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Des réunions préparatoires au sommet de l’Union africaine (Ua) qui se tiendra à Syrte du 1er au 3 juillet, ont eu lieu ce dimanche. Le Conseil des ministres de l’Ua s’est ouvert dans la confusion. La cérémonie d’ouverture a été écourtée et reportée à la fin de l’après-midi. Les observateurs et journalistes ont été priés de quitter la salle, au milieu du discours du colonel Kadhafi. Un discours dominé par la question des Etats-Unis d’Afrique, un thème qui empoisonne les sommets depuis plusieurs années. Vêtu d’une saharienne, un châle négligemment jeté sur les épaules, le colonel Mouammar Kadhafi, qui préside pour un an l’Ua, est arrivé avec plus de trois heures de retard. Dans son discours improvisé, il a reconnu qu’il y avait des hésitations sur l’Afrique unie.
«Quand on dit non à quelque chose, il faut s’expliquer», a lancé le guide libyen. Il a proposé la disparition de tous les organes de l’Union africaine, au profit d’une autorité unique.
«Une autorité africaine exécutive», a-t-il martelé à plusieurs reprises. Le colonel Mouammar Kadhafi a pu-bliquement interpellé le président de la commission de l’Union africaine : «Avez-vous le même document que moi ?», a-t-il demandé à Jean Ping. Sourires gênés, messes basses à la tribune. Ricanements dans la salle. C’est à ce moment précis que les journalistes sont priés de quitter la salle. En fait, le colonel Kadhafi s’est appuyé sur un texte, inspiré par lui-même, qui n’avait pas été formellement approuvé lors du dernier Conseil des ministres de l’Union africaine, en avril dernier.

LES ETATS-UNIS D’AFRIQUE : UN SUJET QUI FACHE
Cet incident est révélateur des tensions qui minent cette organisation depuis plusieurs années. Partisans et adversaires des Etats-Unis d’Afrique s’affrontent à longueur de sommet. Visiblement, cette année, le colonel Kadhafi semble déterminé à en finir. Il a proposé qu’un vote soit organisé autour de son projet d’Etats-Unis d’Afrique, prenant le risque, selon des diplomates de provoquer «une grave scission» de l’Union africaine. Les débats promettent d’être animés cette semaine.
DISCOURS DE JEAN PING : UN CHAPELET DE COUPS D’ETAT
En fin d’après midi, la cérémonie d’ouverture a finalement eu lieu. Dans son discours, le président de la commission de l’Union africaine a énuméré la longue liste des coups d’Etat et des changements de Constitution. Madagascar qui «a basculé dans une situation anticonstitutionnelle». Le Niger, dont le président de la commission de l’Union africaine redoute des «dérapages» à la suite des «récents évènements autour de la Constitution». La Guinée pour qui Jean Ping exprime «sa vive préoccupation devant les incertitudes qui entourent la conduite de la transition». Enfin, le scrutin présidentiel en Guinée-Bissau préoccupe aussi Jean Ping, qui a rappelé que «l’ancien Président Nino Vieira est le 31e chef d’Etat assassiné en Afrique, en moins de 40 ans».
Rfi.fr
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