Jackson family : La vie sans Michael

Le groupe s’est reformé il y a trois ans en mémoire de leur frère disparu. Plus de quarante ans après l’Olympia, ils reviennent en France cette semaine. Rencontre.

Paris Match. Malgré la disparition de Michael, pourquoi avoir reconstitue le groupe ?
Marlon. Nous recevions des milliers d’e-mails de fans, qui réclamaient notre renaissance.
Jackie. Ce n’était pas facile, cela faisait vingt-cinq ans que nous n’avions pas fait de tournée.
Jermaine. Mais pour nous, c’était aussi un moyen de faire le deuil de la mort de notre frère.
Marlon. C’est triste de chanter sans lui, il nous manque tous les jours, mais quand nous chantons ensemble, son esprit est présent sur scène. Et puis, voir des enfants de 5 ans danser sur des chansons composées alors qu’ils n’étaient pas nés, c’est magique. Et réconfortant.

La mort de Michael, dont on vient de célébrer le cinquième anniversaire, a-t-elle marqué un tournant dans votre vie ?
Jackie. Oui, je n’avais jamais vu la mort d’aussi pres.
Tito. Ou que nous allions, il y a toujours quelque chose qui nous ramène à lui, une de ses chansons qui passe à la radio, un fan qui vient nous présenter ses condoléances… Ca arrive tous les jours et c’est difficile.
Jermaine. Nous aimons notre frère, et nous en avons marre de tous ceux qui essaient de nous séparer de lui, comme s’il était différent de nous. Ca me rend dingue quand j’entends certains prétendre mieux le connaître que nous.

Michael Jackson est bien plus riche mort que vivant. Comment l’expliquez-vous ?
Jermaine. Il a su toucher le cœur des gens. Rappelez-vous la foule qui s’est précipitée au Staples Center de Los Angeles pour son enterrement : il y avait deux millions de personnes. La police n’avait que 4 000 agents à disposition pour gérer tout ce monde. Elle disait qu’elle n’allait pas y arriver. Ma mère voulait annuler la cérémonie… La chanson de Michael «We are the World» résume très bien le message qu’il voulait faire passer. Unifier le monde autour de la musique. C’est exactement le sens de notre démarche.

Racontez-nous comment l’aventure des Jackson 5 a commencé, dans les années 1960.
Marlon. C’est notre mère qui est à l’origine de tout. Elle a remarqué notre talent. Un jour, elle dit à notre père : «Tu sais, je crois que les garçons savent chanter.» Il ne voulait pas en entendre parler. Il lui répondait : «Mais non, ils ne sont bons à rien.» Notre mère a insisté Alors, notre père [qui jouait de la guitare dans un groupe de blues] a accepté de nous écouter chanter un morceau, et les répétitions ont commencé, dans notre toute petite maison de Gary, dans l’Indiana.
Mais vous n’avez jamais fait de solfège.
Jackie. Nous avions une motivation qui venait de l’intérieur. Nous avons appris par nous-mêmes. 
Marlon. Notre père nous a beaucoup poussés… Vous savez comment sont les enfants : ils veulent quelque chose, et puis ils oublient, ils se dispersent. Papa était là pour nous remettre dans le droit chemin.

Comment était l’ambiance à la maison ?
Marlon. Austère. Notre mère est géniale, mais très respectueuse du dogme des Témoins de Jého­vah. Nous n’avions aucun cadeau à Noël ou à l’occasion des anniversaires, ni œufs de Pâques, ni friandises à l’occasion de Halloween.

Quel est votre meilleur souvenir de l’époque ? 
Marlon. Lorsqu’on ramassait sur scène les dollars que les gens nous jetaient. Après, à l’école, on frimait. Les plus riches, c’était nous !
Mais vous étiez pauvres, à l’époque…
Jackie. Nous n’avions pas d’argent, c’est vrai, mais nous étions riches en amour, en énergie, en rêves et en bonbons, il y en avait plein à la maison.

Avez-vous souffert du racisme ? 
Marlon. Du racisme, non. Mais c’est vrai qu’à l’école nos camarades ne croyaient pas en nous, ils se moquaient de nos chansons. A l’époque, nous jouions de la musique country western. Très vite, ils ont changé d’avis, et insistaient pour venir à nos concerts. Parfois, on leur en donnait un gratuit !

Comment était Michael enfant ? 
Marlon. Lui et moi, nous faisions les quatre cents coups ensemble. La première fois que nous sommes arrivés à New York, nous étions logés au 30e étage de l’hôtel Warwick, et nous nous amusions à lancer des rouleaux de papier hygiènique par les fenêtres. Ils tombaient en se déroulant dans les airs, puis jonchaient le sol au pied de l’immeuble. Ce genre de bêtise nous amusait beaucoup. En réalité, nous étions tous timides dans la vie, et totalement libérés sur scène. Michael comme nous.

Michael était un prodige, n’avez-vous jamais éprouvé de la jalousie envers lui ?
Marlon. Non. Cela aurait pu se produire si nous avions juste été un groupe de musiciens, mais nous étions frères. Le nom de famille de Michael, c’est Jackson, comme nous. Et c’est grâce aux Jackson 5 qu’il est devenu une superstar. Notre groupe a été sa rampe de lancement, et nous en sommes fiers, pas jaloux.
Jermaine. Ensemble, dans les années 1970, nous avons battu des records dans l’histoire de la musique. Alors que nous étions cinq inconnus, nous avons aligné quatre albums d’affilée à la première place des ventes, dont deux ont même battu les Beatles : personne n’est parvenu à faire mieux depuis. Quand nous avons chanté au Dodger Stadium [stade de 56 000 places à Los Angeles], nous y avons passé une semaine entière. Alors que les Bee Gees, eux, à la même époque n’y sont restés que deux nuits. Nous sommes les plus jeunes à être entrés au Rock’n’Roll Hall of Fame, et je crois que nous l’avons bien mérité. A ce jour, la famille Jackson, tous membres confondus, a vendu plus de disques que les Beatles, les Stones, Elvis Presley et les autres…
Jackie. Quand nous étions jeunes, nous voulions être aussi célè-bres que James Brown, les Temptations ou Jackie Wilson. Ces artistes nous ont influencés, mais, aujourd’hui, c’est nous qui inspirons de nombreux artistes contemporains. 

Le succès est arrivé très tôt. En quoi a-t-il changé votre vie ?
Marlon. En rien. Nous sommes restés les mêmes, des types de Gary dans l’Indiana. Rien n’a changé. Aucun d’entre nous n’a pris la grosse tête. J’ai toujours deux jambes, et je suis très heureux de pouvoir me réveiller chaque matin. Ce que le succès m’a apporté, c’est la connaissance du monde. Je connais peu de gens qui comme moi ont rencontré la reine d’Angleterre, Nelson Mandela, et fait le tour du monde plusieurs fois…

Que connaissez-vous de la France, vous qui allez y jouer pour la première fois depuis votre réunification ?
Jermaine. Nous y avons joué dans les années 1970. J’adore les Champs-Elysées à Noël… Le pain, la gastronomie, et Zinedine Zidane, même si je sais qu’il n’est plus dans votre équipe.
Marlon. …Et moi, j’adore les Françaises. Je les connais bien ! 

Parismtach.com

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