Journée mondiale de la radio: informer, c'est sauver des vies

R A D I O_0Comme chaque 13 février depuis 2012, on célèbre ce samedi la Journée mondiale de la radio, une initiative lancée par l’Unesco et dont RFI est, avec d’autres, partenaire. L’édition 2016 a pour thème « la radio en situation d’urgence ou de catastrophe », un aspect essentiel de ce média universel.

Tremblements de terre, inondations, crises sanitaires, conflits armés, plus encore qu’à l’accoutumée l’accès à l’information par la radio devient essentiel, pour ne pas dire vital, quand des populations se trouvent confrontées à ces types de dangers. Parce qu’il est léger, mobile et qu’il peut se passer d’électricité, le bon vieux transistor à piles fait partie des instruments indispensables dans une trousse de survie quand on est sinistré, réfugié, isolé, malade ou confiné.

Média de proximité par excellence, la radio est donc à la fois le compagnon indispensable des personnes les plus vulnérables qui ont besoin de se tenir informées en même temps qu’elle est un outil essentiel pour les humanitaires quand ils doivent s’organiser sur le terrain. La radio est utile après la catastrophe, quand les gens commencent à retrouver un semblant de vie normale dans des situations souvent difficiles lorsque, par exemple, un séisme a tout détruit autour d’eux et qu’ils n’ont plus de toit, comme cela s’est produit au Népal au printemps dernier.

RADIO MADA_0Des facettes multiples

Organisatrice de cette Journée mondiale de la radio 2016, l’Unesco fait la distinction entre trois différents types de radio. D’abord les grandes radios publiques, commerciales, voire internationales (comme RFI par exemple) qui grâce à un réseau étendu peuvent accompagner les principaux acteurs humanitaires en cas de grande catastrophe. Ensuite, les radios communautaires ou radios associatives qui sont indispensables, mais aussi plus fragiles, car elles peuvent être brutalement obligées de cesser d’émettre pour cause de panne technique, de dégâts matériels voire par la force des armes.

Et il y a enfin les radios éphémères, des initiatives radiophoniques comme on les appelle aussi, qui sont mises en place spontanément comme l’avait par exemple fait la Croix-Rouge en Haïti après le séisme de janvier 2010 ou comme le font en ce moment les Nations unies dans les camps de réfugiés en Syrie avec Radio Sa’a Suriya. « Quand vous mettez 30 000 personnes ensemble sur un territoire pendant des mois, voire des années, ils ont besoin d’une radio », explique Jean-François Riffaud, coordinateur français de la Journée mondiale 2016 à Paris.
Monter une radio en une heure à peine, c’est techniquement possible grâce à Radio-In-A-Box (RIAB), un équipement facile à transporter mis au point en 2005 à la demande de l’Unesco. Tout tient dans un flight-case : un petit émetteur, un ordinateur portable, un lecteur de CD/cassette, un enregistreur numérique et des micros. La puissance est certes limitée mais sur une zone restreinte, la RIAB peut s’avérer très précieuse comme cela s’est vérifié ces dernières années en Indonésie, au Chili, au Bhoutan, en Inde, en Jamaïque ou au Tonga où des RIAB ont été utilisées ces dernières années. Ou encore en Afghanistan où l’armée américaine s’en est massivement servi.
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La radio sauve des vies
Autre possibilité pour mettre en place des radios éphémères, la radio par internet, à condition d’avoir une connexion électrique. « Ça se développe partout, reconnaît Jean-François Riffaud. Les freins sont de moins en moins importants et ça devient un vrai outil populaire. C’est très complémentaire avec la radio, ce n’est pas concurrent ».

RADIO_MEDARD2_0Prudence et sang-froid sont de mises
Vécues de l’intérieur, les situations de crise demandent essentiellement du sang-froid et du bon sens. « Avant de partir sur le terrain on se renseigne d’abord sur l’état du pays, les conditions, la situation et surtout le degré de danger que représente la mission », explique Médard Chablaoui, technicien de reportage à RFI depuis 1985. « On se pose la question : “Est-ce que cela vaut le risque d’y aller ou non”. Si oui, on contacte nos correspondants quand il y en a, ou bien nos connaissances personnelles », explique-t-il.

« Ensuite, reprend-il, en fonction de la mission, on prépare le matériel technique, c’est-à-dire le minimum pour ne pas être trop lourd et se déplacer plus facilement. Une fois arrivés, le but c’est d’être opérationnels tout de suite ». Une bonne préparation n’exclut évidemment pas les mauvaises surprises. « Les pièges à éviter c’est de croire qu’on est invincible, que rien ne peut nous arriver de dangereux, renchérit Médard. On ne va partout sans réfléchir. Il faut rester vigilant et ne pas jouer les têtes brûlées ».

Et ce technicien très apprécié à RFI sait de quoi il parle. En 2001, il a été capturé par les talibans entre Jalalabad et Kaboul, une expérience particulièrement douloureuse. Le même jour, notre consœur Johanne Sutton, que Médard devait retrouver là-bas, était assassinée ainsi que deux autres journalistes lors d’une embuscade. « J’en garde de très mauvais souvenirs. Si je suis encore en vie c’est grâce à mon chauffeur, ancien militaire afghan et aussi bien sûr aux dollars que j’avais sur moi ».

www.rfi.fr

 

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