La Journée mondiale de la liberté de la presse

« Depuis que les Nations unies ont décidé en 1993, de célébrer le 3 mai de chaque année la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’organisation RSF, Reporters sans frontières, classe les pays selon que cette liberté d’expression est réelle, factice ou carrément absente. »

C’est ce que rappelle le quotidien Aujourd’hui au Burkina qui précise que « dans cette cuvée 2017, on ne peut que féliciter la Namibie (24e), le Ghana (26e) et le Cap-Vert (27e). Mais aussi et surtout le Burkina Faso qui se hisse à la 42e place mondiale pour la liberté de la presse, donc, et qui arrive 1er en Afrique francophone. »

Commentaire du quotidien burkinabè : « c’est une avancée qui n’étonne guère au Pays des hommes intègres, qui revient de loin pourtant, depuis 2014, date à laquelle la presse locale aurait pu tomber dans certains travers mortifères en jetant de l’huile sur le feu au moment où le pays dansait le yoyo politique.

Excepté certains titres qui ont versé un peu dans la haine, la diffamation ou la confusion, la plupart des journaux ont fait dans l’objectivité, la pondération et la responsabilité sociale. »

Et on pourrait rajouter que ça n’est pas un hasard ou une complaisance quelconque qui nous pousse dans cette revue de presse à citer largement les quotidiens burkinabè, mais bien leur liberté de ton et leurs qualités d’écriture.

L’Observateur Paalga, le plus ancien quotidien privé du pays, se félicite également de ce bon classement du Burkina au tableau d’honneur de la liberté de la presse : « pour voir le premier pays francophone africain, il faut attendre le 42e rang mondial et la 5e place africaine, un pays pauvre très endetté situé au cœur de l’Afrique occidentale, appelé Pays des hommes intègres, qui se paie même le luxe de devancer les Etats-Unis, classés 44e mondial. Bien sûr, poursuit L’Observateur Paalga, c’est pour l’anecdote mais à tout le moins, ce rang n’est pas volé et il confirme le bien que pensent bien des observateurs du Burkina Faso dans sa marche vers un enracinement véritable de la démocratie. »

Constat accablant en RDC…

Beaucoup plus loin dans ce classement, à la 154e place (sur 180), on trouve la RDC… Le Potentiel à Kinshasa dresse ce triste constat : « au moment où le monde célèbre, ce mercredi 3 mai, la Journée internationale de la liberté de la presse, en RDC, cette liberté n’est pas totalement acquise. Déjà, le journaliste n’a pas accès à toutes les sources d’information.

Il y a de ces secteurs où il lui est interdit de fourrer son nez par peur de représailles. Entre la presse et le pouvoir, on s’observe en chiens de faïence. Et le journaliste, parfois clochardisé par la rigueur économique, va jusqu’à brader son objectivité par instinct de survie. (…)

Il faut s’attendre à tout quand on a décidé d’œuvrer dans les médias, soupire encore Le Potentiel. Brimades, calomnies, emprisonnements, voire assassinats ciblés sont le lot quotidien. »

… et au Burundi

Plus loin encore, à la 160e place, il y a le Burundi… Un pays où de nombreux médias se sont tus depuis maintenant deux ans, depuis l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza pour un autre mandat qui a plongé le pays dans la crise.

Dans sa dernière livraison, l’hebdomadaire Iwacu, l’un des derniers médias privés burundais à se faire entendre, fait le point justement sur l’état de la presse dans le pays.

Un constat accablant : « assassinats, disparition et exil des journalistes, destruction et fermeture des médias, restriction des libertés de mouvement… c’est le tableau peu reluisant, constate Iwacu,du monde médiatique burundais, après deux ans de crise. »

Liberté pour Ahmed Abba !

Enfin, en cette journée mondiale de la liberté de la presse, il faut bien sûr, encore et toujours, dénoncer le traitement infligé à notre confrère Ahmed Abba… En effet, déplore le site d’information Wakat Séra, « alors qu’il n’a fait que son job avec professionnalisme et rigueur, le correspondant en Haoussa de RFI à Maroua au Cameroun, Ahmed Abba paie le prix fort de l’entêtement des prédateurs de la liberté de la presse.

Condamné à 10 ans de prison après près de deux ans d’incarcération arbitraire, de détention secrète et de tortures, le journaliste camerounais, énième souffre-douleur des bourreaux de la démocratie, croupit dans les geôles de ses tortionnaires, suite à un procès, véritable parodie de justice.

Le dossier d’accusation est pourtant vide de preuve, pointe encore Wakat Séra, comme l’ont dénoncé les avocats du prisonnier et les organisations de défense des droits de l’homme. »

Dans une chronique publiée par Le Monde Afrique, l’essayiste camerounais Yann Gwet, hausse encore le ton : « dans le cas d’Ahmed Abba, le patriotisme et la justice, écrit-il,commandent de dénoncer l’emprisonnement des journalistes qui font leur métier, de s’élever contre la persécution des dissidents sous couvert de lutte contre le terrorisme, et de réclamer le respect, par l’armée camerounaise, des règles de la guerre. En somme de dire non à la dictature. Pour la sécurité du pays. »

RFI

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