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babacar_tour__journaliste_investigateur___correspondant_permenant__paris_du_groupe_futur_mdias_au_sngal.jpgEmission: La Voix/voie des jeunes recevra ce Dimanche 14 Mars 2010 à partir 18GMT (1Pm New York, 19Hr à Paris) Bacary Touré (plus connu sous le nom de Babacar Touré ou encore Kimi Kikiko) Journaliste-écrivain, investigateur et Correspondant permenant à Paris du groupe Futur Médias du Sénégal. Venez nombreux participer à l'emission. Merci

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Voix/Voie des Jeunes: Une analyse de N'diawar Diop
ndiawardiop.jpg N'diawar Diop et son Staff recevaient Mandiaye Gaye, chroniqueur et farouche combattant  pour l’émancipation et la citoyenneté effective des Sénégalais.

Lettre au prochain président de la république sénégalaise, ou les dix commandements Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Sunuker.com: Monsieur Le Président de la République
abdoulaye_wade_sur_son_fauteuil.jpgEn ce jour historique vous êtes élu Président de la république du Sénégal, le quatrième après Senghor, Diouf et Wade. Vous êtes jeune et dynamique, vous héritez d’un pays qui a perdu tous ses repères, le régime de l’alternance qui avait nourri plein d’espoir en 2000, nous a fait vite déchanté. Le Sénégal a perdu son âme, ses vertus et sa gloire. 

Peu importe votre idéologie, votre dogme ou la stratégie utilisée pour arriver au pouvoir, j’espère tout simplement que vous avez mérité ce poste et des années durant vous avez fait le nécessaire pour y arriver avec un tel dévouement et un patriotisme libéré de tous soupçons. Le peuple sénégalais, démocratiquement vous a fait confiance en vous élisant, vous devez mériter cette confiance. Sachez une seule chose on peut trahir la confiance d’un peuple une fois mais pas plusieurs fois.
Monsieur le Président de la république, le Sénégal va mal, le peuple sénégalais souffre.

Je ne vous parlerai pas des Industries Chimiques du Sénégal, que Godart avait mis en délicatesse, de toutes les sociétés en faillite, de plus de 2000 affaires financières et politiques qui ont ébranlé notre tissu social. Je ne vous parlerai pas des manipulations de l’ancien président, des reniements de Idrissa Seck qui ont ébranlé et mis à genoux la dignité de notre pays. Je ne vous parlerai pas aussi de la perte des valeurs de notre peuple, de la Jeunesse oisive, sans repère, qui se déverse tous les matins des trains et des cars de transport dans les rues de Dakar pour former cette cohorte de marchands ambulants sans espoir, et même pas de notre athlétisme, de notre basket-ball, de notre Football en agonie au moment où la fédération, se cachant derrière la FIFA, tenait en otage l’Etat et le Ministre des Sports. Je ne vous parlerai pas de tout cela, ni de cette manne financière accumulée au cours de l’alternance, plus de 3000 milliards de francs CFA, autant que Diouf en 20 ans de règne, selon les documents de la Banque mondiale et des organismes d’aide au développement. Je ne vous rappellerai non plus de l’affaire « Séguragate » qui a fini de ternir notre image à l’étranger, remettant en cause la téranga sénégalaise qui a toujours fait notre marque de fabrique.

Dans tous ces dossiers on a développé des thèses et proposé des solutions et toujours les faits sont là, récurrents, le Sénégal est entré dans le marasme, le peuple entier en vous élisant, porte beaucoup d’espoir en vous. J’espère que vous êtes élu pour votre capacité à gérer, à prévenir et à proposer, mais non pas par le « diggâl » des responsables religieux, ni par l’achat des voix de toutes formes. Ces marabouts, autant ils ont donné une chance au Sénégal par leur capacité de mobilisation, de modérateur et de canalisateur en empêchant les dérives de violence ; cette force de persuasion a fait que le Sénégal n’a pas connu de vraies violences politiques comme la plupart des pays africains. J’espère que cette fois-ci ils ont laissé le peuple sénégalais au secret de l’isoloir choisir librement et démocratiquement ses responsables. Etre « fidèle » n’est pas suivre à la lettre ni à la baguette les bons vouloirs du guide religieux ni de quelqu’un d’autres.

Depuis un moment j’ai écrit des articles publiés par http://www.sunuker.com/ et dans mon blog http://adiallo132009.blog4ever.com pour attirer le régime précédent sur les problèmes du pays, aujourd’hui je voudrais m’adresser à travers cette missive, afin que nul n’en ignore et que demain l’on ne dise pas demain que personne n’avait vu venir le danger. Une nation toute entière a besoin de guide et vous confie son destin en portant sur votre personne beaucoup d’espoir, faut-il le rappeler. Votre tâche est immense par le nombre de personnes qui espèrent en vous. Dans des cas pareils il est beaucoup plus facile de décevoir. L’espoir de 2000 a été vite mis à la case « pertes et profits », le Sénégal a été la vache à lait d’un clan, d’un parti, d’une famille. Beaucoup de reniements, de trahison et de coups bas ont fini par mettre le pays au banc des pays africains les plus corrompus.

