| Mauritanie : Le Dg de la télévision nationale limogé |
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Le Directeur général, limogé vendredi dernier, avait été nommé à ce poste le 6 août 2008, suite au coup d’Etat militaire intervenu le même jour, par le Haut conseil d’Etat (Hce). Une junte dirigée par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a renversé le régime de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Aucune explication officielle n’a été avancée pour justifier cette décision du gouvernement. Cependant, depuis le 6 août dernier, les programmes de la Tvm étaient fortement décriés par les observateurs opposés au coup d’Etat et des personnalités indépendantes qui dénonçaient un retour au ‘monolithisme’. Avec notamment des images ne montrant que les manifestations favorables à la junte, ou rapportant une campagne médiatique contre le président déchu et sa famille, entre autres tendances. La goutte qui semble avoir fait déborder le vase est intervenue cette semaine à l’occasion d’un débat télévisé, au cours duquel l’un des participants, Isselmou Ould Abdel Kadr, écrivain et ex-ministre sous le régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, a défendu une théorie communautariste. Selon cette théorie, ‘la communauté maure est un danger en Mauritanie’. Assumant son appartenance au clan des dignitaires du pouvoir, renversés le 3 août 2005, l’ancien ministre a rappelé que les coups d’Etat militaires, perpétrés en Mauritanie au cours des dernières années, ont fait 164 victimes parmi cette communauté maure. Au cours de ce même débat, Abdel Kadr avait qualifié le Bataillon de sécurité présidentielle (Basep), de ‘milice’ au sein de laquelle on recense des éléments ‘étrangers’. Cette unité, commandée jusqu’au 6 août dernier par le Général Abdel Aziz, actuel chef de l’Etat, a été pourtant créée sous le régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya. Ces allégations, portées en l’encontre du gouvernement, par Isselmou Ould Abdel Kadr n’ont pas été appréciées par la junte, habituée à recevoir des campagnes médiatiques qui leur sont favorables sur la chaîne de télévision publique. Général Abdel Aziz, chef de la junte : ‘Un militaire qui veut se présenter doit quitter l'uniforme’ Le chef de la junte ayant pris le pouvoir le 6 août dernier en Mauritanie a déclaré n'avoir rien décidé encore sur sa candidature à une élection présidentielle. Il a néanmoins souligné qu'un militaire était en droit de se présenter s'il quittait l'armée. Dans un entretien accordé à La voix de l'Amérique, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz a réaffirmé son intention d'organiser une élection présidentielle. ‘Nous nous attelons à (le) faire’, a-t-il dit. Cette volonté s’est exprimée plus de deux mois après le coup d'Etat qui a renversé le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu du pays. A la question : ‘En cas d'élection présidentielle, est-ce que vous-même, vous êtes candidat, avec ou sans l'uniforme ?’, le Général a répondu : ‘Le problème n'est pas posé pour le moment. C'est aux Mauritaniens de décider de ce qu'ils veulent pour leur pays.’ Et ‘s'agissant de l'armée, a ajouté le nouvel homme fort de la Mauritanie, il est interdit aux militaires de se présenter. Donc un militaire qui veut se présenter doit quitter l'uniforme’, suivant l’esprit des dispositions constitutionnelles. ‘En ce qui me concerne, je n'ai rien décidé encore’, a précisé le Général Abdel Aziz. En outre, le chef de la junte a, lors de ce même entretien, évoqué l'organisation prochaine de journées de concertations, baptisées ‘états généraux de la démocratie’. Les Mauritaniens pourront alors ‘se décider et voir celui qui doit se présenter. Et s'ils veulent interdire aux militaires ou aux anciens militaires de se présenter, ils pourront le faire au besoin’, a dit l'officier. Le Général Abdel Aziz a, de nouveau, accusé le président déchu d'avoir bloqué les ‘institutions démocratiques élues par le peuple’. Il a également regretté que son prédécesseur se soit ‘attaqué aux institutions militaires qu'il a voulu décapiter de manière illégale et irrationnelle’. Le président mauritanien, élu en mars 2007, a été renversé le 6 août quelques heures après avoir limogé les quatre principaux dirigeants de l'armée, dont le général Ould Abdel Aziz qui dirigeait son état-major particulier. Pour sortir la Mauritanie de la crise : Boulkheir propose une élection présidentielle anticipée Le Front national pour la défense de la démocratie (Fndd) en Mauritanie, coalition de partis hostiles au putsch du 6 août 2008, a considéré vendredi dernier que les propositions du président de l'Assemblée nationale constituaient un ‘bon cadre de discussion’ pour sortir de la crise. Messaoud Ould Boulkheir, président de l'Assemblée depuis l'élection en mars 2007 du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, avait estimé qu'une sortie de crise passait par le retour au pouvoir du président renversé pour superviser une élection présidentielle anticipée. Le Fndd ‘voit dans cette initiative qui préconise le retour à la légalité incarnée par le président élu comme base de solution, un bon cadre de discussion’, souligne un communiqué publié vendredi soir. Le Front anti-putsch ‘se tient disponible pour en examiner les développements lorsque s'engagera un débat sérieux dans les conditions objectives et démocratiques requises’, conclut son texte. Le Fndd a refusé de participer aux journées de concertation que la junte veut organiser dans les jours qui viennent, sous le titre ‘états généraux de la démocratie’. Messaoud Ould Boulkheir a prôné jeudi ‘le retour au pouvoir du président Ould Cheikh Abdallahi pour une période déterminée’, suffisante pour l'organisation d'une élection présidentielle ‘libre et transparente’ et la ‘formation d'un gouvernement de consensus chargé de conduire les élections’. Il a souhaité une formule qui garantirait un avenir sûr aux membres de la junte aux commandes du pays, depuis deux mois. Mame Seydou DIOP
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La reproche qui aurait été faite à l’ancien patron de la Télévision publique de Mauritanie, Imam Cheikh Ould Ely, c’est d’avoir aidé l’écrivain et ex-ministre sous le régime de Taya, Isselmou Ould Abdel Kadr, à émettre des opinions défavorables aux nouvelles autorités de Nouakchott. Le directeur général de la Télévision publique de Mauritanie (Tvm), Imam Cheikh Ould Ely, a été limogé de ses fonctions jeudi dernier, selon un communiqué du gouvernement, diffusé vendredi. Cette mesure a été prise lors du conseil des ministres qui s'est achevé tard dans la soirée de jeudi, souligne-t-on. Imam Cheikh Ould Ely, rapporte la même source, est remplacé, au poste de Dg de la Tvm, par Mohamed Yahya Ould Haye, l’écrivain journaliste.