Interné pour complications post-opératoires : Bibo gardé à vie par la CREI

Il avait dû se faire opérer à l’ancien Cto, faute d’obtenir une évacuation sanitaire pour la France. Or, il semblerait que ladite opération s’était mal déroulée, et l’homme d’affaires inculpé dans le volet Karim Wade de l’affaire dite de l’enrichissement illicite, est encore hospitalisé à Dakar, luttant contre la mort.

Bibo Bourgi pourra-t-il être à la barre pour participer, au même titre que ses six co-inculpés,  au procès de Karim Wade, programmé pour la fin de ce mois ? Si l’on en juge par les informations obtenues sur son état de santé, il n’y a rien de moins sûr.

Des informations d’origine médicale attestent en effet que l’ami de Karim Wade est au plus mal. La preuve, au moment où ce journal est mis sous presse, Ibrahima Aboukhalil Bour­gi, alias Bibo, est encore hospitalisé, cette fois pour complications post-opératoires.

On sait en effet que, faute d’avoir pu obtenir de la Crei, l’autorisation d’une évacuation médicale en France, M. Bourgi a dû faire contre mauvaise fortune et subir une intervention médicale à l’Hôpital général de Grand Yoff (ex-Cto).

Des médecins ont déclaré sous la garantie de l’anonymat que, vue la complexité de l’opération, que le personnel sur place n’a pas l’habitude d’effectuer, l’intervention devait se passer en deux étapes, et la prochaine était programmée pour 5 semaines après, c’est-à-dire, dans environ deux semaines.

Malheureusement, les choses ne semblent pas se présenter comme voulu. En effet, à la suite de complications survenues après cette première opération, Bibo Bourgi a dû être interné d’urgence dans une clinique privée de Dakar, et il semblerait que l’on doive encore l’opérer, car son état serait critique.

La maladie de Bibo Bourgi a été longuement commentée par la presse sénégalaise, depuis sa mise en examen, et son internement, dans le cadre de la procédure concernant la lutte contre l’enrichissement illicite. Du fait de son état de santé, il n’a pu supporter les rigueurs de la détention, et a même bénéficié d’une liberté provisoire afin de pouvoir se soigner.

Cependant, la Crei, qui avait traîné les pieds pour lui accorder une liberté provisoire, n’a pas voulu franchir le dernier pas et lui permettre d’aller se faire opérer en France, malgré les avis concordants de tous les médecins spécialisés. De sorte que, Bibo Bourgi, qui par le passé, avait déjà subi trois pontages coronariens, et malgré des moyens financiers pouvant lui permettre de se prendre en charge, a dû se contenter d’un plateau médical assez rudimentaire pour une opération assez délicate.

En plus de problèmes cardiaques, Ibrahim Aboukhalil Bourgi souffrirait d’insuffisance rénale.

Sans préjuger des raisons des magistrats de la Crei, nombre d’observateurs de ce dossier s’émeuvent quand même d’une attitude qui montre peu d’humanité dans cette affaire. Ces personnes rappellent qu’en des circonstances similaires, Cheikh Béthio Thioune, qui lui, est toujours inculpé dans une affaire d’assassinat de deux de ses disciples, a pu, non seulement bénéficier d’une liberté provisoire, mais en plus, obtenir de se rendre en France pour se faire soigner. Ibrahima Aboukhalil «Bibo» Bourgi offre, au même titre que Béthio Thioune, des garanties de représentation. Pourquoi alors, s’interrogent ces gens, la Cour fait-elle preuve d’autant de dureté à son égard ?

Écrit par Mohamed GUEYE

mgueye@lequotidien.sn

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