| Sénégalais : il faut se remettre en cause, avant qu’il ne soit trop tard |
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Sunuker.com: Ces paroles sont de notre honorable guide religieux cheikh Ahmadou Bamba, digne fils du Sénégal qui a émerveillé plus d’un par sa foi, l’amour du prophète (PSL) et le respect de sa personne. Dans son histoire le Sénégal a connu d’illustres dirigeants comme lui qui ont fait sa fierté et sa dignité. Jamais nos ancêtres n’ont succombé à la facilité et se sont battus pour que le Sénégal soit une nation distinguée en Afrique. C’est dans la quête de cette liberté démocratique que le Sénégal est apparu à nos jours, et dans le monde entier, comme un exemple de modèle démocratique en Afrique, nation de téranga et de tolérance. Cette tolérance légendaire du peuple sénégalais est en contradiction avec l’allergie de ses dirigeants successifs qui n’hésitent pas à user de moyens répressifs pour arriver à imposer leur volonté de pouvoir absolu. Les répressions, répétées de toutes les formes d’expression de ces libertés, représentent un échantillon de ses ratés qui concourent à remettre en cause tout le travail réalisé par nos illustres ancêtres parmi lesquels on peut citer : Cheikh Ahmadou Bamba, Latdior Ngoné Latyr Diop, El Hadj Malick Sy, Cheikh Anta Diop et d’autres encore. Il faut se rendre à l’évidence que dans tous les pays du monde où on célèbre la maturité démocratique ; le passif démocratique a été soldé par ce que certains appellent : « l’expérience de la douleur purificatrice. » La solidité des fondements des plus grands pays démocratiques a été obtenue après la neutralisation des expériences heureuses et malheureuses, voulues ou subies. Dans ces milieux, les institutions démocratiques, le jeu équilibré de la pratique du pouvoir politique, les principes d’Etat de droit, de justice ainsi que ceux de libertés et d’égalitarisme, ayant présidé à la constitution et à la sacralisation de l’idée de Nation, ont été obtenus dans un cadre de confrontations cycliques au cours desquelles, les différentes étapes, passives et/ou violentes, se sont relayées jusqu’à ce que la formule consensuelle du modèle démocratique idéal soit stabilisée et que la nation fut.
Jusqu’en 1960 le Sénégal a vécu des périodes de luttes d’indépendance et d’identité. Ainsi martyrisé pour ses convictions religieuses et privé de liberté pendant une majeure partie de son existence - 32 ans d'exils, de mise en résidence surveillée et de persécutions -, Cheikh Ahmadou Bamba n'a eu de cesse d'œuvrer pour guérir les consciences malades et les remettre sur les chemins de la vertu. Il s'est battu toute sa vie durant contre les colonisateurs ; pour la revivification et le rayonnement d'un Islam exempt d'innovation, à un moment où la pratique de la religion d'ALLAH semblait décliner irrémédiablement chez son peuple. Dans un élan de patriotisme il a refusé aux colonisateurs, aux dominateurs la légion d’honneur pour marquer à jamais son amour du Sénégal et de son peuple uni autour de l’Islam et de son prophète (PSL). Lat Dior Ngoné Latyr Diop quant à lui s’opposa farouchement à la jonction entre St Louis et Dakar, pour ce faire il établit des relations entre tous ses voisins empêchant ainsi aux colons d’occuper le Cayor, il a fallu la trahison de Waldiodio pour que Lat Dior perde un temps le pouvoir. Par le courage, la force de conviction et la foi à la nation sénégalaise, il réussit à anéantir Waldiodio et l’armée française à Ngogol. Il réussit ensuite à fédérer autour de sa personne tous les petits royaumes du Sénégal, ainsi se profilait à l’horizon l’identité de la nation sénégalaise. La particularité de Cheikh El Hadji Malick Sy est d’avoir réussi à implanter dans tout le pays des lieux de culte de manière pacifique mais efficace sans passer par une lutte armée contre l’administration coloniale française. Ainsi El hadji Malick Sy représente sous plusieurs angles le modèle d’islamisation dite décentralisée, pacifique et durable. Quant à Cheikh Anta Diop, un autre illustre fils du Sénégal, a mis le noir (nègre) à la place qui est la sienne dans la civilisation mondiale contrairement à ceux qui ont voulu faire du noir un sous-homme. Ne disait-il pas que : "Le Nègre ignore que ses ancêtres, qui se sont adaptés aux conditions matérielles de la vallée du Nil, sont les plus anciens guides de l'humanité dans la voie de la civilisation ; que ce sont eux qui ont crée les Arts, la religion (en particulier le monothéisme), la littérature, les premiers systèmes philosophiques, l'écriture, les sciences exactes (physique, mathématiques, mécanique, astronomie, calendrier...), la médecine, l'architecture, l'agriculture, etc. à une époque où le reste de la Terre (Asie, Europe : Grèce, Rome...) était plongé dans la barbarie."
