La Sde et la Sones se contredisent : L’eau dans un tuyau trouble

Keur Momar Sarr est si loin de Dakar mais si familier aux populations dakaroises, tellement cette localité de Louga nous a causés des ennuis l’année dernière avec la fameuse conduite d’eau, qui avait pété.

Cette année encore, Keur Momar Sarr se rappelle au bon souvenir des populations à la lecture des contradictions et autres non-dits qui entourent la pénurie d’eau en cours dans la capitale et environs.

Au fil des heures, on se rend compte que la Sones et la Sde nagent en eaux troubles au grand dam des ménages, qui souffrent de chaleur et de… sécheresse, sans explication rationnelle. 

Eau-Secours ! Eau-rage ! On vit l’eau-rreur ! Ces titres, qui ont barré la Une du journal Le Quotidien, il y a un peu moins d’un an maintenant, avec le fameux tuyau de Keur Momar Sarr, décrivaient le calvaire des populations sevrées d’eau pendant tout le mois de septembre 2013.

Mais ces qualificatifs sont plus que jamais d’actualité aujourd’hui, au regard de la souffrance des ménages, encore privés du liquide précieux et comme par hasard encore à quelques encablures du mois de septembre. 

Cette pénurie débute en juin dans beaucoup de zones et sa longue durée laisse penser le pire. Que cache-t-on encore aux populations ? C’est quoi exactement le problème ? Des questions d’autant plus fondées, que la Sde et la Sones sensées donner les réponses, semblent dépassées par la situation. 

D’abord, les deux sociétés s’accusent mutuellement d’incompétence par communiqués interposés et reviennent quelques heures plus tard, pour s’engager dans un communiqué cette fois-ci conjoint, à résoudre l’équation de l’eau de manière progressive…

L’intérêt des populations semble maintenant passer au dessus des crises d’égo entre les deux entreprises, qui disent ceci : «Ces derniers jours, des perturbations dans la distribution en eau potable ont été notées au niveau de plusieurs quartiers de Dakar qui connaît une urbanisation galopante. Cette situation est due à la forte demande en cette période de chaleur, confirmée par une production record de 335.000 m3 jour, jamais atteinte.» Maintenant, on ne s’accuse plus, mais on se contente de trouver des solutions.

Et dans ce sens, le communiqué indique que «la Sones a mis en œuvre un programme d’urgence de renforcement de la production qui a permis à ce jour, de mettre dans le réseau 15.620 m3 par jour. La Sde (elle) effectue des mesures d’atténuation en déployant 32 camions citernes par jour dans les quartiers les plus touchés. Ce chiffre sera revu à la hausse selon la situation pour soulager les populations.»

Aussi, les deux sociétés ont-elles promis de «surveiller au quotidien l’évolution de cette situation de pénurie qui sera nettement améliorée avec la mise en service progressive des forages en cours d’exécution et l’installation prochaine de la saison des pluies.» Avant de s’excuser auprès des populations pour les désagréments causés par cette pénurie d’eau, qui n’a que trop duré, avec des conséquences désastreuses, signalées déjà en banlieue (lire ci-dessous). 

La Sde n’accuse plus la Senelec d’instabilité dans la fourniture d’électricité et comme par hasard encore, elle annonce la reconduction du même dispositif pour l’approvisionnement en eau dans certains quartiers de Dakar. Pendant ce temps, des indiscrétions font état d’anomalies dans le tuyau de Keur Momar Sarr, ce que naturellement le service de communication de la Sde a formellement démenti. Cette étrange situation nous rappelle bien des cauchemars l’année dernière. Sauf que pour cette année, la cause profonde n’est pas encore connue des populations. 

Écrit par Aly FALL

alyfall@lequotidien.sn

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