La fin de l’OTAN ? Neuf pays signent le plan militaire de l’UE

Par Joaquin Flores

Neuf pays de l’UE signeront ce lundi 25 juin un plan visant à créer une force d’intervention militaire européenne, a déclaré un ministre français, la Grande-Bretagne soutenant la mesure afin de maintenir des liens solides avec le bloc après le Brexit.

La force, connue sous le nom d’Initiative européenne d’intervention et défendue par le président français Emmanuel Macron, a pour objectif de pouvoir se positionner rapidement pour faire face aux crises, selon un rapport de l’AFP.

En ce qui concerne les formalités, une lettre d’intention doit être signée au Luxembourg lundi par la France, l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas, l’Estonie, l’Espagne et le Portugal.

L’initiative implique « un travail de planification conjoint sur des scénarios de crise qui pourraient potentiellement menacer la sécurité européenne », selon une source proche du ministre, y compris les catastrophes naturelles, l’intervention en cas de crise ou l’évacuation des citoyens.

L’initiative serait séparée des autres coopérations de défense de l’UE, ce qui signifie qu’il n’y aurait pas d’obstacle à la participation du Royaume-Uni après sa sortie du bloc.

« C’est clairement une initiative qui permet l’association de certains pays non membres de l’UE », a déclaré le ministre français.

« Le Royaume-Uni a été très intéressé car il veut maintenir la coopération avec l’Europe au-delà des liens bilatéraux », a-t-il ajouté.

Ce n’est pas la première tentative de lancer une initiative similaire. 25 pays de l’UE ont signé un pacte de défense majeur en décembre, acceptant de coopérer sur un certain nombre de projets militaires, mais il n’est pas certain que le Royaume-Uni puisse rejoindre l’un d’entre eux après avoir quitté le bloc européen.

L’UE compte quatre « groupes de combat » militaires multinationaux depuis 2007, mais les désaccords politiques ont fait que les troupes n’ont jamais été mobilisées. C’est aussi à cette époque que l’UE a commencé à pousser son austérité sans fin le plus longtemps et que les banques de l’UE ont adopté les mêmes programmes que les banques américaines sur le marché des produits dérivés, en fait pour les acheter. C’est une bulle qui a finalement éclaté, et l’UE s’est efforcée d’imposer ces coûts à la classe moyenne, aux petites entreprises, aux travailleurs et aux épargnants. Cela a accru l’euroscepticisme.

Paris espère qu’en se concentrant sur un plus petit groupe de pays, sa nouvelle initiative sera en mesure d’agir de manière plus décisive, sans les contraintes qui rendent parfois difficile l’action des 28 membres de l’UE et des 29 membres de l’OTAN.

A l’origine, l’Italie avait manifesté de l’intérêt pour la proposition. Le nouveau gouvernement à Rome  » envisage de rejoindre  » l’initiative mais n’a pas pris de décision finale, a dit M. Parly. Cela pose le problème de l’euroscepticisme croissant.

La contradiction ici est qu’indépendamment des États membres de l’UE qui dominent ou cherchent à dominer l’Union, ce sont les pratiques économiques de l’UE qui reflètent celles des États-Unis qui ont amené l’UE à son orientation actuelle.

Mais le développement d’une force armée de l’UE en dehors de l’OTAN représente le nœud grandissant de l’indépendance européenne, une fracture de l’Occident et, en fait, la fin du Trans atlantisme.

Par conséquent, des réformes structurelles dans l’UE sont possibles et la politique de l’UE à l’égard de la Russie peut se réchauffer, étant donné la guerre commerciale avec les États-Unis et la division croissante de l’alliance transatlantique.

Vendredi, la direction de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a exclu la possibilité que l’initiative européenne soit en concurrence avec l’alliance. Selon lui, l’initiative complétera l’OTAN, mais a tenu à rappeler qu’après le Brexit, 80% du financement de l’organisation proviendra de l’extérieur de l’Union Européenne.

L’OTAN apparaît de plus en plus au public comme une initiative dirigée ou dominée par les Etats-Unis, et ses missions ne signifient guère plus que des coalitions de volontaires.

Un consensus croissant de l’UE autour d’un type de force de combat basée dans l’UE qui peut être mobilisée avec succès signifierait que cela ne pourrait être possible à long terme qu’après une série de réformes majeures et profondes des structures et pratiques actuelles de l’UE.

 Source:https://www.fort-russ.com/2018/06/the-end-of-nato-nine-countries-to-sign-eu-military-plan/

Traduction : Avic – Réseau International

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