La ferveur monte à 24 heures du Magal de Touba

Avec la 119ème édition du Grand Magal, l’évènement religieux commémorant le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba au Gabon, la ferveur est montée à Touba. Les disciples continuent de converger en masse vers la capitale du mouridisme. Ils arrivent par vagues, dans des véhicules bondés ou des calèches surchargées. De manière ininterrompue, cars rapides, bus, motos, charrettes, vélos continuent à débarquer les fidèles. Lesquels arrivent parfois même dans la ville sainte à pied.tba

En effet, certains ne voulaient, en aucun cas, manquer la prière de vendredi, alors que d’autres souhaitent effectuer leur ziarra avant la grande effervescence. Au fur et à mesure qu’on s’approche de la Grande mosquée de Touba, la ferveur du Magal devient de plus en plus perceptible sur les visages et les gestes des disciples. Habillés de boubou traditionnel, ils arpentent les différents couloirs de la Grande mosquée de Touba, pieds nus, pour se recueillir sur les tombes des grands dignitaires mourides. Les préposés à l’organisation veillent toujours à ce que tout cela se passe dans l’ordre. Au grand bonheur des fidèles qui ne manquent jamais l’occasion pour formuler des prières. Une affluence qui n’a en rien perturbé les travaux en cours au niveau de la Grande mosquée.

Des dos d’âne sur l’axe Thiès-Touba pour diminuer les accidentsSur chacune des routes menant vers Touba circule une noria de véhicules transportant tous des pèlerins. De fait, un dispositif de forces de sécurité chargées de veiller au grain et de contrôler notamment l’excès de vitesse a été déployé sur le terrain. C’est ainsi que des dos d’âne ont été placés sur l’axe Thiès-Touba pour imposer le ralentissement aux milliers d’usagers de la Route nationale (RN3), dans l’optique de diminuer les accidents de circulation. A l’approche de Touba, les véhicules sont obligés de rouler lentement à cause des bouchons qui se forment et ralentissent considérablement le trafic routier. L’air est pollué par la poussière soulevée à cause du défilé continu de troupeaux de moutons et de vaches dont la viande devrait garnir les copieux plats destinés à la restauration des fidèles. Pour éviter de respirer cette poussière, certains se procurent des masques.

 

La ferveur monte à 24 heures du Magal de Touba
La Gendarmerie immobilise 62 motos Jakarta à ToubaLa Gendarmerie nationale a immobilisé vendredi une soixantaine de motos “Jakarta”, a annoncé le lieutenant-colonel Amacodou Fall, commandant de la Légion Centre-Ouest. “Nous avons immobilisés 62 motos Jakarta’’, a-t-il dit dans un entretien avec des journalistes venus couvrir le Grand Magal de Touba, qui se tient dimanche pour commémorer le départ en exil au Gabon de Cheikh Ahmadou Bamba. Ce, conformément à un arrêté du ministère des Transports terrestre, qui interdit la circulation interurbaine de ces engins. ‘’On ne va pas leur pardonner, la loi c’est la loi’’, a-t-il martelé, rappelant que les motos Jakarta avaient entraîné en 2012 des accidents qui avaient causé la mort de 12 personnes. La Gendarmerie nationale a déployé un millier d’éléments dans le cadre du Magal de Touba.
Le commandant de la Légion Centre-ouest a indiqué qu’elle a mis l’accent sur la sécurité routière.

 

Un mort et 52 blessés déjà enregistrés sur le chemin du MagalUn bilan d’un mort et 52 blessés a été établi sur les cinq accidents de circulation survenus à 48 heures du Magal de Touba, a-t-on sur place, hier, auprès de la Gendarmerie nationale. Le Lieutenant-colonel Amacodou Fall, commandant de la Légion Centre-ouest, a indiqué que le cas de mort a été constaté dans une route latérite hors de couverture de la gendarmerie. La victime était un enfant de sept ans, selon l’officier de gendarmerie qui a révélé par ailleurs que cinq personnes ont été arrêtées par ses hommes. Il s’agit de deux individus pour vol, deux autres pour abus de confiance et un autre pour détention de chanvre indien.

Interdictions à Touba : Comment s’y prend la police

Le poste de contrôle situé à l’entrée sud de Touba suffit-il aujourd’hui à faire la police face à tous les interdits en vigueur dans la ville sainte dont notamment le tabac, les boissons alcoolisées et la drogue. En tout cas, la police a changé de fusil d’épaule avec le développement de la cité, de plus en plus tentaculaire.
«Le poste de contrôle existe jusqu’à présent, mais avec l’étendue actuelle de la ville et ses différentes voies d’accès, il n’est plus adapté pour ce travail. Aujourd’hui, le contrôle s’exerce sur toute l’étendue de la ville”, renseigne une source proche de la police.”L’interdiction est permanente. Magal ou pas, on est toujours de veille par rapport à ces proscriptions. Personne n’ose allumer une cigarette dans la rue”, ajoute la même source qui a requis l’anonymat. Cependant, la traque des contrevenants en matière de tabac bute sur une difficulté liée surtout à une vacuité juridique. Le code pénal ne prévoit pas de délit reposant sur la consommation de tabac. “Il y a une difficulté réelle parce que la loi ne prévoit pas d’arrestation en matière d’usage du tabac, mais c’est le marabout qui l’interdit. Dans cette situation, il faut choisir de faire respecter la volonté du marabout car Touba est un titre foncier lui appartenant”, ajoute-t-on de même source. Ainsi, en cas d’interpellation d’une personne pour détention ou consommation de cigarettes dans la ville, elle est soumise à un paiement d’une contravention dont le montant est compris entre 1500 et 3000 francs. De plus, le contrevenant qui ne peut être gardé outre mesure est mis en demeure avant d’être libéré.

Croisade de Baye Lahad

“Légalement, l’arrestation d’une personne ne peut être justifiée en la matière, mais compte tenu du statut religieux et culturel de Touba, on ne peut pas être là à regarder les gens fumer, organiser des manifestations mondaines ou boire de l’alcool”, soutient-on également de même source. Aussi, compte tenu du contournement du poste de contrôle, la police procède par des fouilles au flair. Celles-ci sont plus serrées la nuit et plus allégées durant la journée. Sans donner de chiffres, la même source admet toutefois que beaucoup de personnes sont arrêtées pour de telles fautes. “Ici, les gens fréquentent les daraas (écoles coraniques), mais après leurs études, ils n’ont pas de distractions. Ils se réfugient derrière l’alcool, les filles, etc. C’est pourquoi il y a beaucoup de problèmes de sexe ici”, souligne-t-elle. Le troisième Khalife général des mourides, Serigne Abdou Lahad Mbacké, avait lancé une croisade contre les boissons alcoolisées, le tabac, la drogue, la contrebande, les jeux de hasard et les manifestations mondaines. Il avait déclaré ces pratiques illégales le 18 septembre 1980 sur toute l’étendue de la ville sainte de Touba.

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