| RECRUDESCENCE DES COUPURES D’ELECTRICITE: Les 43 milliards de l’Etat qui enfoncent la Senelec |
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Lat Soukabé Fall qui réagissait à la suite des délestages intempestifs d’électricité ayant occasionné des soulèvements dans certains quartiers de Dakar, a présenté le bilan d’une entreprise frappée par une crise financière qui, à l’en croire, date de 2005. La situation actuelle de l’offre et la demande de la Senelec est caractérisée par une croissance de 8 à 10% par an avec une satisfaction de la demande « mal assurée ». La situation financière n’est pas des meilleures. Selon le directeur général, la société vit depuis trois ans une crise financière aigue qui se traduit par un résultat négatif de -4.031 milliards de FCfa en 2005, -35.127 milliards de FCfa en 2006 et -6.347 milliards de FCfa en 2007. Les pertes cumulées sur les trois dernières années s’élèvent à 44.5 milliards de FCfa. En 2007, les fonds sont en dessous de la moitié du capital social. En juillet 2007, une recapitalisation a été faite par l’Etat avec une augmentation de 65 milliards de FCfa du capital. La difficulté dans l’approvisionnement en combustible renseigne sur la faiblesse du niveau financier de l’entreprise. « La Senelec n’a pas les ressources financières qu’il faut pour assurer un fonctionnement normal ». La « constipation » financière de la Senelec sera accentuée par la compensation de 63 milliards de FCfa que l’Etat devait reverser à la société suite à l’option prise pour maintenir le prix de l’électricité à un niveau acceptable pour les populations. Le directeur de la Senelec a avisé que la société qu’il dirige n’a reçu que 20 milliards de FCfa de l’Etat. Certaines informations relayées par la presse avisent que cette manne proviendrait du propriétaire de la Compagnie sucrière sénégalaise, Jean Claude Mimran. Une enveloppe qui, selon M. Lat Soukabé Fall, constitue une partie de la compensation des 63 milliards de FCfa que l’Etat doit à la Senelec. Une compensation contractée avec l’entrée en vigueur de la nouvelle tarification. « En 2008, une révision des tarifs devrait être fait compte tenu de la hausse du prix du baril du pétrole. L’Etat a opté de laisser les tarifs à 17% pour maintenir le prix de l’électricité à un niveau supportable par les populations. Ce qui a occasionné une compensation de 63 milliards de F Cfa qu’il devait reverser à Senelec ». Aujourd’hui, poursuit le directeur général de la Senelec, « nous étions obligés de puiser dans nos ressources qui sont insuffisantes ». Après cette bouffée d’oxygène reçue, la Senelec souhaite que le reste de l’argent que leur doit l’Etat, puisse suivre pour mieux sécuriser l’approvisionnement en combustible. Selon lui, les 20 milliards de FCfa ont permis à la Senelec de disposer de 15 mille tonnes de fioul lourd ayant permis de rétablir le mécanisme entre la Senelec et la Sar. Double facturation Entouré de son directeur général adjoint et du comité d’exploitation de la Senelec, Lat Soukabé Fall, le directeur général de la Senelec affirme que la principale ressource financière réside dans les ventes d’électricité. Selon lui, « malgré la hausse du mois de juin, les revenus sont toujours insuffisants ». Le manager principal de la société de l’électricité a pointé encore du doigt les cours des combustibles sur le marché international. « Malgré la baisse du baril du pétrole sur le marché mondial, le prix du fioul lourd reste au même niveau ». Le directeur général de la Senelec fait savoir que depuis le mois de juillet, le prix du fioul lourd est à 400 mille FCfa TTC la tonne. A l’en croire, aujourd’hui, dans ce contexte d’insuffisance de revenus, la Senelec a besoin de 1500 tonnes de fioul lourd par jour. « Chaque jour, nous avons besoin de 600 millions de FCfa pour fonctionner normalement. Ce qui revient à 18 milliards de FCfa le mois ». Concernant la double facture, le directeur général de la Senelec pense que le débat que cela a soulevé chez les consommateurs n’est qu’une incompréhension. Selon lui, la double facturation marque la période transitoire entre les deux systèmes de tarifications. « La double facturation est une facturation bimensuelle sur deux supports. L’une des factures concerne l’ancien système et l’autre prend en charge la nouvelle tarification ». Lat Soukabé Fall a assuré que : « peut être qu’elles ont été émise à une période cruciale mais c’est par souci de transparence et de ne pas léser les clients ». Pour les prochains bimestres, le directeur général promet le retour à la facture unique. Pour ce qui est des mesures immédiates, en attendant les 80 millions de FCfa de dollars promis par la Banque mondiale en deux tanches (70% pour 2008 et 30% pour 2009) et les 30 millions d’euros de l’Agence française de développement (Afd), le directeur général de la Senelec a évoqué la diversification des sources énergétiques avec le gaz et l’ensemble des énergies renouvelables. Lat Soukabé Fall assure que les mesures à prendre vont commencer au niveau interne avec la réduction des charges de la Senelec, mais également la lutte contre les pratiques frauduleuses.
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La fin des coupures d’électricité n’est pas à projeter dans un avenir proche. La Senelec qui est confrontée à un déficit de production est a cours de finances. Les 20 milliards de FCfa injectés par les autorités ne sont qu’une infime partie d’une compensation de 63 milliards de FCfa que l’Etat doit à la société. Ceci au moment où les besoins de la Senelec sont estimés à 1500 tonnes de fioul lourd par jour à raison de 400 mille FCfa la tonne, d’où un besoin de 600 millions de FCfa par jour soit 18 milliards de FCfa par mois. C’est le visage d’une entreprise sous perfusion, une entreprise suffocante qui nous a été présentée, ce vendredi 10 octobre par le directeur général de la Senelec.