Monsieur le président de la République, souvenez-vous des combats du peuple sénégalais pour son indépendance, sa liberté, des combats des héros sénégalais pour la République, pour la Démocratie et pour les droits des individus et la Liberté. Souvenez-vous de ces sénégalais qui ont fait notre fierté à l’étranger. Le Sénégal est connu dans le monde entier non pas par le nombre de ses habitants, ni celui de sa richesse, mais par le travail de ses fils à l’étranger, secrétaire général ou directeur de tels ou tels autres organismes internationaux. La respectabilité de notre pays a été acquise par la valeur de sa matière grise et le patriotisme de ses fils qui ont su prendre leur responsabilité partout où ils se trouvent.

Monsieur le Président de la République, comme beaucoup de sénégalais, je suis très déçu par les orientations et les réalisations du régime de l’alternance. En 2000, j’avais nourri au même titre que le peuple sénégalais tout entier, beaucoup d’espoir quant à l’avenir du pays. Depuis 2002, après les quelques résultats positifs de l’alternance, le régime s’est rapidement trouvé enlisé dans les doctrines de parti, de politique politicienne. La présidence était devenue une histoire de clans, de famille, un nid d’abeilles. Le président était devenu un empereur au-dessus des lois, des valeurs de la république, seul l’argent comptait. Le travail n’avait plus de valeur on réussissait en faisant du « lidianté », reléguant le travail au second plan.  Quel métier noble que la politique quant on est responsable légitimement élu et digne de l’être ! Métier noble que la politique si on a des principes, des vertus et le respect de la parole donnée.

Aujourd’hui au moment de votre élection, ce qui frappe le plus, c’est la paupérisation du peuple, renforcée par l’augmentation des coûts des denrées de première nécessité, des coûts des loyers et de la Terre, des coûts exorbitants des services publics tels que la fourniture d’eau potable, les coupures incessantes de l’électricité, les services de santé, les coûts de carburant et de gaz etc. Vivre tout court devient difficile, sinon impossible pour une large couche de la population sénégalaise. Si on peut penser que la crise des années 2008 est mondiale, il n’en est rien pour ce qui concerne la vie quotidienne du Sénégalais, qui est la conséquence directe d’actions délibérées menées par le régime de l’alternance. Sans compter cet esprit d’argent facile mettant le pays entier dans une situation de corruption sans précédent, faisant qu’il est au 85ème rang des pays les plus corrompus du monde.

Votre mission est dure, mais louable, tout simplement difficile car vous avez hérité d’une situation calamiteuse mais qui peut se résoudre par la volonté et la foi des responsables. Oui nous pouvons. Ces options et changements nécessaires, je vais essayer de les citer au moins en dégager les plus importants, pour apporter ma modeste contribution à la manière de gérer et de redresser notre cher pays. Parmi lesquels je peux citer : la restauration des pouvoirs de l’Etat, le régime de l’alternance avait créé des agences autonomes partout où l’action gouvernementale possédait un budget de contrepartie qui devait en assurer le succès. Cette façon d’amputer l’administration des moyens financiers nécessaires à son action avait consacré les abus, les détournements et la corruption dans le secteur public. Ceci avait pu se faire car ces agences avaient été soustraites à la responsabilité régulière de l’administration générale entraînant une gestion à deux vitesses de l’économie du pays. L’octroi de l’autonomie juridique et financière des entités placées hors du contrôle et de la responsabilité de la tutelle gouvernementale avait permis de financer les activités partisanes des ministres du parti gouvernemental qui y puisaient leurs ressources de publicité, de propagande et de gestion des milices à sa guise ou des nervis à son seul service.

Il s’en suivait un déplacement du cadre des décisions stratégiques vers le palais où d’obscures personnalités se trouvaient investies de responsabilités occultes, notamment dans les domaines juteux tels que les Communications, l’Energie et les Mines, les ministères ne gérant que des portefeuilles vides, même si les ministres en charge continuaient de jouer le rôle de démarcheurs pour le chef de l’Etat ou ses conseillers délégués. Ainsi donc les appels d’offre ne sont plus qu’une fumée pour légaliser une pratique. On ne gagne plus des chantiers car on a le meilleur dossier mais tout simplement vous avez une meilleure capacité  de passer des dessous de table. On se désole de voir qu’un chantier de 7 milliards finis par coûter le double aux contribuables sénégalais.

L’instabilité gouvernementale qui a prévalu au Sénégal est le résultat de cet état de fait. Le ministre une fois nommé, voyait ses prérogatives amputées par des conseillers ou des hommes de l’ombre qui imposaient leur volonté. Alors soit vous jouez le jeu ou les visiteurs du dimanche vous faisaient virer, ainsi la gestion gouvernementale n’était que dédales de tâtonnements, de décisions et de contre-décisions. Cette manière de faire, de gérer avait créé dans le secteur public, un secteur informel où la responsabilité était diluée et masquée. Tout cela avec comme objectifs, le développement de l’affairisme d’Etat au profit de personnes sélectionnées tapies sous l’ombre tutélaire des plus hautes autorités. Des secteurs parapublics stratégiques ont été mis à genoux pour créer les conditions d’une spoliation programmée au profit d’intérêts personnels.

