stable d'Afrique occidentale. Aux yeux du reste du monde, il symbolise un modèle à émuler, en tant que premier pays africain en pleine mouvance démocratique. Cependant, ces politiciens sont malencontreusement en train de le dévier du chemin qui mène aux portes de notre réelle liberté à le détourner de la vertu travail qui fait que les nations dites « émergentes » sont celles qui ont fait du travail un idéal.

Amadou DIALLO « voix/voie des jeunes » http://adiallo132009.blog4ever.com/

REECOUTER L'EMISSION LA VOIX/VOIE DES JEUNES DU 22 NOV 2009: Théme: Le Patriotisme: Le patriotisme c’est aussi le travail. Il faut nous projeter au-delà de la nation, décrire sa crise actuelle et ce faisant reconnaître les formes sociales postnationales.




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