La Grèce touche sa dernière aide de l’Europe

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, en compagnie du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le chef du gouvernement grec ne retournera finalement pas à Bruxelles vendredi soir pour poursuivre les négociations avec les créanciers de la Grèce, /PHoto prise le 3 juin 2015/REUTERS/François Lenoir

«Reçu pour solde de tout compte.» Cette fois, ça y est, la Grèce a touché la dernière tranche d’aide financière prévue par le plan de sauvetage européen, décidé dans la douleur à l’été 2015. Le MES (Mécanisme européen de stabilité) a annoncé lundi avoir versé 15 milliards d’euros à l’État grec. Cette enveloppe avait été approuvée le 22 juin par les ministres des Finances de la zone euro, qui ont jugé satisfaisants les efforts menés par le gouvernement d’Alexis Tsipras pour redresser les finances publiques de son pays et mener les réformes qu’ils exigeaient en échange de leur soutien.

Sur cette dernière tranche de 15 milliards d’euros, 5,5 milliards sont affectés au paiement du service de la dette. Le reste, soit 9,5 milliards, va étoffer une réserve de précaution. Celle-ci se monte désormais à 24 milliards d’euros, de quoi couvrir 22 mois de besoins de financement de la Grèce, indique le MES. Une marge de manœuvre confortable, à même de rassurer les marchés lorsque Athènes voudra y faire appel dans les prochains mois, et qui contraste avec la situation de crise aiguë d’il y a trois ans où l’État grec était au bord du défaut de paiement. Alors que le plan d’aide de 2015 avait prévu une enveloppe de 86 milliards d’euros, ce sont finalement «seulement» 61,9 milliards d’euros qui auront été décaissés, précise encore le patron du MES, Klaus Regling.

Officiellement, c’est le 20 août que la tutelle des créanciers européens et du FMI sur la Grèce prendra fin. Elle sera alors mise sous «surveillance renforcée» par la Commission européenne, une procédure beaucoup moins contraignante. Le 20 août «sera une étape importante pour le pays», souligne Klaus Regling qui avertit en même temps: «La Grèce devra maintenant prouver à ses partenaires et aux marchés qu’elle s’est engagée à ne pas inverser les réformes passées […] pour devenir une économie robuste qui crée de la croissance et des emplois.»

 

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