Il y avait des négociations pas clairement définies pour l’octroi de licences dans le domaine des télécommunications, de l’énergie et des mines comme Sudatel, Mittal…et aujourd’hui phosphates de Matam et Sentel, et, demain les hydrocarbures. Le plus souvent ces actions s’accompagnaient de contentieux où le tort de l’Etat sénégalais apparaissait comme évident entrainant des condamnations pécuniaires au préjudice du contribuable sénégalais. Tout un ensemble de travaux étaient exécutés dans des conditions et à des coûts hors normes mettant en doute la pertinence des choix d’investissement et la régularité des procédures, sans parler des pertes financières énormes que le trésor public avait subi à l’occasion exemple de  l’ANOCI, des Chantiers de Thiès, des marchés de gré à gré, etc.

L’exemple le plus cynique et le plus pathétique était constitué par l’attribution du transport des pèlerins sénégalais aux lieux saints de l’islam à ZAM-ZAM, un obscur GIE sorti de nulle part ; cette structure, dont les promoteurs étaient signalés dans l’entourage immédiat du Président a été désignée sans appel d’offres au détriment d’Air Sénégal International à qui l’Etat avait pourtant octroyé en la matière une concession de dix ans. Mais le scandale résidait dans le fait que l’Etat ait cautionné et agréé l’utilisation de vieux DC10, récupérés de la casse pour les besoins de la cause. Encore une fois le régime libéral pour enrichir un de ses membres a mis en péril la vie de plus de cinq mille de nos compatriotes sans état d’âme. Cette opération est en soi un crime, que le peuple impuissant a condamné avec la plus grande rancune.

Monsieur le président de la république, le plus grave est peut être cette façon cavalière d’adapter en permanence la Loi et la Constitution au bénéfice et aux intérêts exclusifs du Parti et de son chef. La démocratie avait été violée depuis plus de six ans et sa mort annoncée par le désir pour un chef de vouloir rester à vie au pouvoir ou de passer le flambeau à son fils et ceci en modifiant à l’emporte pièce la constitution sénégalaise et les règles qui dictent la conduite du pays et de ses institutions. La sécurité du pays a été mise en danger plusieurs fois, parce que tout simplement, celui que vous avez battu à persister à mettre son fils au pouvoir. Alors que celui-ci n’avait rien qui le prédestinait à cette charge suprême ; il n’en a ni le charisme, ni la compétence.

Tous les dossiers dont il s’est personnellement occupé sont des scandales juridico financiers ficelés aux antipodes de l’intérêt national : DISEZ, Terminal portuaire de Dakar, AIBD, ANOCI, ICS, les problèmes des hydrocarbures et de la SAR, les licences de téléphonie mobile etc. et tout le monde a été choqué par ses tractations avec Nicolas Sarkozy concernant l’installation d’une usine nucléaire au Sénégal, comme si le pays était un patrimoine de sa famille. On avait voulu nous mettre sous le régime de la monarchie soit un retour en arrière de plusieurs années. Dans toutes ses affaires avec Dubaï ou avec le Maroc et les autres pays arabes où il a été introduit par son père il n’avait fait qu’hypothéquer nos terres et l’avenir de nos propres enfants pour des périodes allant de 25 à 50 ans. Les laudateurs, magouilleurs et autres gens de peu d’importance qui grouillaient autour de lui ont voulu tout simplement se construire un avenir que leur valeur personnelle ne leur permettait pas d’envisager mirobolant. Cette idée d’arrivistes est un poison mortel qu’il faut abandonner dés maintenant pour ne pas vous aussi sortir de l’histoire du peuple sénégalais. La gestion du Sénégal était basée sur le profit direct et la récompense à la famille du seul président de la république ou de ses ouilles.

Le Président nommait un gouvernement pléthorique d’une façon épisodique dont la durée ne dépassait guère une année et désignait des dizaines de conseillers inutiles qui ne faisaient qu’augmenter les charges de l’Etat par leurs salaires et l’aménagement de leur nouveau standing. Même lorsqu’ils sont limogés ces privilégiés du régime impunément conservaient tous leurs avantages tout cela aux dépens du peuple sénégalais. Dans les collectivités locales, sont désignés des maires militants très actifs, qui utilisaient les budgets de leurs communes pour distribuer des salaires, des bourses et des secours à tous les militants de leur terroir sans oublier de se servir et, à l’occasion des fêtes ; les services de la Présidence distribuaient aux responsables politiques, des femmes des secteurs du parti, aux chefs de quartier, à certains imams et marabouts, des sommes importantes d’argent grevées dans le budget de l’Etat, des collectivités locales ou des soi-disant fonds politiques.

L’entourage du président de la république disposait des biens des agences et des sociétés nationales pour financer les activités de promotion sociale au bénéfice du Parti comme les billets de la Mecque, les manifestations et réunions publiques présidées par le président, les insertions dans les journaux et revues étrangers faisant les éloges du président et de son régime. Les ministres de la république, en dehors des budgets de leur département, vivaient surtout sur le dos des agences et des sociétés dont elles avaient la tutelle, le tout au nom d’un parti et du président de la république. Le responsable, qui refusait de participer ou de jouer le jeu, perdait son fauteuil sans explication aucune.

