INTIATIVE – Contre les problèmes de santé, liés à la malnutrition : Le comité national du Codex alimentarius ressuscité

Les produits alimentaires exposés et vendus en public, sans aucune norme de sécurité, interpellent les autorités du pays. Raison pour laquelle, le Comité national du codex alimentarius (Cnca) a été ressuscité avec un plan d’action, produit par rapport aux priorités et aux moyens humains, matériels et financiers disponibles, afin d’assurer la sécurité des produits que nous mangeons au Sénégal.

Les aliments non contrôlés vendus un peu partout dans le pays, surtout dans cette période de ramadan et qui ne répondent ni aux normes d’étiquetage, de préparation, de conservation ont une incidence dévastatrice sur la qualité et la sécurité sanitaire et la nutrition des ménages, car ils se répercutent sur leur santé et leur bien-être ainsi que sur l’accès à une nourriture saine et leur utilisation pour une bonne nutrition.

Ces aliments ont aussi de sérieuses répercussions sur la production agricole et exercent une forte pression sur les services sanitaires et sociaux. Les familles perdent leur capacité de travail et de production.

Plus les ménages s’appauvrissent, plus il leur est difficile de se procurer de la bonne nourriture et de couvrir leurs besoins les plus élémentaires. Les ménages consacrent du temps et des ressources à soigner les membres de leur famille, victimes de carences et de maladies. 

C’est en substance, le tableau noir présenté à plusieurs acteurs de la nutrition, tout dernièrement à Dakar, à l’occasion de la journée de mise en place du Comité national du codex alimentarius. Il faut dire que devant cette situation, qui ne garantit pas la sécurité de ce que nous mangeons au Sénégal, ledit comité a été ressuscité pour le rôle de prévention à propos de la qualité de la nourriture dans ce pays. 

En effet, le Sénégal à l’instar de tous les pays membres, avait crée par décret n°83 – 1204 du 24 novembre 1983, le Comité national du Codex alimentarius placé sous la tutelle du ministère de la Santé, correspondant de cette commission, composée de toutes les structures susceptibles de jouer un quelconque rôle dans la protection de la sécurité sanitaire des éléments. Il s’agit pour rappel, des services techniques des ministères en charge de la Santé, de l’Agriculture, du Commerce, des Affaires étrangères, des Forces armées, de l’Intérieur, de l’Ensei­gne­ment supérieur, de la Recherche scientifique, des Pêches maritimes, de l’Elevage, de l’Industrie, de la Femme, de la Famille et de l’Enfance et de l’Environnement. 

Mais 28 ans après sa création, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, car force est de constater aujourd’hui que les objectifs fixés n’ont pas été atteints pour plusieurs raisons d’ailleurs. Pourtant, sa redynamisation a été demandée par note primatoriale n°00642 Pm/Cab/Se.Cnsa depuis le 12 février 2010. Et un an plus tard, c’est-à-dire le 22 mars 2011, un président et un point focal de contact ont été nommés par le ministre de la Santé de l’époque.

Maintenant, indique le président du Comité national du codex alimentarius (Cnca), le Professeur Amadou Diouf, il est question de renforcer le partenariat entre le Cnca et d’autres entités ou encore de faire en sorte qu’un Cnca capable de jouer son rôle au niveau national, régional et mondial soit mis en place.

Ces décisions majeures sanctionnent la réunion de tous les acteurs, tenue à Dakar. Réunion à l’issue de laquelle, un plan d’action du Comité national du codex alimentarius a été produit par rapport aux priorités et aux moyens humains, matériels et financiers disponibles tout en restant en phase avec les directives de la Commission du Codex alimentarius.              

Pour rappel, en 2005, selon des chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), près de 30% de la population mondiale souffrait d’une ou de plusieurs formes de malnutrition, dont 55 millions (10%) d’enfants de moins de 5 ans, faisant de cette affection, le facteur de risque le plus élevé pour le poids global de la morbidité.

Il faut préciser sous ce rapport, que les carences nutritionnelles et plus spécifiquement les carences en micronutriments (Vitamine A, zinc, fer, iode,…) en raison de leurs effets directs sur la santé des individus et surtout sur l’impact sur le développement cognitif, sur l’éducabilité et sur le potentiel professionnel futur des personnes atteintes, contribuent le plus au poids de la morbidité. D’où l’urgence justement de faire renaître le comité national du Codex alimentarius, qui peut jouer un grand rôle, dans la sécurité des produits alimentaires consommés au Sénégal.

Écrit par Aly FALL

alyfall@lequotidien.sn

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