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babacar_tour__journaliste_investigateur___correspondant_permenant__paris_du_groupe_futur_mdias_au_sngal.jpgEmission: La Voix/voie des jeunes recevra ce Dimanche 14 Mars 2010 à partir 18GMT (1Pm New York, 19Hr à Paris) Bacary Touré (plus connu sous le nom de Babacar Touré ou encore Kimi Kikiko) Journaliste-écrivain, investigateur et Correspondant permenant à Paris du groupe Futur Médias du Sénégal. Venez nombreux participer à l'emission. Merci

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Voix/Voie des Jeunes: Une analyse de N'diawar Diop
ndiawardiop.jpg N'diawar Diop et son Staff recevaient Mandiaye Gaye, chroniqueur et farouche combattant  pour l’émancipation et la citoyenneté effective des Sénégalais.

Libérer un oiseau captif pour voir ses voeux se réaliser: L’envol des messagers de l’homme Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

oiseaux_liberes.jpgNancy s’est penchée sur un rite qui consiste à acheter des petits oiseaux pour les libérer. Cette coutume est censée porter bonheur.  Je suis à Yoff. Après avoir filé pendant près de deux heures un vendeur ambulant d’oiseaux, une cliente s’approche enfin. L’échange est bref. Le vendeur donne un oiseau à la jeune fille. Je m’approche de la scène. La cliente très gênée refuse de parler. A Dakar, acheter puis libérer un oiseau est une coutume assez présente. Un peu partout les témoignages confirment que la pratique est connue. Les raisons évoquées pour justifier cet acte tournent souvent autour des mêmes considérations. Amadou Bâ, étudiant à Dakar explique : « Si vous avez des soucis, par exemple si vous cherchez du travail ou vous avez des esprits qui freinent votre réussite, si vous libérez un oiseau ça peut vous libérer et vous permettre de réaliser vos souhaits ».

L’avis d’Abdoulaye Ndiaye n’est pas très différent : « On achète un oiseau pour le libérer parce qu’on considère qu’il est prisonnier. Mais, on peut aussi l’acheter pour faire des sacrifices afin de résoudre des problèmes financiers ou sentimentaux », confie t’il. Les oiseaux se vendent, mais il n’est pas évident de croiser une personne en train de les acheter. Par chance, je rencontre Mariam Cissé, à Liberté 6, qui dit avoir déjà acheté des oiseaux.

Elle m’explique ses motivations : « Je suis dans une équipe de football. Nous sommes allés avec les dirigeants voir un marabout parce que l’équipe avait de mauvais résultats. Le marabout nous a conseillé d’acheter des oiseaux et bien d’autres choses encore et de prier sur ces oiseaux puis les libérer. Et, ça nous a porté bonheur puisque nous avons gagné après »

Libérer un oiseau captif pour s’attirer la grâce divine ou tout simplement voir un voeu se réaliser, certains y croient, d’autres sont sceptiques ou n’y croient pas du tout. Falliou Diop doute de l’effet salvateur de la pratique. Il sourit et répond : « Peut-être que ça marche pour ce qui le font, mais moi en mon âme et conscience je n’y crois pas. Mais vous savez, nous sommes en Afrique et par la force des choses nous sommes parfois obligés de croire en certains rites ».

Je rencontre Fatou Kiné à l’entrée de l’Université. Elle dit n’avoir jamais acheté un oiseau. Mais, elle a déjà vu d’autres personnes le faire, notamment les lutteurs dans l’arène. « Quand tu libères un oiseau, tu vois ton voeu se réaliser. Cela marche,  puisque les gens le font. Si ça ne marchait pas ils allaient arrêter. Alors, je considère que ça marche », affirme t’elle sans hésitation et très amusée.