Toute la Nomenklatura du parti au pouvoir étalait aux yeux des populations pauvres leurs villas de grand standing, leurs voitures luxueuses et leurs richesses acquises si rapidement par des personnes qui souvent tiraient le diable par la queue au mépris du peuple souverain. En mettant en avant l’argent dans toutes vos actions, on avait tué dans l’œuf toutes les nobles motivations et idéaux qui faisaient agir nos cadres et nos professionnels. Dans l’administration on avait violé les règles de gestions catégorielles et indiciaires en introduisant pour certains agents que l’on voulait gagner ou mettre sous la poche, des indemnités parfois supérieures à leur salaire nominal, créant ainsi des frustrations chez d’autres qui étaient au même niveau dans d’autres corps de fonctionnaires. On accordait des contrats spéciaux qui faisaient fi des diplômes et des postes occupés et qui ne servaient qu’à fidéliser des militants zélés, parfois très limités intellectuellement, malgré de flamboyants CV préfabriqués. C’est superflu que Karim Wade pour se faire une personnalité demande des CV au niveau de l’aéroport car il sait que c’est de la bonne préfabrication. Aucun corps de l’Etat n’est épargné par cette pagaille coûteuse, même les collectivités décentralisées dont les fonctions étaient presque gratuites et qui ne présupposaient à la limite que des remboursements de frais.

En alourdissant de manière inconsidérée les masses salariales des agences et établissements publics à autonomie financière concédée, on avait mis en danger leur équilibre financier et compromis l’acquisition des moyens de production nécessaires à l’exécution correcte de leur mission. Pas d’investissement pour le renouvellement des matériels et des équipements et pas de maintenance, donc pas de résultats probants dans l’exploitation des services. Mais les domaines où la carence libérale s’est le plus manifestée sont l’Education et la Santé qui avaient cependant englouti plus du tiers réel du budget national. Dans le domaine aussi important que celui de l’Education, les initiatives démagogiques prises en multipliant la création d’établissements scolaires de tous niveaux, dans toutes les régions n’avaient servi qu’à octroyer des marchés de construction à des militants généreux parce que la fonctionnalité de ces établissements n’avait jamais été réalisée, souvent par manque d’équipements et surtout de personnels.

En encourageant sans contrôle la prolifération des établissements scolaires privés, on avait contribué grandement à la dégradation de la qualité de l’enseignement au Sénégal. Pire, dans les universités s’était développé un secteur privé très lucratif qui vivait en appendice du système public dans lequel il puisait la plus importante part de ses moyens humains et de ses infrastructures et équipements. En définitive ce sont les professionnels de l’Education Nationale qui se sont enrichis au détriment du système scolaire et de la qualité de l’enseignement. Les secteurs primaires et secondaires qui ont le moins bénéficié de cette évolution se révoltent et réclament leur part du gâteau même si au niveau secondaire les professionnels ont depuis plusieurs années mangé dans les râteliers du public et du privé en même temps.

Ces dysfonctionnements introduits dans le domaine de l’Education Nationale sont aujourd’hui une source sérieuse de conflits et de perturbation dont la victime principale est la population la plus démunie, dont l’enfant, soumis dans le primaire au cycle dévastateur du « double flux », ne peut espérer poursuivre ses études dans le secondaire, pris en otage par des professionnels peu qualifiés, triés dans le volet et un enseignement de mauvaise qualité. Les taux de passage dans les différents cycles sont si étroits que le petit sénégalais n’a qu’une chance infime à sa naissance de devenir bachelier et de faire des études « diplômantes ». Rien que des sornettes et des gesticulations politiciennes dans toutes les démarches du gouvernement où il n’y a aucune politique bien cernée dans aucun des domaines qu’il pilote. Or le monde a beaucoup changé et le Sénégal doit refaire ses assises de l’Education ou alors tirer partie des résultats des assisses nationales dans ce domaine. Les cycles primaires et secondaires sont nécessaires à l’éclosion de tout esprit normatif et ils doivent être obligatoires pour tout sénégalais de sept à dix huit ans. L’enseignement supérieur doit être analysé à travers les missions qui lui sont assignées pour le développement économique et social.

L’université a un rôle qui doit être défini, à côté des autres établissements d’enseignement supérieur à caractère technique, scientifique et professionnel. Le Sénégal n’ayant pas développé le label « Grandes Ecoles » comme pourvoyeur de cadres spécialisés, doit réfléchir avec une grande acuité sur le type de structures universitaires à mettre en œuvre et leur mission dans le système global d’acquisition de connaissances et de formation des hommes. Le mandarinat et le règne des maîtres tout - puissants dans le système universitaire doit faire place à la création de pôles d’excellence et de recherche pour apporter des solutions aux vrais problèmes du pays dans tous les domaines de développement. Il est regrettable que les mécanismes d’exécution du PDEF n‘aient pas introduit la prééminence des autorités de la Décentralisation sur les professionnels du système académique car les fonds des bailleurs auraient été mieux utilisés et mieux partagés entre secteurs.

