La crémation des défunts par l’eau plutôt que par le feu

AQUAMATIONUn procédé permettant la crémation des corps par l’eau plutôt que par le feu vient d’arriver au Québec et gagne de plus en plus en popularité.

«C’est moins violent qu’un four à 1200 degrés. Le feu c’est fort, ça fait peur aux gens et c’est associé à l’enfer. Mais l’eau c’est doux, c’est moins drastique», estime Éric LeSieur, propriétaire du complexe funéraire LeSieur, le premier à se procurer une machine d’aquamation au Québec.

Le fonctionnement de la machine est assez simple. Le corps est déposé dans l’appareil qui se remplit d’eau à laquelle on ajoute une solution alcaline. L’eau est ensuite chauffée pendant une douzaine d’heures.

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«L’eau ne monte pas jusqu’à l’ébullition, il n’y a aucun corps qui finit bouilli. Il ne faut pas oublier qu’on est fait à 65 % d’eau, alors la solution ne fait que dissoudre les tissus humains», insiste M. LeSieur.

À la fin du processus, il ne reste plus que les os (comme lors d’une incinération) qui sont réduits en poussière et déposés dans une urne.

Près d’une cinquantaine d’aquamation ont été pratiquées depuis que le processus a été autorisé en mars dernier par le ministère de la Santé.

«Tous ceux qui sont venus pour une crémation depuis ce temps ont finalement décidé de se tourner vers l’aquamation», indique M. LeSieur.

La technique datant d’une centaine d’années, appelée hydrolyse alcaline, était surtout utilisée pour les animaux. Des machines adaptées pour l’humain existent depuis une quinzaine d’années, mais elles étaient auparavant trop dispendieuses.

Plus écologique

Le processus est beaucoup plus écologique que l’incinération. Elle n’émet que 1 kg de CO2 tandis qu’une crémation par le feu en produit 160 kg, soit l’équivalent d’une voiture faisant l’aller-retour entre Montréal et Vancouver.

Le procédé est aussi moins cher pour le client. «On n’a pas à acheter un contenant à crémation et le processus en tant que tel est moins cher. On peut facilement sauver 250 $», compare M. LeSieur.

Pour la Corporation des thanatologues, c’est une bonne nouvelle pour l’industrie.

«Nous sommes contents lorsque de nouveaux procédés sont mis sur le marché. L’objectif est toujours d’offrir plus de choix aux gens», mentionne Isabelle Pelletier, adjointe à la direction de l’organisation.

Selon M. LeSieur deux autres salons funéraires en Abitibi et en Mauricie se sont montrés intéressés par l’aquamation.

COMMENT FONCTIONNE L’AQUAMATION?

  • Le corps est déposé dans la machine et est immergé dans 300 litres d’eau à 96 degrés Celsius.
  • Un mélange d’hydroxyde de sodium et de potassium est ajouté à l’eau. La quantité est calculée selon le poids du corps.
  • L’appareil prend 12 heures pour dissoudre les tissus humains dans le cas d’une machine à basse pression (comme celle de M. LeSieur) et 6 heures pour une machine à haute pression.
  • Les os qui restent après le processus sont réduits en poudre et déposés dans une urne.
  • L’eau de l’aquamation est rejetée dans les égouts et subira les traitements d’usage de l’usine d’épuration de la ville.

MARIE EVE DUMONT

MARIE-ÈVE DUMONT

 

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