La Chine admet avoir sous-évalué sa consommation de charbon

Francois Hollande et son homologue chinois Xi Jinping à la Maison du peuple de Péking, le 2 novembre 2015.
Francois Hollande et son homologue chinois Xi Jinping à la Maison du peuple de Péking, le 2 novembre 2015.

La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, brûle encore plus de charbon que ce qu’elle ne disait : au moins 17 % de plus par an, selon de nouvelles données gouvernementales. D’après le New York Times, cette révision à la hausse des chiffres officiels signifie que la Chine a produit près d’un milliard de tonnes de plus de dioxyde de carbone par an par rapport aux calculs initiaux.

Avec notre envoyée spéciale à Séoul,  Anissa el-Jabri

Drôle de découverte officielle. Cette information sur la pollution, largement sous-estimée, de la Chine, une négociatrice de la COP21 l’affirme : elle était connue des spécialistes de l’énergie depuis plusieurs semaines.

Les dirigeants chinois « apparaîtront plus vertueux dans leur engagement, puisqu’ils vont pouvoir dire maintenant “on va diminuer de tant”, mais ils partent sur un chiffre plus haut.Ca tombe pile avec la Cop 21. S’il y a un message subliminal derrière, c’est celui-là. », explique Christian Hocquard, expert au Bureau de Recherche Géologique et Minière.

Le seul chiffre de 17% communiqué par la Chine est ainsi supérieur à ce que l’économie allemande émet chaque année à partir de combustibles fossiles. Cette information qui tombe quelques heures après une visite de François Hollande à Pékin, une visite que le président avait qualifiée de décisive pour la préparation de la conférence sur le climat.

Pourtant, loin d’y voir une forme de double jeu de Pékin sur la question climatique, François Hollande préfère saluer un effort de transparence. Mieux que ça pour le président, cela renforce l’engagement de Pékin pour un accord contraignant sur le climat.

« Ce que nous avons signé avec le président chinois, c’est l’engagement de la Chine à respecter non seulement les obligations qui avaient été intégrées dans la contribution, mais la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La clause de révision c’est la certitude que nous pourrons vérifier et que nous pourrons renforcer », a estimé le président de la République.

Autre pays sur lequel le président français veut s’appuyer dans la zone, la Corée du Sud. Mais il y a, là aussi, des ambivalences. D’un côté, Séoul se pose en pays modèle. Premier en Asie à avoir lancé un marché du carbone, siège du Fonds vert pour le climat, la Corée du Sud est aussi très fière qu’un des siens soit aujourd’hui à la tête du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Et pourtant ce pays émergent très industrialisé est aussi un grand pollueur : le 7e de la planète.

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