Dans le domaine de la santé publique l’échec vient de la prise en otage du système par les professionnels. Le système de santé sénégalais n’est pas homogène et n’est pas structuré pour répondre aux différents besoins de la population. L’organisation pyramidale du système est logique lorsqu’on pense niveau de soins, primaire, secondaire et tertiaire, mais il y a un hiatus dans l’intégration des différents niveaux où la seule définition de la référence et de la contre référence ne suffit pas à constituer le liant. Il y a des contradictions flagrantes entre le centralisme d’Etat de la pratique vécue où le ministère de la santé et ses organes déconcentrés détiennent tous les pouvoirs financiers et réglementaires, et l’esprit des réformes de 1996 et 1998 sur la régionalisation et l’autonomie des hôpitaux transférant les responsabilités de gestion aux collectivités locales et aux établissements publics de santé dans tout le système.

Dans les hôpitaux et dans les comités de santé des districts sanitaires où les politiciens ont des pouvoirs de décisions, les recrutements se sont multipliés, avec un personnel non qualifié et pléthorique, et à l’opposé un déficit de personnels qualifiés et techniquement opérationnels. La création de multiples primes au profit du personnel qui ne tient compte ni de la vraie qualification ni de la performance a grevé les budgets des formations sanitaires, au détriment de l’investissement et des dépenses de fonctionnement nécessaires au succès de l’exploitation. Les salaires des personnels absorbent plus de la totalité des recettes internes et grignotent le quart des subventions d’Etat. Dans les districts sanitaires les médecins sont financés par le biais d’opérations directes avec le Ministère de la Santé, tandis que les fonds de dotation devant servir au fonctionnement des structures et relevant des collectivités locales stagnent ou sont encore détournés de leurs objectifs. Les comités de Santé encore autonomes capturent et détournent les recettes issues de la participation des populations.

Dans tous les cas les réformes de 1998 sur l’autonomie des hôpitaux n’ont pas été conduites à leur terme puisque la partie la plus importante de l’autonomie financière n’a pas été définie. En effet, le budget constitue la base de l’activité financière et sa définition entre le Ministère de l’économie et des finances, le Ministère de la Santé et la structure dotée d’autonomie était un préalable. Or dans le cadre actuel lorsque l’Hôpital définit son budget et que le Ministère de la Santé l’approuve, le Ministère des finances ne définit aucune règle spécifique pour son exécution alors qu’il s’agit d’une autonomie concédée. Il n’y a eu aucune différence technique dans l’exécution des budgets entre le système des services administratifs d’avant 1998 et l’autonomie concédée par la réforme hospitalière. Aussi longtemps que les règles budgétaires des hôpitaux autonomes ne sont pas définies et encadrées par le Ministère des finances, les dérives de gestion observées dans les hôpitaux perdureront et les dysfonctionnements finiront par paralyser tout le système hospitalier. Si on ajoute à cela les initiatives de subventions telles que le Plan Sésame, on comprend aisément pourquoi les hôpitaux croulent sous le poids d’une dette insurmontable.

L’inefficacité des services de santé n’est pas simplement la conséquence du désastre financier lié à la mauvaise utilisation des ressources mais aussi et surtout à une absence de politique des Ressources humaines. Depuis toujours les personnels de santé étaient formés par l’Université de Dakar, tant au niveau des médecins qu’à celui des paramédicaux ; l’école nationale des sages femmes d’état et l’école nationale des infirmiers d’état étaient supervisées par les professeurs responsables de certains départements hospitalo-universitaires de l’Hôpital Aristide le Dantec. Il y avait une sorte d’adéquation entre les besoins du CHU et la formation des agents. Puis avec la création de l’ENDSS et la multiplication des formations sanitaires dans le pays, l’on a cherché à harmoniser les curricula des écoles publiques de santé, sans se soucier des besoins réels de la population générale. Les déficits donc se sont accumulés par rapport à la norme de couverture puisque les effectifs d’élèves se sont rétrécis faute de budgets adéquats.

Malheureusement l’autonomie des hôpitaux et des comités de santé a permis d’encourager le recrutement de personnels peu qualifiés issus des écoles privées de santé qui se sont multipliées avec cette demande accrue de personnels, sans que l’Etat ait pris le soin de veiller à la qualité des formations dispensées. Il faut regretter qu’on n’ait pas tenu compte suffisamment de l’initiative de création des centres de formation régionaux. Cependant, pour être honnête et éviter de tomber dans le piège de la critique politique politicienne, il faut reconnaître que le principal responsable des déboires des services de santé est le mode de financement du système. Les budgets sont alloués par l’Etat aux formations sanitaires pour produire leurs services, sans qu’il y ait un lien entre les sommes allouées et les services fournis. Les populations continuent de payer une partie des services à des coûts qu’elles ne peuvent pas toujours supporter, sans qu’elles obtiennent d’ailleurs des services de qualité. Ce qui manque au Sénégal c’est donc un financement régulier portant sur chaque personne traitée, qu’importe celui qui prend en charge les frais. La meilleure solution dans cette optique est la mise en place d’un système d’assurance maladie universelle où des mécanismes de solidarité sont mis en place pour que chaque citoyen qui en a besoin puisse bénéficier de soins de santé de qualité.