CHEIKH ANTA DIOP: Le guide
Mardi 8 avril 2008, un homme s’incruste au sein de l’Assemblée nationale et déploie à l’intention des députés, en plein examen d’un projet de loi, un sac vide sur lequel était écrit ce message : «Le peuple a faim3 !» L’acte de ce «révolté» pacifique qui a eu «tort» d’exprimer en solitaire un cri populaire devant les représentants de la Nation, marquerait, ailleurs, le point de départ d’un rapport frontal entre Bas Peuple et Haut Peuple. Car, ce qui est symbolisé par ce cri écrit, c’est une profonde demande populaire d’une remise à plat d’une vieille politique systémique qui a brillé par l’accentuation de la classification de la société entre Sénégalais riches et fortunés et Sénégalais « badolos » pauvres sans soutien et sans espoir. Si le Sénégal s’extasie d’une exceptionnalité naïve qui a montré ses limites, cela tient au fait que, originellement, l’enfantement de la souveraineté du pays ne s’est pas faite dans la douleur comme dans d’autres anciennes colonies françaises. Le Sénégal indépendant est né de la rhétorique amiable d’une élite politique portée par un homme Léopold Sédar Senghor et du consentement juridique d’un autre le Général Charles De Gaulle. Depuis lors, sur le chemin de sa construction endogène, aucun événement populaire douloureux n’a été posé pour servir de base à la sacralité des principes démocratiques devant présider au destin collectif et de régulateur au comportement des dirigeants et des citoyens. L’absence d’un tel référent historique explique la banalisation des institutions de la République par les uns et la relativisation du civisme par les autres. Il manque ce référent de la douleur comme les Ivoiriens ont le leur aujourd’hui, comme les Sud-africains, les Nigérians, les Maliens, les Français, les Américains en ont eu dans leur histoire. Le binôme déconstruction-reconstruction est un mal nécessaire lorsqu’un peuple sombre dans un cercle vicieux qui l’empêche de savoir réinventer son esprit et son destin, afin de mieux se relancer énergiquement dans le temps. Elle est l’occasion expiatoire de souffrir physiquement et durement, mais une seule fois, pour en finir avec toutes ces rampantes petites souffrances morales nées de ces hachures de la société sénégalaise, où l’Etat est d’un côté avec ses certitudes, le peuple de l’autre avec ses inquiétudes, la République, nulle part. Ce n’est qu’à l’issue des «Etats généraux» qui suivent généralement toute expérience de la douleur et du sang que le pays pourrait espérer entrer dans une nouvelle ère où sera posé le choix définitif de l’option démocratique : « assise constitutionnelle, institutions stables, neutralité de l’administration publique, séparation effective des pouvoir, etc. », et clarifié, le rapport entre l’Etat et les différentes réalités sociétales : « confréries religieuses, chefferies traditionnelles et coutumières, groupements économiques etc. ».
On est resté à l’étranger, parce que les diplômes ne payent plus au Sénégal par rapport à la politique qui souvent attire les arrivistes et les aigris de l’école. On préfère se fier aux étrangers sous forme de coopérants et non aux nationaux pour les projets les plus importants. Et comme l’école n’honore plus ses ressortissants; ceux, qui ont étudié dans les grandes écoles d’Amérique et d’Europe, ne veulent plus rentrer au pays où aucune structure de travail confortable n’existe pour eux. Les universitaires et chercheurs vivant au Sénégal et n’ayant plus les conditions de travail adéquates, cherchent à aller dans les pays développés dans le but de pouvoir travailler convenablement. Tandis que les autres, frustrés par les politiques d’abandon du secteur rural ; les trafics de tous ordres, préfèrent chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent plus chez eux. Dans son article intitulé : «L’exode des cerveaux en Afrique», Emmanuel Wongibe est très catégorique et explicite à ce sujet quand il affirme que «beaucoup de têtes pensantes africaines pourraient néanmoins résister à ces incitations à immigrer si les gouvernements africains étaient prêts à faire, ne serait - ce que le strict minimum, pour offrir des conditions de travail corrects à leurs ressortissants. L’indigence des conditions de travail en Afrique, le manque de ressources pour financer la recherche, la montée d’une certaine culture de favoritisme, le comportement dictatorial de la plupart des gouvernements africains et le très bas niveau des salaires sont autant de facteurs responsables de l’exode des cerveaux en Afrique». De la santé, les maladies endémiques comme le paludisme et le sida empêchent les sénégalais de vivre «librement». Les dirigeants africains et sénégalais en particulier se remarquent par des dépenses de prestige. A cela, il faut ajouter l’absence d’une politique sociale. Tout cela a pour résultat: on s’intéresse à la politique pour pouvoir mieux vivre ; on milite dans un parti par intérêt et non par conviction.
