La fiancée de Jamal Khashoggi demande de «mettre au jour la vérité» sur son assassinat

Hatice Cengiz, fiancee of slain Saudi journalist Jamal Khashoggi, is seen during an interview with Reuters in London, Britain, October 29, 2018. REUTERS/Dylan Martinez

Dans une tribune publiée par plusieurs journaux, Hatice Cengiz, la fiancée du journaliste Jamal Khashoggi, appelle la communauté internationale à «traduire en justice ses assassins». Elle regrette également la position adoptée par les États-Unis, qu’elle juge «dépourvue de tout fondement moral».

Alors que chaque jour amène un peu plus de détails sordides sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, sa fiancée signe aujourd’hui une tribune dans laquelle elle «demande justice pour (son) Jamal bien-aimé». Dans ce texte publié vendredi par plusieurs journaux, dont Le Monde en France, elle appelle de ses vœux à ce que les grandes puissances traduisent en justice les responsables du meurtre du journaliste exilé depuis 2017 aux États-Unis. L’éditorialiste Jamal Khashoggi, collaborateur du Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat saoudien d’Istanbul, où il s’était rendu pour des démarches administratives en vue de son mariage avec sa fiancée de nationalité turque. Un mois après sa mort, et malgré les efforts déployés par les autorités turques, son corps, ou ce qu’il en resterait, n’a toujours pas été retrouvé.

Dans sa tribune, Hatice Cengiz explique que c’est «à la communauté internationale de traduire en justice ses assassins», et notamment les États-Unis, dont elle critique «la position dépourvue de tout fondement moral». Cette critique intervient quelques jours après que Hatice Cengiz a déclaré dans une vidéo reprise par les médias britanniques: «Il faut que le président Trump aide à révéler la vérité et à ce que justice soit rendue. Le président Trump ne doit pas permettre que le meurtre de mon fiancé soit étouffé». Dans cette même vidéo, elle explique que «le régime saoudien sait où se trouve (le) corps» de Jamal Khashoggi et appelle les «criminels diaboliques et leurs lâches maîtres politiques» à rendre des comptes.

L’appel lancé par Hatice Cengiz insiste aussi sur le fait que personne n’est au-dessus des lois et que les individus ayant décidé de l’exécution de son fiancé doivent être poursuivis, ce qu’elle considère comme «un test en humanité» qui «exige du leadership». «J’invite donc les présidents des pays européens ainsi que celui des États-Unis à réussir ce test. Justice doit être rendue. J’exige que ceux qui ont prémédité et commis cet assassinat sauvage soient jugés. Ceux qui l’ont ordonné doivent également être poursuivis – quand bien même ils occuperaient la plus haute fonction politique», insiste-t-elle.

«Un homme plein de gentillesse»

«L’assassinat brutal de Jamal a choqué le monde entier. Car avec lui nous avons perdu une voix de portée universelle. Maintenant qu’il est mort, les principes qu’il a défendus avec tant de passion quand il était vivant sont placés sous les projecteurs. Démocratie, liberté, droits de l’homme», écrit encore Hatice Cengiz. Ses propos ne sont pas sans rappeler ceux de Jamal Khashoggi dans ce qui se révélera être son dernier texte pour le Washington Post : «Le monde arabe a besoin d’une version moderne des anciens médias transnationaux pour permettre aux citoyens d’être informés de l’actualité mondiale. Plus important encore, nous devons fournir une plateforme aux voix arabes.»

Dans sa tribune, Hatice Cengiz décrit Jamal Khashoggi comme «un homme plein de gentillesse, de patience […] et d’amour» qui «souhaitait un nouveau départ». Sa fiancée insiste sur la nouvelle vie que celui qu’elle devait épouser avait choisi d’entamer: «Jamal venait d’acheter une maison. Il rêvait de fonder une famille. Il était tout excité à l’idée de choisir le mobilier.» Hatice Cengiz conclut cette tribune en expliquant: «Aujourd’hui, je me retrouve seule devant la porte. Je suis l’article que Jamal n’a pu terminer. Aujourd’hui, tous ensemble, nous devons le finir et porter la torche de l’âme de Jamal jusqu’à ce que son rêve se réalise.»

Auteur: lefigaro.fr

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