Depuis des années, des experts sénégalais ont conçu un système mutualiste d’assurance maladie où l’Etat mettrait sa contribution sur la tête de chaque citoyen au lieu de financer l’offre de soins en allouant des budgets aux formations sanitaires sans discernement. Mais aucun gouvernement ne s’est engagé sur la voie de sa réalisation contrairement à des pays comme le Ghana et le Rwanda et bientôt l’Ethiopie, qui bénéficient de l’assistance de l’USAID et de ces cadres Sénégalais. On ne peut qu’être scandalisé de voir que le gouvernement a préféré en 2009 prévoir dans le budget du Ministère de la famille une enveloppe plus que substantielle de plus de quatre milliards destinés, en année électorale, à lutter contre la pauvreté par le financement direct et ciblé d’une partie de la population, alors que celui-ci avait défini et fait valider par les bailleurs sa stratégie d’extension de l’assurance maladie qui n’attendait que la prise en charge par l’Etat. Tout le monde sait qu’un peuple mal soigné n’a pas d’avenir, c’est la raison pour laquelle Mr Obama s’est battu comme un beau diable pour la sécurité sociale universelle aux USA.

Voilà deux domaines où s’était pourtant investie l’ex première dame du Sénégal, dans lesquels l’Etat libéral a beaucoup détruit, mais a très peu construit. Des domaines prioritaires où les bailleurs ont tellement mis de ressources mais malheureusement où tout a été fait pour détourner les fonds vers des objectifs politiciens. Un exemple parmi tant d’autres qui enfoncent le pays dans une profonde crise politique, économique et sociale. Le résultat de la gestion des affaires par l’alternance a installé dans le pays un malaise profond de divisions, de querelles, de clans, de frustrations, parmi les partis politiques, parmi les catégories professionnelles, entre les régions, les départements, les communautés rurales. Des violences naissent avec des marches interdites ou matées, des manifestations justifiées ou injustifiées avec la création de groupes de pression et de nouveaux foyers de conflits. Il n’y a plus de référence en dehors de l’argent ; même les marabouts sont achetés, amadoués et détournés de leur mission première de diriger le peuple sur LA VOIE DROITE et de défendre ses intérêts.

L’exemple le plus frappant de l’attitude condamnable des pouvoirs publics est celui des marchands ambulants : des jeunes et des moins jeunes prennent en otage les populations de Dakar en s’installant anarchiquement dans toutes les rues de la ville, bouchant les carrefours et portant un préjudice grave aux commerçants installés et à la sécurité de la circulation urbaine. Un jour quelques centaines de marchands à la sauvette sont dégagés de la rue sur instruction du chef de l’Etat. Le lendemain quelques pneus sont brûlés ça et là par quelques dizaines de jeunes, le gouvernement s’affole et recule et dés lors, des dizaines de milliers de jeunes deviennent « marchands ambulants ». Le laxisme de l’Etat a encouragé la naissance et le développement de bandes d’agresseurs et les meurtres se multiplient dans la région de Dakar. Malgré les travaux réalisés un peu partout, la circulation est toujours gênée à Colobane, aux alentours des marchés et dans certains quartiers où les marchands ambulants squattent les ronds-points. Par contre on tabasse facilement des « marcheurs pacifiques » ou des journalistes consciencieux et on ferme les yeux sur la casse des maisons d’édition de journaux privés dont le seul tort a été d’informer juste le peuple sénégalais.

Cette reculade de l’Etat dans une affaire où il défendait une cause juste est un appel à la résistance par la violence ou au chantage, tous faits qui peuvent engendrer des dérives néfastes. Aujourd’hui le Sénégal a beaucoup reculé et a perdu des places importantes dans le domaine de la démocratie. Enfin, le manque de dialogue politique et le peu de soucis que le pouvoir manifeste au désarroi de la population qui a faim et qui se « noie » sous les eaux, font le lit d’un mécontentement généralisé que l’on essaie de vous cacher en ne vous présentant que des militants recrutés à coup de millions, souriants et joyeux. Comment arrêter la liste de frustrations sans parler de ce goût irraisonné de la terre que la tribu libérale réserve aux opérations foncières réalisées souvent au détriment des plus démunis et au profit du régime libéral et de ses affidés. Le comble est atteint par la fameuse GOANA qui livre les terres disponibles à la Nomenklatura libérale : ministres, députés et sénateurs à qui on a distribué semences, engrais et matériels agricoles gratuitement. Alors que le Sénégal agricole de Wade se profile en « latifundia », les paysans du Cayor, du Baol, du Sine et du Saloum quittent leur terroir pour envahir les villes, surtout la zone dakaroise, à la recherche de la survie. Ce n’est pas parce qu’il a bien plu qu’il faille dire que la GOANA est une réussite. Sa réussite, dans sa forme actuelle consacrerait la mort du Sénégal des profondeurs et le début du cataclysme urbain et du chaos. Nos villes envahies par des jeunes sans emploi et sans avenir, ce serait le début d’une violente catastrophe sociale. Les responsables libéraux n’ont pas hésité l’année suivante de revendre matériels et terres avec des plus values importantes au préjudice des populations paysannes.

