| LA SOCIETE ET LES ECHANGES COMMERCIALES: L’Ape de plus en plus indésirable |
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Les orientations du journaliste économique, Mounirou Fall, modérateur du forum et la secrétaire exécutive de Enda Tiers-Monde, président de séance, n’ont pas empêché le public constitué en parti d’ « altermondialistes » de réaffirmer leurs oppositions à la signature de l’Ape sous ses formes actuelles. La faute peut être aux conférenciers qui, en évoquant les fonctions de développement que doit jouer le commerce, ont effleuré la problématique de l’Accord de partenariat économique. Le premier intervenant, en l’occurrence, M. Taoufik Ben Abdallah, coordonnateur de Syspro2, Enda Tiers-Monde, a d’entrée, affirmé que la pertinence du sujet (Quel commerce pour quel développement ?) n’était plus à démontrer dans ce contexte de crise financière, alimentaire, pétrolière, énergétique… Une situation qui, à son avis, se passe sur un fond de « chao économique » et de « dérèglement » enregistré dans les années 80 et qui sont en parties à l’origine de cette série de crises. Le coordonnateur de Syspro2, Enda Tiers-Monde qui y voit un enjeu sans contestation pour l’économie pense qu’il est temps d’essayer de voir les conséquences de ces crises sur « l’économie réelle ». A son avis, il est heureux de définir de nouvelles règles face à cette « bavure économique » mais « beaucoup d’entre elles sont désemparées ». Une position qui démontre l’absence de confiance compte tenu des nombreux échecs relevés dans le commerce mondial avec l’échec des multiples plans développés au niveau de l’Organisation mondiale du commerce (Omc). Pour M. Taoufik Ben Abdallah, le commerce doit être au cœur du processus de développement et doit contribuer à la lutte contre la pauvreté. Il a ainsi rappelé qu’en Afrique, la libéralisation du commerce a été intégrée dans les années 80 pour l’impulsion de la croissance. Les nombreuses études effectuées par des organismes crédibles comme la Cnuced, la Banque mondiale ont montré que malgré l’amélioration notée sur les taux de croissance de certains pays, la pauvreté continue à prendre de l’ampleur. De l’avis de M. Ben Abdallah, le commerce a une dimension importante de la vie humaine. De ce fait, a-t-il ajouté, « les règle commerciales doivent se fonder sur le respect du droit humain ». Intervenant en second lieu, le Conseiller politique et affaires commerciales de la Délégation de l’Union européenne à Dakar, M. Christophe De Vroey, a retracé l’historique des relations commerciales entre l’UE et les pays Acp, l’Afrique de l’Ouest et le Sénégal en particulièrement. M. De Vroey, a essayé de démontrer à l’assistance que « le Sénégal est un partenaire privilégié de l’Union européenne en évoquant les réalisations dans le cadre des 8ème et 9ème Fonds européen de développement (Fed) qui définissent la Convention de Lomé et l’Accord de Cotonou. Pour calmer l’ardeur des « anti-Ape », M. De Vroey a fait savoir qu’il existe près de 150 zones de libre-échange dans le monde. Une manière pour lui de démontrer que l’Ape ne sera pas la première de ce genre. Tout de même, il a reconnu que les négociations commerciales entre l’UE et les pays de l’Afrique de l’Ouest n’ont pas beaucoup évolué malgré les Accords d’étape signés par la Côte d’Ivoire et le Ghana, le Fond Ape créé au niveau de l’Union européenne et les travaux entamés dans le cadre de la réalisation d’une liste régionale des produits sensibles sujets à discussion. Ce qui lui a valu d’ailleurs beaucoup de critiques venant du public. Cheikh Tidiane Dièye d’Enda Syspro, spécialiste des questions commerciales, a qualifié le discours de M. De Vroey de « réchauffé ». Ce qui reflète l’effet de « surplace » même si le deadline fixé à la Cedeao pour la signature de l’Ape est la mi-décembre 2009. Contrairement à ce qu’avance l’UE, Cheikh Tidiane Dièye pense que l’Ape ne participe pas à renforcer l’intégration région entre pays de l’Afrique de l’Ouest. A l’en croire, même les pays ayant signé d’accord d’étape à l’image de la Côte d’Ivoire et du Ghana veulent reculer et compter sur le parapluie régional pour rectifier le tir. Ce qui, à son avis, montre que le processus qui a abouti à faire plier ces pays n’a pas été clair. Dans une allure plus virulente et plus engagée, une des « altermondialistes » de l’assistance n’a pas mâché ses mots. « Rapport de force », « duperie », « escroquerie », « esclavagisme » sont entre autres expressions servies pour qualifier l’Ape et les relations commerciales que l’Europe a toujours entretenu avec l’Afrique. Cette dame juge « inconcevable » le fait qu’on appelle les pays africains « à être consentants ». A côté de cette « magouille » européenne, les acteurs de la société civile ont dénoncé l’attitude peu patriote des commerçants africains qui, selon eux, sont plus intéressés par les produits venus d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs. Ce qui, à leur avis, fera que « le commerce risque de ne jamais être un facteur de développement ». Cheikh Tidiane Dièye pense que : « pour le commerce soit un moteur de développement, il faut une forte implication de l’Etat ». A son avis, le temps est venue de s’interroger sur : « Pourquoi en Afrique, nous n’avons pas pu réussir là ou les pays de l’Asie du Sud l’ont fait en mettant en place un système de production fort ». La plupart des militants de la société civile sont maintenant convaincus que les Etats africains, étant sous pression, vont signer cet Ape. Ce qu’ils continuent à demander, c’est de savoir sur quelles bases cet accord sera conclu ? Bacary DABO
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L’Accord de partenariat économique (Ape) devant régir les échanges commerciaux entre l’Union européenne et les pays Acp (Afrique caraïbe pacifique) dont ceux de l’Afrique de l’Ouest hante toujours le sommeil de la société civile sénégalaise. La question a fait de l’ombre sur les idées qui devraient orienter un commerce destiné au développement. Les débats étaient partis pour aboutir à l’esquisse de pistes devant faire du commerce un vrai facteur de développement. Voilà que la question de l’Accord de partenariat économique (Ape) que les pays Acp devant être signé depuis le 31 décembre 2007 avec l’Union européenne (Ue) fait irruption dans les débats du forum que l’Ong Enda a organisé le 7 octobre 2008 à Dakar.