Un oiseau que l’on libère peut il porter nos vœux ? On peut discuter longtemps sur la véracité de cette coutume. Toujours est-il que chacun à ses croyances. Libérer un oiseau captif pour voir ses voeux se réaliser, cela marche pour certains. Puisque ça marche, et que la demande en oiseau est présente, l’offre se multiplie. Nancy est allée au royaume de la vente d’oiseaux

 A Dakar et dans sa banlieue, la vente d’oiseaux fait partie du paysage économique. Il n’est pas rare de rencontrer des vendeurs ambulants avec des caisses contenant des oiseaux. S’il y a aussi des pigeons dans ces échanges, les espèces les plus vendues dans les rues sont de petits volatiles tels que les travailleurs et les pinceaux. C’est grâce à ces oiseaux petits par la taille et par le prix que plusieurs sénégalais gagnent leur vie.

Je suis au marché de Thiaroye sur Mer. C’est ici, dans le brouhaha général, que Mamadou Diallo marche avec sa caisse d’oiseaux. L’homme est court, de teint foncé, il a les lèvres asséchées. Il dit vivre grâce à la vente de ces oiseaux : « Cette activité ne me rapporte pas beaucoup d’argent. J’achète un oiseau à 35 Francs Cfa [0,05 euros] pour le revendre à 50 Francs Cfa [0,07 euros]. J’ai très peu de bénéfice à la fin de la journée. Mais je continue à vendre des oiseaux parce que c’est ma seule source de revenus. C’est grâce à ces petits oiseaux que je nourris ma famille. » Abou Bâ est également vendeur ambulant d’oiseaux. Chaque jour, il parcourt les rues pour vendre ces petits volatiles. « Je gagne 3000 Francs Cfa [4,50 euros] par jour parfois plus. Des fois je vends beaucoup d’oiseaux. D’autres fois, cela marche moins bien. C’est aléatoire. Mais je vis uniquement de ce commerce »

Siradji Ly est le plus jeune vendeur que j’ai rencontré. Avant, il vendait des cures dents. Maintenant, il s’est lancé dans la vente d’oiseaux et ça marche plutôt bien pour lui. « Le commerce que je faisais avant ne me rapportait pas grand-chose. Je trouve que la vente d’oiseaux me rapporte plus. Je vends un oiseau à 100 Francs Cfa [0,14 euros], parfois moins ça dépend de la période. Je gagne 2500 [3,80 euros], 3000 voire 5000 Francs Cfa par jour », confie t’il.

A côté de ces vendeurs ambulants de volatiles, il y a des oiseleurs que l’on peut considérer comme des grossistes. Je suis non loin de la maison du plus célèbre des oiseleurs, le surnommé "Diallo Pitch". Décédé depuis plusieurs années, cet homme a construit sa richesse avec la vente d’oiseaux. Ici, plusieurs oiseleurs se sont réunis autour de la même activité. L’espace est ouvert. Une odeur d’oiseaux plane dans l’air. Pas de bureau, quelques chaises éparpillées par endroits. De grandes cages contenant plusieurs volatiles  sont près des murs. Ils peuvent se compter par centaine. Ils s’agitent et piaillent sans arrêt. Je rencontre Maodo. Il est oiseleur, la trentaine à peine. Il dit fièrement vivre de son activité : « Je gagne bien ma vie. Je suis différent de ces fonctionnaires qui attendent la fin du mois pour être payés. Mon activité me permet de gagner deux fois plus qu’eux. »

Pour capturer les oiseaux il se rend au Fouta, dans un village appelé Djiriba. C’est par voyage qu’il évalue ses bénéfices. « J’empoche 60 000 Francs Cfa [91 euros] et 130 000 Francs Cfa [195 euros] par voyage. C’est aléatoire. Je me rends deux fois par mois au Fouta.  De retour, je vends un oiseau à 20 Francs Cfa à chaque vendeur ambulant. » Chaque jour, Maodo dépense  4000 Francs Cfa [6 euros] pour l’entretien des oiseaux. Malgré cette dépense, il dit faire des bénéfices à tous les coups.

par Nancy Onanga




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