JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE CE 3 MAI La seule sentinelle

Journée mondiale de la liberté de la presseInstaurée en décembre 1993 après la tenue du séminaire pour le développement d’une presse africaine indépendante et pluraliste, la Journée mondiale de la liberté de la presse sera célébrée ce 3 mai, rythmée par des tables rondes, panels et autres débats. Le Synpics, la CJRS, le Cored vont rivaliser d’ardeur sur les sujets.

Comme les syndicalistes qui ont brandi leurs bouquets de revendications – les mêmes ou presque depuis des années – devant le Chef de l’Etat, les journalistes vont égrener un chapelet de préoccupations inhérentes à leur vécu quotidien notamment le fossé qui se creuse entre eux et les patrons.
Au delà de la précarité ambiante, la véritable gangrène qui menace la presse sénégalaise se trouve ailleurs. Si le degré de la démocratie d’un pays peut se mesurer au nombre de ses journaux et médiums, force est de reconnaitre que la presse a pris un nouvel élan, inquiétant celui-là, qui tranche avec celui que les précurseurs avaient voulu et pour lequel ils ont combattu.
Journalisme de racolage
Quand l’Occident s’inquiète de l’accaparement des médias par des industriels (exemple de l’ouverture du capital de Libération, un journal jadis, maoïste au banquier Edouard de Rothschild), au Sénégal, la « peopolisation » de la presse, la course au scoop, risquent de décréter la mort des médias.
Pis, depuis que l’information est devenue une marchandise, la vérité a perdu de plus en plus sa place. La règle de la triangulation est foulée au pied. Ce qui compte désormais, c’est la vente. Ce qui explique d’ailleurs que les médias sénégalais se livrent à une course effrénée pour le sensationnel, l’exploitation de la peur, le stéréotype, l’émotion, la complaisance et le silence.
Parallèlement, les télévisions sénégalaises se livrent une bataille mortelle. Il y a de moins en moins de place à la production. La course à l’audimat a débouché sur des programmes au rabais où les mannequins et autres animateurs occupent les ondes et les écrans, participant ainsi  à «domestiquer» davantage les populations. La publicité mensongère et la dictature des serveurs qui pompent les pauvres sénégalais, ont fini de ne plus émouvoir.
Que dire des pseudo- revues de presse qui sont devenues des plateformes de théâtralisation de l’actualité ?
Comme si les Sénégalais avaient arrêté de réfléchir, le copier-coller fait légion et les programmes finissent par être des clones. Au niveau de la presse écrite, la « page noble », est transformée en foire à devinettes.
Malgré ces différentes tares de la presse sénégalaise qu’il faut diagnostiquer sans complaisance et proposer des solutions de sortie de crise, on doit toutefois reconnaitre le rôle des médias dans la consolidation de la démocratie sénégalaise. Avec la démocratie consensuelle que prône Macky Sall et ses alliés, partis politiques, acteurs de la société pour la plupart ont été domestiqués. Malgré tout, la presse reste la seule sentinelle de la démocratie.

Abdoulaye THIAM

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