La Réunion : deux hommes fichés S refoulés d'un vol Corsair

corsairUne décision qui pourrait faire polémique dans un contexte tendu. Un commandant de bord a refusé d’embarquer deux passagers sur un vol au départ de La Réunion après avoir eu connaissance qu’ils étaient «fichés S». Leur niveau de signalement dans le fichier S (pour «sûreté de l’Etat») n’impliquant pas une interdiction de voyager ou de sortir du territoire, les deux hommes ont pu entrer en salle d’embarquement.

Les faits se sont produits début juin, mais n’ont été révélés que dimanche soir d’abord par la presse locale dont Antenne Réunion, et ensuite confirmés par des sources proches de l’enquête ainsi que par Corsair.

Deux profils différents

C’est une pure coïncidence si les deux passagers, deux hommes, ont décidé de prendre le même vol en direction de Paris. Les enquêteurs ont établi qu’ils ne se connaissent pas et qu’il n’existe aucun lien entre eux. L’un, ressortissant algérien habitant dans l’ouest de l’île, devait se rendre dans son pays pour raison familiale et le second, originaire du Moyen-Orient, voulait aller en Métropole.

Les deux hommes ont été identifiés comme étant «fichés S» lors des formalités de police aux frontières à l’aéroport Roland-Garros situé à Sainte-Marie (nord de l’île).

 Autorisé à prendre toutes les mesures qu’il juge utiles pour que son vol se déroule dans de bonnes conditions, le commandant a décidé de leur interdire l’accès à l’avion en appliquant un principe de précaution. Les bagages des deux hommes ont ensuite été débarqués, entraînant près de deux heures de retard au décollage.

L’un voudrait porter plainte

La décision du commandant de bord a provoqué la colère des deux passagers et en particulier de celui originaire du Moyen-Orient, qui a menacé de porter plainte en soulignant que rien ne l’empêche de voyager.

En juin 2015, une filière djihadiste présumée avait été démantelée à La Réunion, entraînant trois mises en examen pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes terroristes. Deux personnes ont été laissées libres sous contrôle judiciaire, et la troisième, un jeune homme alors âgé de 21 ans, a été écroué à La Réunion puis en Métropole.

  Leparisien.fr avec AFP

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