On avait réquisitionné les medias d’Etat considérés comme des moyens de propagande au seul profit de la classe au pouvoir. Cette utilisation immodérée de la télévision nationale avait saturé l’image du président de la république et de ses acolytes et nombre de sénégalais n’hésitent pas à zapper systématiquement la RTS pour éviter la pollution médiatique outrageante du pouvoir. Votre conseiller en Communication doit être très doué en psychologie sénégalaise où, le chef d’état doit se montrer discret et rare pour susciter le respect de la population.

Monsieur le président de la république, si j’ai été un peu dur dans mon langage vis-à-vis de votre prédécesseur c’est uniquement par dépit, tellement je mesure ce qu’il aurait pu faire avec des hommes lucides et engagés uniquement au profit de la Nation, tellement il avait mobilisé derrière lui tout un peuple plein d’espoir. Je veux appeler votre attention sur la situation dangereuse dans laquelle nous évoluons après la mal gouvernance de votre prédécesseur et qui nécessite un dialogue national. Aujourd’hui tout le monde reconnaît que vous êtes le président légitime de tous les sénégalais jusqu’à la fin de votre mandat et rien ne peut se faire légitimement sans vous.

Vous avez promis pendant la campagne électorale de redresser le Sénégal et après votre mandat de le laisser entre des « mains sûres », je peux vous assurer que celles là, ne sont ni au pari majoritaire non structuré, ni à la création des structures de soutien au président, encore moins chez les personnes issues de combinaisons politiciennes ou idéologiques. Ce qu’on appelle «idéologies» n’est que l’exploitation des opportunités publiques au profit d’intérêts individuels purement égoïstes. Vous ne faites pas l’apologie du mérite de l’individu par l’imagination, l’entreprenariat et le travail mais bien plus l’encouragement de la médiocrité et de la magouille. Si vous nous laissez cet héritage, vous transformeriez le Sénégal en une jungle où les prédateurs de votre parti et ses alliés installeraient le vol, l’injustice et la violence comme mode de gouvernement. Et au bout du compte, le syndrome ivoirien y développerait ses maux avec d’autant plus d’ampleur que vos partisans aujourd’hui riches à milliards n’hésiteraient pas à utiliser tous les moyens pour demeurer et survivre à la tête de l’Etat. Vous laisseriez à la postérité l’Image d’un démocrate aveuglé par le pouvoir dont toute la vie n’a été qu’un mirage et un rêve poursuivis à pas pressés, sans réflexion ni discernement et qui l’a conclue en parfait despote.

Au nom de ce Pays que vous dites aimer, au nom de l’Histoire, je vous demande de le sortir de sa médiocrité. Depuis des années on n’a trompé les sénégalais, en les poussant sur le chemin de l’argent facile, chemin qu’il n’avait jamais choisi. Il ne faut pas croire que la meilleure manière de rester au pouvoir est d’acheter les gens, ayant constaté que le Sénégalais aimait l’argent facile. Ne videz pas les caisses du Trésor pour entretenir une cour stérile et ne cédez pas aux amours intéressées qu’on vous manifeste. Le Sénégal a pâti de cette anomalie et vous devez avoir des réflexes pour votre peuple à tout moment et non pas que dans des moments de lucidité, et même dans ces moments les plans que vous préconisez doivent être bien élaborés pour être bien exécutés. Ces plans ne doivent pas être juste énoncés pour juguler une crise et permettre encore à quelques privilégiés du régime de s’enrichir encore et encore. Regardez autour de vous Monsieur le président de la république, un peu au-delà de votre entourage immédiat et montrez-nous que vous êtes en réalité, cet homme généreux, imaginatif, démocrate et bon. Aidez le Sénégal à survivre et à prospérer.

