LA COUR CONSTITUTIONNELLE DISSOUT LE GOUVERNEMENT ET L’ASSEMBLÉE D’ALI BONGO

Révolution au Gabon! La Cour constitutionnelle a décidé de dissoudre l’Assemblée et de faire démissionner le gouvernement sous le motif que la date limite pour organiser les élections législatives n’a pas été respectée. Les autorités gabonaises avaient jusqu’au lundi 30 avril. Et la décision est tombée pile poil, sans temps additionnel ni prolongation : dehors! Votre parcours s’arrête en quart comme le Barça! Prenez le car pour aller retrouver votre chef du gouvernement catalan ! Les ministres et députés sont envoyés à aller continuer leurs jeux dans la cour de récréation et regarder le match du Real ce mardi soir devant leur télé! Aujourd’hui c’est la fête du travail des vrais joueurs . Chômeurs du gouvernement et du parlement avec leur capitaine Ali Bongo, coéquipier de Lionel Messi dans les tribunes, en attendant un match de repêchage!

Pour la première fois de l’histoire, la Cour constitutionnelle du Gabon frappe le coup de poing sur la table. Elle qui était le wagon de la locomotive des Bongo, renverse maintenant son gouvernement et fonce droit sur le Parlement. C’est un grave accident qui va provoquer plusieurs morts dans le camp du régime. C’est une vraie crise puisqu’ Ali Bongo est sommé de nommer un gouvernement de transition, lequel devrait aussi démissionner après l’organisation des élections législatives. L’opposition gabonaise qui a bousculé la Cour constitutionnelle après qu’elle ait validée l’élection contestée d’Ali Bongo, salue la décision par la voix de son porte-parole David Mabinga. Ali Bongo est affaibli. Même s’il peut nommer un autre gouvernement, il ne peut pas le faire avec les députés et risque de perdre la majorité dans la prochaine assemblée.

Après la Cour suprême du Kenya qui a invalidé la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta, la décision de la cour constitutionnelle du Gabon est une première en Afrique francophone et particulièrement en Afrique centrale où la justice est totalement à la remorque de l’exécutif. C’est aussi le résultat du caractère de l’opposition et du peuple gabonais qui n’ont jamais baissé les bras, ni cessé la mobilisation jusqu’à la diaspora pour se débarrasser de la dynastie Bongo. Mise sous pression par les contestations, la Cour constitutionnelle a fini par céder. C’est le peuple gabonais qui vient de remporter une victoire symbolique.

Pendant ce temps, au Tchad la justice , l’opposition et le peuple croisent les bras et regardent Idriss Déby tailler la Constitution sur mesure pour son régime présidentiel royal sous l’appellation ” quatrième République “. Le projet de constitution a été adopté lundi tranquillement par le Parlement. Tant que l’opposition et les peuples d’Afrique francophone vont se comporter comme de moutons dociles incapables de se mobiliser contre les régimes dictatoriaux, sous prétexte qu’ils craignent la mort, ils seront conduits sans résistance à l’abattoir ou au mouroir avec la bénédiction de la justice qui validera toutes les fausses élections . Comme le disait André Suarès en 1930: 《Si tu es marteau frappe; si tu es enclume, supporte 》.

J. RÉMY NGONO

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