La mort de Sylvanus Olympio, c'était une commande française

220px-Sylvanus_OlympioLa mort de Sylvanus Olympio, c’était une commande française
Sylvanus Epiphanio Kwami Olympio, un militant chevronné de l’émancipation africaine, bardé de diplôme et polyglotte parlant six langues, remporte démocratiquement un scrutin incontestable sous supervision des nations unies en 1958. Il devient le président de la république du Togo. Son choix pour le progrès et l’indépendance du Togo lui sera fatal.
Il est environ 23:30 à Lomé et les Olympio dorment. Des assaillants attaquent la résidence du président. Des coups de feu éclatent. Les deux policiers affectés à la sécurité du président tentent une résistance vaine. Réveillé, Olympio quitte sa résidence et cherche à se mettre à l’abri à l’ambassade des États-Unis fermée à cette heure tardive. Il se résigne à se cacher dans le parking. Les assaillants neutralisent les deux policiers affectés à la sécurité du président et investissent la maison des Olympio à la recherche du président qui s’est momentanément échappé. Le chef des assassins, Etienne Gnassingbé Eyadema, sergent de l’armée française, visiblement perturbé d’avoir manqué sa cible, décroche le téléphone et se met à parler en présence de la femme du président et des enfants terriblement terrifiés: « allo Monsieur Mazoyer? Nous sommes chez lui. Il a disparu. »

Henri Mazoyer est l’ambassadeur de France à Lomé.
Henri Mazoyer appelle son homologue américain au Togo Léon Poullada pour lui dire que le président Sylvanus Olympio devrait se cacher quelque part dans la cour de l’ambassade des États-Unis. Mr Poullada veut vérifier les propos du représentant de la France au Togo. Il quitte précipitamment sa résidence pour aller inspecter la cour de l’ambassade des États-Unis. Pendant l’inspection, Olympio l’aperçoit de sa cachette. Le président Togolais appelle monsieur Poullada. Il raconte brièvement à l’américain la tentative d’assassinat contre sa personne. Alors que le président Olympio est encore vivant, venant de communiquer avec l’ambassadeur américain, la Radio France Internationale, à son bulletin matinal de 6:00, annonce déjà la mort du président togolais. Après avoir écouté les récits de Sylvanus Olympio, monsieur Poullada décide de le cacher dans les locaux de l’ambassade des États-Unis mais il n’a pas de clefs sur lui et le personnel absent. Poullada retourne chez lui pour chercher les clefs. Il ne se rend pas encore compte que la tentative d’assassinat contre le président togolais, démocratiquement élu, est une commande française.
Monsieur Poullada appelle l’ambassadeur de France Henri Mazoyer et lui confirme qu’effectivement, le président togolais se cache dans la cour de l’ambassade des États-Unis à tel endroit. Il raconte innocemment à monsieur Mazoyer ce qu’il a entendu de la bouche de Sylvanus Olympio. Ensuite, il dit au français qu’il a l’intention de protéger Olympio en le gardant dans les locaux de l’ambassade des États-Unis. L’ambassadeur de France déconseille vivement à son homologue américain d’accorder l’asile au président Togolais.
Il est environ 7:00 du matin. Quelques minutes après la conversation entre l’ambassadeur américain au Togo et son homologue français, curieusement, les assassins localisent la cachette de Mr Olympio. Etienne Gnassingbe Eyadema, le chef de la bande, exécute froidement de trois balles au thorax le président Olympio. Il est environ 7:30 Immédiatement, Eyadema est récompensé d’une somme de 300.000 FCFA.
De meurtre en meurtre, le sergent de l’armée française, Eyadema finit par devenir lui aussi président. Eyadema Étienne Gnassingbé, élève cancre, exclu de l’école primaire pour « fainéantise et voyoucratie » après avoir repris 4 fois la classe CE1, est bien devenu président du Togo. Pris en amitié par l’ex-président français Jacques Chirac, Eyadema devient un des piliers et le symbole de la politique française d’aliénation des peuples du pré carré français en Afrique. La date d’anniversaire de l’assassinat du président Sylvanus Olympio, le 13 janvier, est fête nationale au pays des Gnassingbé. Et souvent, à cette fête, la France brille avec ses hauts dignitaires. Le président François Mitterrand en personne y était en 1983. Inutile de vous citer les ministres et autres dignitaires français qui viennet annuellement fêter la mort d’héros africain .
L’Afrique n’oublie pas ses héros. Elle salut la mémoire de ses dignes fils!
A lire: La Françafrique de François-Xavier Vershave

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