professeur_amadou_diallo_vdj.jpgN’écoutez pas et ne suivez pas les envolées guerrières de certains de vos collaborateurs ou de quelconque d’autre, suivez votre destin et ayez foi en vous en sortant notre pays de la mauvaise pente. Il y a des impératifs urgents qu’il faut régler parmi lesquels on peut citer :
1. Surmonter la crise budgétaire que traverse le Sénégal qui souffre d’un grand déficit des finances publiques gérées jusque là par une politique patrimoniale ; réduire le train de vie de l’Etat en réduisant les charges de complaisance et les libéralités au lieu de continuer comme le Budget général de 2009 l’a indiqué à creuser les déficits colossaux et les dérives budgétaires du Sénégal.
2. Remettre la machine économique en marche en payant la dette intérieure et en résolvant les problèmes liés aux facteurs de production tels que l’énergie et le facteur humain, les communications et les transports. L’économie d’un pays ne peut se développer qu’avec des infrastructures adéquates et suffisantes.
3. Agir sur les établissements bancaires pour leur participation au financement de l’économie, de façon effective en leur apportant les garanties nécessaires pour limiter leurs risques d’action.
4. Réunir les partis politiques et la société civile active pour surmonter tous les conflits politiques, dans une communion nationale. Les partis politiques forment l’ossature et la vivacité de la démocratie, mais trop de partis tuent la démocratie. Il faut limiter leur création en les responsabilisant d’avantage en faisant que la politique ne soit pas un métier :
- Tous les partis politiques qui n’ont pas réuni plus de 10% du suffrage universel, ne pourront nullement obtenir aucun financement public ;
- Seuls les candidats qui pourront garantir une caution de 10 millions de Francs CFA seront éligibles à la candidature présidentielle ; 
- Réviser le fichier électoral pour des élections claires, transparentes et démocratiques,
5. Elaborer une nouvelle constitution pour éviter dans l’avenir les tripatouillages et les coups de force d’une majorité parlementaire inconsciente, ou la tyrannie d’un despote. Notre constitution actuelle élaborée sur la base du modèle de la cinquième république française ne reflète en rien nos réalités socioculturelles.
- Mettre en place un calendrier électoral républicain et démocratique qui permet au peuple de s’intéresser à la vie politique du pays.
- Trouver une procédure logique et consensuelle pour réduire les partis politique à un niveau raisonnable et normé.
- Le président élu pour un mandat de six ans et qui se limite à une seule nouvelle candidature, par contre le parlement, composé d’une assemblée nationale et d’un conseil des régions et des collectivités locales, est élu pour quatre ans, à chaque nouvelle élection le nouveau parlement devra donner quitus au président pour la fin de son mandat, sinon de nouvelles élections présidentielles sont convoquées, à charge pour le nouveau parlement de les organiser.
- Le gouvernement, composé uniquement de secrétaires d’état, sera sous la responsabilité du président de la république conformément aux traditions sénégalaises qui réservent une place prépondérante au chef.
6. Prendre les mesures nécessaires pour apporter à la population l’assistance nécessaire à sa survie, par une politique de subventions appropriées
7. Assurer à tout moment des élections libres et transparentes sur la base d’un consensus national, en évitant de privilégier les solutions imposées par le parti majoritaire ou ses alliés. Il serait souhaitable que dans la période de mise en place des nouvelles instituions, le chef de l’Etat collabore avec tous les partenaires politiques de la vie sénégalaise pour qu’aucune décision majeure ne soit prise sans discussion avec toute l’opposition et tous les acteurs sociaux. Il est clair que cette solution exclut la passation monarchique du pouvoir à tout descendant, légitime ou putatif. En se mettant au dessus de la mêlée pour permettre au Sénégal de passer le cap de votre arrivée au pouvoir sans dégâts. Maître Abdoulaye Wade écrirait sur le livre de l’Histoire du Sénégal une nouvelle page encore plus éclatante que celle de ses prédécesseurs. Pendant ces trois ans, Abdoulaye Wade l’africaniste pourrait développer la stratégie qui lui permettrait de voir se dessiner, et peut être naitre, ces Etats-Unis d’Afrique dont il est le chantre le plus ardent, en laissant à son gouvernement d’union nationale totalement responsabilisé l’entier exercice du pouvoir réglementaire et administratif.
8. Il est temps, Monsieur le Président de la République d’instituer cette nouvelle république par référendum populaire. Cette république doit avoir une séparation des pouvoirs, pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. Les trois pouvoirs doivent être réels sans interférence aucune donnant au pouvoir judiciaire toute sa plénitude. Le pouvoir législatif, composé d’un parlement et d’un conseil des régions, doit contrôler le pouvoir exécutif et ne pas être cette chambre d’enregistrement au service du président de la république. Il y a lieu de supprimer le Sénat et le Conseil Economique et social, organismes purement budgétivores au bénéfice des caciques du parti majoritaire.
9. La constitution ou la loi fondamentale de notre pays ne doit pas être un instrument de gouvernance modifiable à tout moment par les désirs du président de la république ou la volonté du parti majoritaire. Aucune langue nationale ne doit être au-dessus des autres, lors de l’indépendance on a voulu respecter les frontières héritées de la colonisation. Cet état de fait doit être le principe.
10. L’Afrique est notre continent, nous devons renforcer l’Union africaine en se basant sur les organismes et organisations existantes. C’est le moment de créer cette nouvelle monnaie commune africaine née de la volonté historique des pays de chaque sous-réunion de travailler ensemble dans un même élan.

Le Sénégal et l’Afrique comptent sur le dynamisme de sa jeunesse. Les nuages qui s’amoncellent aujourd’hui au dessus de nos têtes sont striés de sang ; faites Monsieur le président de la république, qu’ils se transforment en pluie nourricière et non en ouragan dévastateur qui plongerait le Sénégal et notre cher continent dans la tourmente et le désordre. Le Sénégal aurait un tribut trop lourd à payer s’il devait attendre encore longtemps pour faire cette transition, sans votre supervision et votre dévouement.

Avec toute ma considération.

Amadou DIALLO « la voix/voie des jeunes »
http://adiallo132009.blog4ever.com




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