INVENTION – Salon africain de la recherche et des innovations : Foire des génies de la science

Le Salon africain de la recherche et des innovations (Saris) 2014 a démarré hier sous de bons auspices. Plusieurs résultats de recherches ont été présentés au public par des scientifiques qui poussent de plus en plus l’audace très loin.

La tribune a été conçue à la fois par l’Agence nationale de la recherche scientifique appliquée (Anrsa) et l’Agence sénégalaise pour la propriété industrielle et l’innovation technologique (Aspit) pour proposer une plateforme d’expression aux génies de l’ombre, ramasseurs de coquillages sur la grève du vaste océan de la science. En marge du Salon africain de la recherche et des innovations (Saris) 2014, plusieurs institutions et chercheurs indépendants ont exhibé au grand jour les résultats de leurs recherches.

Dans les stands, les nouvelles prouesses renseignent sur la mesure du génie des auteurs. Deux grandes salles accueillent les stands et une foule de visiteurs. Dans l’un des stands, Top Mountain, impliqué dans l’agriculture bio propose un système d’arrosage original.

Cette société de commercialisation, de distribution d’intrants, de matériels agricoles et de produits d’hygiène publique présente à la pelle un catalogue de semences hybrides caractérisées par une maturité précoce, un potentiel de rendement élevé, une résistance aux maladies, une tolérance au transport et à la chaleur.

Top Mountain présente également des systèmes hors sols de micro jardin qui constituent une alternative crédible pour renforcer la sécurité alimentaire. Dans le stand, les laitues, les menthes exhibent de belles couleurs. 

A côté, les autres stands sont assaillis par les écoles doctorales. On y retrouve, entre autres, l’école doctorale eau, qualité et usage de l’eau, l’école doctorale des sciences de la vie, de la santé et de l’environnement, l’école doctorale de physique-chimie, des sciences de la terre et de l’univers, l’école doctorale des mathématiques et de l’informatique. Mais également l’Institut national de pédologie. 

Moulin à pâte d’arachide
Dans la grande salle des expositions, l’attraction est constituée par un moulin à pâte d’arachide. Le modèle présenté est une curiosité et dispose de statistiques renversantes. Le moulin a une capacité de production de 100 kilogrammes par heure. Cheikh Guèye, techno-praticien et concepteur du moulin confie : «Contrairement au système traditionnel, celui-ci est plus performant en ce qu’il permet d’éviter d’avoir des grains de sable dans la pâte d’arachide. Il n’y a pas un système de serrage de disque. A l’intérieur, il y a un marteau qui fait le travail.»

Cheikh Guèye présente également son autre bébé, un fourneau original. Il confie à ce propos : «Je l’ai appelé le foyer émergent. C’est un fourneau qui ne prend juste qu’un kilo de charbon pour préparer un repas pour dix personnes. Le fourneau pèse 17 kilos, a été fait avec de la tôle galvanisée 12/10 et a une durée de vie de 5 ans.» Pour l’heure, Cheikh Guèye n’a pas encore commercialisé ses deux trouvailles qui ne sont encore que des prototypes.

Pourtant, l’auteur ne crache pas sur un partenariat industriel : «Le problème c’est que si cela venait d’Europe, les Sénégalais se l’arracheraient alors que ce fourneau est bien plus rapide que le gaz. Il consomme peu de charbon, au moins cela permet d’économiser sur le bois de nos forêts.» 

A quelques pas de là, Mamadou Saliou Diallo, originaire de Diaobé, contemple ses réalisations. La première est un lave-mains. Il confie : «Les questions d’hygiène sont essentielles, c’est indéniable. L’a­van­­­tage avec ce lave-mains, c’est qu’il permet à quatre personnes de l’utiliser à la fois. C’est une économie de temps.» Le récipient qui sert de réservoir d’eau peut contenir jusqu’à 30 litres de liquide. 

A la base, il propose une place pour un miroir, et des compartiments qui séparent les différents usagers. Le concepteur précise que l’appareil est tout à fait indiqué pour les cérémonies de mariage, de baptême, les évènements religieux comme les magal et gamou. L’autre curiosité présentée par Mamadou Saliou Diallo a tout le confort d’un fauteuil, bien rembourré, très esthétique. Pourtant, le siège conserve en son sein des gadgets insoupçonnés. Sur sa base, il recèle une sorte de petit lavabo tout à fait indiqué pour les ablutions.

Mamadou Saliou Diallo confie que sur le dossier du siège se cache en réalité un réservoir d’eau d’une capacité de 15 litres capable d’assurer les ablutions d’une trentaine de personnes. Sous le siège se trouve également un robinet mobile à tuyau souple. La même conc­ep­tion préside à la réalisation d’un lave-mains pour les hôpitaux. Celui-ci présente des dispositions encore plus pratiques. Le robinet s’active avec une pédale automatique. 

Dans cette exhibition de talents, Abdoulaye Mbodji, la vingtaine en poche, fait figure de petit génie. Devant ses prouesses, il explique, détaille. La première réalisation est un système électronique de contrôle des stationnements. Il explique qu’avec le système qu’il a mis en place, le paiement se fait par téléphone portable. Si le délai imparti arrive à terme, un message est lancé au gestionnaire du parc de stationnement qui vient adresser une notification. Suivant une tarification modique, le système permet de générer 360 000 emplois annuels par dispositif pour une municipalité. 

Création d’emplois
Par ailleurs, Abdoulaye Mbodji ajoute que le système, en plus d’être pratique, permet de collecter des sommes conséquentes pouvant aller jusqu’à un milliard pour les collectivités locales. Abdoulaye Mbodji, chef de l’entreprise Sen power industries, roule grâce à l’appui de ses parents ainsi qu’à celui de partenaires comme le ministère de l’Enseignement supérieur. Il découvre une autre curiosité constituée par une éolienne à mouvements oscillatoires.

Dans ce dispositif, l’air rentre, accélère le flux d’air, actionne un boîtier électronique qui oscille. Cette action dégage une électricité grâce à un système d’engrenage. Le concepteur précise que l’appareil peut même être porté en hauteur. Il en livre les capacités : «Sur une hauteur de deux mètres et pour un vent soufflant à 5 mètres par seconde, on peut avoir une production de 3 kilowatts, suffisant pour assurer la consommation en électricité d’une maison.» 

Encore fragmentaires, les résultats de recherches proposés lors du premier jour du Saris ébauchent une belle promesse. Cette tribune entend infliger un coup de fouet au lambinant essor de la science au Sénégal.

Écrit par Arona BASSE

abasse@lequotidien.sn

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