| Sénégal : Assises nationales la remise en cause des idéologies. |
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L’exemple de la France témoigne de l’effritement du clivage gauche-droite très marqué dans les années 80. Le paradoxe actuel c’est que les idéologies prennent des formes différentes, l’idéologie apparait comme un instrument de revendication et non un moyen de gestion de la société. Les idéologies ne sont plus cet ensemble de doctrines multiples et rigides, mais un ensemble de concepts variables et complémentaires avec des variantes revendicatives. Dans une société de crise, les idéologies n’ont plus leur place. « Les nouveaux partis fermés qui refusent toute forme d’ouverture, rétif aux nouveaux engagements aux nouvelles propositions se sclérosent et s’atrophient, » dixit Mr Mbaye Jacques DIOP. Ceci les présidents Wade et Senghor l’avaient bien compris très tôt en créant leurs partis politiques respectifs. Même si le BDS avait gagné les élections des années 1951 et 1955, il n’avait pas hésité à faire appel aux nouveaux intellectuels fraîchement diplômés ; prêts à s’investir pour leur pays.
En 2000 l’alternance a eu lieu grâce à une coalition des forces vives de la nation, prêtes à remettre en cause le régime de Diouf. Maître Wade avait débauché par ci par là des intellectuels issus de tous les rangs idéologiques ou partisans pour gouverner. L’arrivée de Niasse au poste de premier ministre en était l’exemple le plus révélateur. Depuis la destitution de Niasse ; le PDS s’est refermé sur lui-même. Les personnalités qui avaient permis l’alternance, sont parties renforcer les rangs de l’opposition. L’échec électoral aux dernières municipales est le résultat de cette situation devant des responsables PDS sans envergure politique et sans ancrage populaire. Le résultat le plus remarquable des assises nationales est aussi d’avoir compris qu’on n’est plus élu au Sénégal parce qu’on est le fils de tel ou de tel autre, le talibé de tel ou tel autre marabout ou qu’on est de droite ou de gauche. On est élu parce qu’on a une assise populaire, qu’on bénéfice du soutien d’une coalition de partis, qu’on s’est battu des années et des années pour arriver ; l’exemple du nouveau maire de Dakar Mr Sall confirme cet état de fait. On a compris aussi que l’individualisme et les égoïsmes se développent en même temps que les solidarités, qui étaient le socle de notre société sénégalaise, s’essoufflent. Il s’en suit une manipulation de la population à des fins politiques et religieuses. Il appartient au peuple sénégalais de se prendre en main et de dépasser tous ses clivages, l’idéologie n’a plus sa place dés lors que le Sénégal traverse une crise sans précédent dans tous les domaines de la vie nationale. Ni un gouvernement de gauche, de droite, du centre ou des extrêmes ne résoudra plus nos problèmes, on dépassera la situation actuelle si toutes les forces vives de notre pays œuvrent dans le même sens. Rien ne doit nous détourner de l’essentiel en nous menant vers des débats puérils et sans avenir. Aujourd’hui, l’appel des assises nationales au dialogue national est torpillé par le gouvernement par la lettre de Mr Wade. Peut-on vouloir un dialogue national serein et constructif allant vers l’avenir et vouloir revenir sur des évènements du passé ; alors que consciemment on avait amnistié tous les faits et gestes de ces prédécesseurs.
Devant la volonté des Assises nationales de bien vouloir gérer le Sénégal autrement, la lettre de Mr Wade est un non évènement. Même si la lettre est un emballage, avec d’autres thèmes de discussion, cette lettre est sans nul doute un subterfuge bien trouvé pour torpiller le dialogue comme dirait : Mr Abdou Latif Coulibaly. Devant les réactions épisodiques des responsables du PDS arc-boutés à des idéologies dépassées et tant décriées, il va s’en dire que ce dialogue risque de ne pas avoir lieu. On en avait du reste le pressentiment avec les appréciations différentes sur les Assises nationales, lors de leur déroulement et plus récemment encore à l’occasion de la déclaration de politique générale de Monsieur le Premier Ministre où le chef de file de la Cap 21 davantage que M. Souleymane Ndéné Ndiaye a jugé la charte de la gouvernance démocratique comme un archétype d’ingénuité intellectuelle et politique. Après la déroute du PDS aux élections municipales, le sabotage des agriculteurs du dimanche devant l’espoir suscité par la « GOANA », l’illettrisme et la mauvaise formation des élus PDS, les rencontres entre les différents opposants politiques pouvaient faire espérer à une paix des braves. Malheureusement la lettre de Mr Wade et la réponse de l’opposition montre qu’on n’est pas sur la voie de l’entente cordiale. L’occasion est trop belle pour tourner l’attention des sénégalais sur les vrais problèmes du moment. Les problèmes du Sénégal semblent être renvoyés au second plan au profit d’une forme d’idéologie qui n’a plus sa raison d’être. Le Sénégal n’est pas seulement Dakar et sa banlieue avec ses sons et lumière. Mr Obama n’a pas gagné les élections aux USA parce que tous les afro-américains ou tous les démocrates ont voté pour lui, mais tout simplement parce que la majorité des américains ont cru en lui et à sa capacité de redresser le pays mettant définitivement fin à une époque révolue de haine raciale et toute forme de racisme. Les valeurs morales, qui ont fait la fierté de nos ancêtres : la téranga, la famille, le travail, le respect de l’autre, ne doivent pas être supplantées par la déviance vers l’avoir à tout prix. Il est fort à parier que c’est dans l’éducation sur la base de nos vertus cardinales que le Sénégal trouvera le remède à son mal.
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Le Sénégal vient de sortir des Assises nationales ; ce qu’on peut retirer de ces rencontres présidées par Mr Amadou Moctar M’BOW c’est le pragmatisme des responsables qui ont préféré parler de tous les sujets sans se référer à toutes formes d’idéologie. Le Sénégal traverse une crise sans précédent depuis ces dernières années, ponctuée par une crise des valeurs morales, culturelles et politiques sans commune mesure. Le mérite de ses assises nationales a été d’ouvrir un large débat à tous les niveaux pour trouver le seul médicament capable de soigner le grand malade. Ces idéologies, qui ont été le schéma structurant des sociétés occidentales et par ricochet des sociétés africaines durant le 20ème siècle ; ont été à l’origine des guerres les plus sanglantes durant notre siècle. Il est à noter sans trop de risques de se tromper que ses idéologies ont perdu de leur force tout au moins dans leur forme la plus traditionnelle. Les populations ont complètement désenchanté devant l’incapacité du politique à trouver les solutions adéquates à la crise qui les gangrène et réduit à néant toute forme d’initiative.
Amadou DIALLO « la voix/voie des jeunes »