October 18, 2017
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Interpellation à Aulnay-sous-Bois : un policier mis en examen pour viol

L’interpellation de jeudi à Aulnay-sous-Bois, filmée par la vidéosurveillance de la police municipale.  Captures d’écran «le Parisien»

Un homme de 22 ans a été gravement blessé à coups de matraque jeudi après-midi par des agents de police lors d’une opération de contrôle qui a fini en interpellation à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a-t-on appris samedi. Les faits se sont produits dans le quartier de la Rose-des-Vents, vers 17 heures. «Lors de l’interpellation, très violente, deux policiers étaient en sécurisation, pendant que deux autres lui donnaient de nombreux coups», détaille une source proche du dossier à Libération. C’est à ce moment-là qu’un policier lui a causé une importante blessure à l’anus avec son arme. Les images de vidéosurveillance de la ville permettent de voir «nettement les violences et, à un moment, un coup de matraque télescopique, porté à l’horizontale, transperce le caleçon du jeune homme», d’après cette même source. Dimanche soir l’un des quatre policiers a été mis en examen pour viol.

Après avoir subi une opération d’urgence, le jeune homme était encore hospitalisé, dimanche. Son rapport médical fait état d’une «plaie longitudinale de 10 centimètres de profondeur du canal anal et du bas rectum et d’une section du muscle sphinctérien». Le jeune homme présente également des blessures au crâne et au visage. Son incapacité totale de travail est, pour l’instant, estimée à soixante jours.

«Détournement»

Pour ces faits, les quatre agents de la Brigade spécialisée de terrain d’Aulnay-sous-Bois ont été placés en garde à vue vendredi par l’Inspection générale de la police nationale, poursuivis initialement pour des faits de viol en réunion. Mais selon le parquet de Bobigny, «les éléments constitutifs de la qualification de viol étaient insuffisamment établis». Dimanche matin, le procureur a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire et requalifié les faits en violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique. Le parquet a requis la mise en examen des quatre policiers et leur placement sous contrôle judiciaire. Ces derniers ont été auditionnés dimanche après-midi par un juge d’instruction.

«Ce sont des faits extrêmement graves», a estimé Bruno Beschizza, le maire LR de la ville. Secrétaire national à la sécurité de son parti et lui-même ancien policier, il apporte un franc soutien à la famille : «Je ne comprends pas cette requalification, vécue comme un détournement de vérité. Je répète mon soutien plein, entier et total à la famille. L’immense majorité des jeunes Aulnaysiens sont des exemples positifs. Ce jeune homme en fait partie.»

Dimanche soir, nouveau revirement : si trois des policiers sont mis en examen pour «violences volontaires en réunion», le quatrième, auteur du coup de matraque en cause, l’est bel et bien pour «viol». Dans un communiqué publié à la suite de cette décision, le ministre a annoncé la suspension à titre provisoire des quatres policiers concernés. Contacté, son cabinet indique qu’il a proposé de recevoir la famille de la victime.

Deux autres scènes

Lors de leurs garde à vue, les quatre policiers avaient contesté la nature sexuelle de l’infraction. «La matérialité des faits ne fait pas de doute, les blessures proviennent de la matraque télescopique et cela ne fait pas non plus de doute que ces violences excèdent l’usage normal de la force. Mais pour entrer dans une qualification de viol, il faut que le policier ait eu l’intention de pénétrer la victime avec sa matraque», indiquait à Libération une source proche du dossierSur cet aspect de l’affaire, de nombreuses autres vidéos tournées par des témoins vont être également exploitées par la police des polices.

Deux autres scènes de violences devraient également faire l’objet d’investigations. Une fois menotté et maintenu au sol, le jeune homme aurait continué à recevoir des coups de la part des policiers. Ces violences auraient également continué dans la voiture, lors du trajet jusqu’au commissariat d’Aulnay-sous-Bois.

Ismaël Halissat

Libération

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