|
L’ANCIEN PREMIER MINISTRE MAME MADIOR BOYE SUR LE NAUFRAGE DU BATEAU "LE JOOLA"
NETTALI.NET- C’est un Mame Madior Boye sereine de nature, flegmatique sous les feux roulants des questions de jouralistes et extrêmement pondérée dans l’appréciation des séquences du film de sa mise en accusation par la justice française, que nous avons vue en cette fin de journée du 2 juillet s’exprimer sur le dossier judiciaire ouvert depuis des années et portant sur le naufrage du bateau « Le Joola ». Entourée de quelques membres du collectif d’avocats de la défense qui l’ont merveilleusement épaulée dans la tâche, l’ancien Premier ministre a eu aujourd’hui, à faire preuve d’une parfaite maîtrise du sujet et d’une grandeur d’esprit seigneurial durant tout le temps de son intervention.
Sur tous les aspects de la question, elle a donné des réponses simples mais limpides et sans équivoque. Magistrate de formation rompue à la tâche et ayant blanchi sous le harnais, elle a su remonter le fil des évènements pour situer le rôle des uns et des autres parmi les acteurs tournant autour de cette tragédie constituant l’une des plus sombres pages de l’histoire de notre pays. Pour arriver à la conclusion qui fonde la pertinence de son long silence depuis des années quand son nom a été mêlé au feuilleton judiciaire ouvert par la justice française : "on me colle le défaut de ne savoir pas communiquer mais j’ai toujours évité de faire la confusion entre communication et bavardage."
Maintenant qu’elle a décidé de parler, elle n’a pas fait dans la dentelle pour cracher ses vérités : "je n’ai rien à me reprocher dans cette affaire. Au contraire c’est à moi qu’on reproche à tort des choses. Je n’ai jamais fui mes responsabilités. J’aurais pu utiliser la technique du bouc-émissaire en désignant des coupables dès l’accident et me mettre à l’abri comme cela se fait ailleurs mais je n’ai aucune raison de le faire parce que je trouve cela inhumain", a déclaré l’ancien Premier ministre. Ses avocats Mes Massokhna Kane, Elh Diouf et Aïssatou Tall Sall ont abonné dans le même sens et fait de grandes révélations sur les différentes péripéties de la procédure judiciaire en cours.

"On nous a même proposé d’entendre Mame Madior Boye à l’aéroport Charles de Gaulle de Paris pour pouvoir annuler dans les minutes qui suivent le mandat d’arrêt" a confié Me Elh Diouf avant de marteler avec force le refus catégorique qui a été opposé au juge d’Evry. L’insistance du juge français avait, d’une certaine manière, des relents d’acharnement contre l’ancien Premier ministre et de persécution. Pour Me Tall Sall, l’attitude de l’avocat des victimes françaises était plus qu’étonnante : "quand nous avons brandi les conventions internationales qui refusent qu’on poursuive des hautes personnalités d’un Etat, faisant fi du bénéfice de juridiction dont elles jouissent et de leur immunité de fonction, il a tout simplement dit que cela ne s’applique pas aux démocraties africaines."
Une déclaration insultante qui n’a pas manqué de provoquer l’ire de ses confrères sénégalais ayant en charge le dossier. Bref, à la lumière de toute la panoplie d’arguments juridiques et politiques étalés, il n’y a point de doute que la voie suivie par la partie civile française conduira indubitablement vers une sortie heureuse pour les autorités sénégalaises visées par les poursuites.
(Nous reviendrons à l’aide d’un dossier complet sur la conférence de presse de Mame Madior Boye pour de plus amples informations)
- Par OUSMANE KEBE DIOP
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire. SVP, connectez vous ou enregistrez vous. |