Quel sénégalais pourrait respecter les résultats des urnes si son parti perdait les élections? Quel sénégalais pourrait accepter la déchéance de son leader? Les sénégalais doivent se ressaisir et travailler au lieu de se «chamailler» et de naviguer dans le folklore politique. Ils doivent mettre en exergue la science et la technologie pour affronter les défis de la mondialisation comme cela se remarque dans les pays du Maghreb et en Afrique du Sud. Au Congo Brazzaville par exemple, le pays qui a, pour la première fois en 1992, un éminent scientifique à la tête du pays, s’ouvre à la science et la technologie comme le souligne Ndaki quand il constate que «Lissouba brandit la science et la technologie comme objectif (...) en faisant des admirateurs passionnés, y compris les jeunes intellectuels». Mais incompris parce que, en avance sur ses compatriotes ; il sera, comme la plupart des scientifiques, la risée des Congolais en retard sur l’évolution de la science et la technologie au niveau mondial. Si les dirigeants sénégalais continuent à se comporter comme des véritables rois, gagnés par l’obscurantisme et obnubilés par leur pouvoir, ils vont provoquer un séisme dans le monde des jeunes et la déchéance de tout un pays. Ainsi donc la succession doit être élective en rapport avec les compétences des élus et non monarchique compte tenu de notre histoire et de nos traditions. Alors dans un avenir proche, il faut craindre que les Africains en général, surtout les sénégalais ne ressemblent à des animaux parqués dans un enclos que les sujets des pays développés viendraient contempler par curiosité. Triste éventualité. Lishan Adam, dans sa réflexion «Donner à l’Internet une voix africaine» remarque au niveau de l’informatique que «L’information disponible sur l’internet est dominée presque exclusivement par le matériel produit aux Etats Unis, en Europe et en Asie, tandis que l’Afrique ne représente qu’environ 0,4% du contenu mondial selon une enquête de juillet 1993 conduite par Network Wizards (...). Si l’on met l’Afrique du Sud à part, l’Afrique ne produit que 0,02% du contenu mondial de l’internet». Avec le retard dû aux mesures économiques du FMI et de la Banque mondiale en ce qui concerne l’endettement de l’Afrique, mesures qui ont provoqué inéluctablement la paupérisation sur le continent, avec le retard de la jeunesse africaine sur l’outil informatique, environ 80% des jeunes Africains ne seraient pas encore initiés à l’informatique mais paradoxalement se seraient familiarisés aux armes de guerre. Avec les conflits armés qui se répètent dans certains pays, l’Afrique paraît comme marginalisée et délaissée de la compétition vers l’universel. Seule une réelle politique au niveau de l’éducation et de la santé devrait conduire le Sénégal vers la véritable démocratie et une parfaite prise en main de son destin. Un peuple dont les problèmes éducatifs et sanitaires sont résolus est un peuple libre, prêt à accepter la démocratie. La démocratie et le civisme au Sénégal n’est pas un luxe, c’est possible si tous les sénégalais pouvaient manger à leur faim pour éviter «la politique du ventre». Or les statistiques ont souvent montré que le Salaire minimum est insignifiant et aléatoire n’atteignant même pas le minimum vital. Et pour sa survie, le sénégalais est obligé de se faire corrompre politiquement, hypothéquant de surcroît sa liberté d’opinion, de pensée et de choix. La démocratie ne serait-elle pas un luxe pour tout sénégalais si l’on considérait tous les déboires et bouleversements qui ont accompagné l’ouverture au multipartisme et à la liberté de choix? Les dirigeants qui, pour la plupart, seraient encore «accrochés au pouvoir pour le pouvoir», devraient s’efforcer à mettre l’intérêt de la nation au dessus des leurs. Bien gérer les ressources humaines et les richesses nationales en limitant les dépenses de prestige, lutter contre l’ethnicité, la peur, l’exclusion et l’impunité, développer le civisme, plus particulièrement au niveau des jeunes, futurs citoyens électeurs de demain et reconnaître le mérite du travail. Voilà des comportements qui feraient que la politique ne soit plus une carrière alléchante pour s’enrichir, d’un moyen de division entre pro et anti gouvernements ou d’arme de manipulation entre des franges de la population. Quand les sénégalais auront le minimum vital sur les plans éducatif et sanitaire, quand la sécurité sociale pourra fonctionner comme dans les pays développés qui nous ont légué ce mode d’assistance mutuelle, lorsque l’on pourra vaincre l’interrogation, la précarité et la peur d’un futur incertain chez les jeunes, la démocratie ne sera plus considérée comme un luxe. Disparaîtront alors la majorité des maux qui minent encore notre société et qui nous empêchent de vivre convenablement à travers un multipartisme respectueux des droits et devoirs de chacun dans son pays. Et le Sénégal, même tardivement, doit prendre conscience de l’enjeu de la mondialisation, car les nations qui s’y adaptent sont celles qui connaissent la croissance la plus rapide, gage fondamental de la démocratie. Les exemples donnés par des pays émergents à forte croissance, qui ont fait de la démocratie un idéal avec des élections respectables, devraient interpeller la classe politique sénégalaise.
Amadou DIALLO « La voie/voix des jeunes.»
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Ils m'ont conseillé: « Va t'agenouiller devant les détenteurs du Pouvoir et tu obtiendras des récompenses qui t'enrichiront pour toute la vie. »
Ainsi on se demande si certains états africains et particulièrement le Sénégal n’ont pas sauté des étapes dans leur évolution démocratique. L’acquisition de la démocratie est une succession d’erreurs voulues ou non voulues, de modifications et de rectifications pour arriver à un résultat scientifique. Ainsi la démocratie peut être considérée comme science dés lors qu’elle a franchi avec succès toutes les étapes nécessaires. C’est ce chemin de la démocratie qu’ont suivi les USA avec la guerre de sécession, la France avec la révolution de 1789, l’Afrique du Sud avec l’Apartheid ainsi de suite. Dans un tel schéma synchronique, où la capacité de réinvention d’un Etat démocratique réside dans la fixité, au cœur de la mémoire collective, du souvenir permanent d’un événement historique qui a marqué douloureusement ou pas les esprits qu’un pays s’émancipe. Pour le Sénégal, ce souvenir se retrouve surtout à l’égard de ceux qui ont fait notre histoire et qui ont forgé notre identité nationale.
Voilà donc posées par ces grands hommes les bases de notre vie culturelle, sociale et politique mise à mal par la colonisation qui a opéré d’énormes conséquences sur le plan social et politique avec de fortes incidences sur notre système de valeurs. On parle sans nuances de conséquences nuisibles qu’a produites la rencontre entre des sociétés ante-capitalistes, « l’expression est d’Aimé Césaire » avec l’expression la plus brute d’une mentalité de profit : le colonialisme. Le tissu social aura du mal à se remettre de la déstructuration brutale de la société et de ses modes d’organisation. L’ « ordre colonial » qui, pour l’indigène était synonyme d’exploitation, de travail forcé, ne permettait plus à la société dominée de suivre une évolution tenant compte de ses réalités et spécificités. Il est dés lors impérieux pour le peuple sénégalais de se remettre en cause et recouvrer les valeurs laissées par nos illustres prédécesseurs et qui doivent être sans nul doute notre fierté. La faiblesse du peuple sénégalais est le fait que depuis 1960, les Sénégalais n’ont jamais eu vraiment peur, ni souffert par sacrifice patriotique, ni leurs gouvernants n’ont été suffisamment effrayés dans leur pratique du pouvoir.
C’est dans cette optique que l’application des décisions des Assises nationales, tenues dernièrement sous la férule de personnages compétents que le Sénégal donnera un nouveau sens à son développement et au renforcement de son idéal patriotique ; ceci sans douleur morale et/ou physique en respect de la tolérance sénégalaise. Une nation ne se développe qu’en fonction de sa capacité culturelle, malheureusement le Sénégal a laissé son système éducatif en ruine et les programmes reprennent à peine l’histoire de nos héros qui ont fait notre nation et forgé notre identité.. On ne fait pas que critiquer en étant à l’étranger, mais en tant qu’immigré on a eu l’avantage de vivre des civilisations et des cultures différentes pour se permettre d’analyser positivement et de toucher la plaie là elle fait le plus mal, afin d’endiguer les déviances impropres à notre vision commune de vie commune.